Gouvernement du Nouveau-Brunswick
Santé

Les soins de santé primaires

Exemples de réussites

La participation de la collectivité aide le centre à répondre aux besoins

Le nouveau centre de santé communautaire de Doaktown, au Nouveau-Brunswick, est de toute évidence une affaire de collectivité. Un don initial considérable de l'un des plus importants employeurs de la région a été le point de départ de la campagne de financement pour la construction du centre; le petit village de 1 000 habitants (5 000 à 6 000 dans la région périphérique desservie) a recueilli près de 100 000 $. Le gouvernement provincial a quant à lui versé 900 000 $, ce qui a permis d'ouvrir officiellement le centre le 1er février 2005.
La participation de la collectivité ne s'est toutefois pas arrêtée là.

Un comité consultatif communautaire permet d'offrir des conseils sur les besoins et les priorités à l'échelle locale, et le personnel du centre travaille en étroite collaboration avec des organismes comme la GRC et les écoles afin de faire face aux enjeux qui peuvent survenir.

L'équipe de fournisseurs de soins de santé du centre comprend des infirmières praticiennes, une infirmière immatriculée, une infirmière auxiliaire immatriculée, un travailleur social et un inhalothérapeute à temps partiel. L'évaluation des besoins communautaires a mis en évidence une incidence élevée de maladies respiratoires dans la région. En conséquence, un inhalothérapeute a été engagé afin d'aider à répondre aux besoins de la collectivité en matière de santé et afin d'organiser des programmes de prévention des maladies, d'éducation et de promotion de la santé qui permettraient d'améliorer le bien-être global de la collectivité. Le nouveau travailleur social à temps plein participe au soutien de l'axe communautaire du centre tout en se chargeant du volume important d'enjeux sociaux établis dans l'évaluation des besoins.

Les suggestions émanant des patients et des membres de la collectivité en général sont à la base de nombreux programmes de mieux-être du centre. Un des programmes les plus populaires est ainsi né d'une demande exprimée lors d'une séance d'information sur l'activité physique pour les femmes. Les participantes y ont indiqué qu'elles seraient intéressées par une séance sur la ménopause.

L'infirmière immatriculée, le travailleur social et une infirmière praticienne ont alors élaboré et proposé une séance d'information en soirée, conduisant ainsi à la mise sur pied d'un programme. Il y a eu plusieurs séances, toutes très fréquentées, si l'on considère le faible nombre d'habitants dans la région. Parmi les sujets traités, on peut noter la forte pression artérielle et le cholestérol élevé, le décryptage des étiquettes alimentaires et l'examen des médicaments en vente libre par un pharmacien lors d'une soirée consacrée à ce sujet.

Comme prévu, les séances mettent en évidence un engagement communautaire important. Non seulement font-elles intervenir des conférenciers invités comme le pharmacien évoqué précédemment, mais des représentants de la bibliothèque locale recherchent également des ouvrages sur les domaines traités afin de les apporter lors des séances pour que les participants aient davantage de renseignements. En outre, la bibliothèque contribue à la promotion des réunions.

Les résultats sont encourageants. D'après les constatations du personnel du centre, davantage de femmes prennent des rendez-vous de façon proactive pour des frottis Papanicolaou et des examens mammaires. De plus, on a remarqué qu'il fallait étonnamment peu de temps pour que les femmes participant aux séances baissent leur garde et s'ouvrent au personnel du centre.

« Beaucoup d'entre elles ont dit se sentir soulagées de voir qu'elles n'étaient pas folles », a expliqué le travailleur social. « Elles ont apprécié que quelqu'un les écoute enfin et reconnaisse ce qu'elles vivent à la ménopause. »

Prendre le temps de calmer les angoisses

Lorsque Yolande, 58 ans, a été diagnostiquée comme souffrant d'un diabète de type II, elle a été traumatisée. Elle ne connaissait de la maladie que les problèmes dont souffrait son beau‑frère, diabétique de type 1, comme les troubles de la vue, l'insuffisance rénale et le besoin de piqûre d'insuline quotidienne.

Elle s'est présentée à la clinique du diabète au centre de santé communautaire dans sa ville natale, une communauté francophone du nord-est du Nouveau-Brunswick. Lorsque les analyses sanguines annuelles de Yolande ont indiqué qu'elle était diabétique, le cabinet médical a pris un rendez-vous pour elle avec la clinique dans la même semaine.

« J'ai été orientée vers une infirmière qui travaillait à la clinique et qui m'a véritablement sauvé la vie », se souvient Yolande. « Elle m'a tout expliqué - ce qu'était le diabète, ce qui se passait dans mon organisme, à quel point il était important de surveiller certaines choses et ce qu'il fallait faire. Sans son aide, je n'aurais pas appris toutes ces choses et je n'aurais pas pu le faire moi-même. »

Yolande a rencontré l'infirmière deux fois et a ensuite parlé à un diététiste qui lui a appris comment lire les étiquettes pour évaluer la teneur en sodium, en graisses et en sucres. Cela a changé la façon dont elle fait ses courses et dont elle mange - pour le meilleur. « Avant d'acheter un produit, je prends deux à trois minutes pour lire l'étiquette et je le compare même à d'autres produits. Je sais maintenant ce qui est bon pour moi. »
Outre l'infirmière et le diététiste, la clinique travaille avec un vaste réseau de professionnels de la santé, y compris des pharmaciens, des physiothérapeutes, des ergothérapeutes (qui se chargent d'effectuer des examens des pieds et aident dans le cadre d'autres problèmes de mobilité) et des travailleurs sociaux. La clinique recommande aussi à ses patients de consulter des optométristes et des dentistes sur une base régulière. La clinique donne également régulièrement des séances d'information sur les différents aspects de la gestion de la maladie, au cours desquelles divers professionnels de la santé interviennent pour effectuer des présentations.

Les patients sont souvent orientés vers la clinique par leur médecin, notamment en raison de sa bonne réputation en ce qui concerne le travail effectué et son engagement à tenir les médecins informés. Toutefois, il n'est pas nécessaire d'être orienté par son médecin et de plus en plus de personnes découvrent la clinique par des amis ou par des membres de leur famille qui ont eu une expérience positive, comme ce fut le cas de Yolande.

« Au départ, j'ai cru que cela signifiait la fin, que la maladie allait désormais contrôler toute ma vie », se rappelle Yolande. « Dès que j'ai su que je pouvais contrôler la maladie, à partir de là, les choses ont changé. »