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Un puion (Mi'kmaq) ou motewolon (Malécite) était
un homme ou une femme qui avait le pouvoir de communiquer avec le
monde occulte.
Les Mi'kmaqs et les Malécites n'ont probablement jamais déclaré de guerres contre d'autres peuples. Toutefois, ils se querellaient avec ceux qui avaient insulté ou blessé un membre de leur famille ou un ami. Plus tard, les kinaps/ginaps sont devenus des capitaines. Un saqamaw (ZAH-h'm-ow; Mi'kmaq) ou sakom (ZAH-g'm; Malécite) était un homme hautement respecté de la communauté à qui l'on demandait conseil. Aujourd'hui, ces mots signifient chefs, alors que les premiers visiteurs européens décrivaient souvent les saqamaws comme des rois, et les considéraient comme des commandants. Autrefois, les dirigeants Mi'kmaqs étaient plutôt des membres de la communauté qui inspiraient du respect à leurs pairs et qui avaient une influence sur eux, mais n'avaient aucun pouvoir. Ils ne pouvaient dicter aux autres quoi faire. Les Européens croyaient que le fils d'un saqamaw ou sakom deviendrait automatiquement chef lui-même s'il possédait les qualités requises. En fait, un jeune homme demeurant avec le chef possédait habituellement les qualités requises, mais n'était pas nécessairement le fils du chef. Le chef appelait plusieurs jeunes garçons ses fils, dont ses propres fils, ses neveux, les fils de ses cousins germains et ses fils adoptifs.
Pour le peuple Mi'kmaq, le gouvernement, la politique, l'économie et la spiritualité sont tous interreliés. Par conséquent, le Grand conseil se charge également du bien-être spirituel du peuple Mi'kmaq. Plusieurs de ses responsabilités spirituelles sont reliées à la pratique du catholicisme au sein de la Nation micmaque. Par exemple, les célébrations de la Fête de Sainte-Anne ont lieu chaque année en juillet sur l'île Chapel. En fait, depuis le baptême du grand chef Membertou par le père Jesse Fleche à Port-Royal en 1610, les Mi'kmaqs entretiennent une relation particulière avec l'Église. Cette relation a été définie dans un concordat, ou traité, conclu entre le Grand conseil et le pape. Les Mi'kmaqs ont alors accepté de protéger les prêtres et les colons catholiques français. En retour, l'Église catholique a accordé certains pouvoirs religieux à la Nation micmaque. Puisque l'Église concluait ce genre d'entente uniquement avec des gouvernements nationaux, le concordat confirmait la souveraineté des Mi'kmaqs. Le catholicisme est donc devenu la religion de la Nation micmaque. Le concordat a été immortalisé sur une immense
ceinture wampum. L'Église y est représentée
par des clés croisées, soit le symbole du Saint-Siège,
une église et un passage de l'Évangile transcrit en écriture
hiéroglyphique micmaque. Le Grand conseil est représenté par des lances croisées, un capitaine armé, un calumet, une flèche, ainsi que sept collines, représentant les sept districts du territoire Mi'kmaq. Au centre de la ceinture se trouve une image d'un chef et d'un prêtre tenant une croix ensemble, le chef ayant une bible dans les mains.
Le Grand conseil constitue la forme traditionnelle
de gouvernement autochtone au sein de la Nation micmaque. Il réunit
sept districts de Mi'gmagig (mig-MAH-gig; territoire Mi'kmaq),
comprenant la Péninsule gaspésienne (Québec), le nord et
l'est du Nouveau-Brunswick, toute la Nouvelle-Écosse et l'Île-du-Prince-Édouard,
ainsi que l'île de Terre-Neuve.
Il existe trois postes de direction au sein du Grand conseil, soit le grand chef, ou chef d'État, le grand capitaine, ou directeur du conseil, et le Putu's (boo-DOOZ), ou lecteur du wampum, qui est le gardien des lois de la Nation et des traités conclus avec les autres Nations. De plus, un smagn'ss (z'-MAH-g'-n'ss, qui signifie " soldat " ou " porteur de bouclier ") protégeait le peuple. Les titres de chef local et de grand chef étaient légués aux membres de la génération suivante d'une même famille ou d'un même clan Mi'kmaq. Parfois, une autre personne était élue si aucun membre de la famille ne se croyait capable d'occuper le poste. Le gouvernement traditionnel et ces postes de direction existent toujours. Le Grand conseil remplit un rôle gouvernemental et spirituel. De nos jours, le Grand conseil compte un représentant pour chaque communauté micmaque, au lieu de chaque district. Quelques communautés n'ont pas de capitaine actif, mais le taux de participation augmente depuis quelques années. |
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