Tourbe - Introduction
Historique
Au début des années 1890, le gouverneur W. F. Todd a été le premier à
tenter d’exploiter commercialement une tourbière lorsqu’il a implanté
une usine de traitement près du lac Spruce, dans le comté de Saint John
(bog de Musquash – tourbière 615). Il s’agit là de la plus ancienne
exploitation commerciale d’extraction de tourbe documentée au
Nouveau-Brunswick. L’usine du lac Spruce a brûlé en 1895 et M. Todd a
déménagé dans un endroit au nord de St. Stephen (bog de Todd – tourbière
645), où il a construit une petite usine expérimentale pour y
déshydrater pendant quelques années de la tourbe brute au moyen d’une
presse mécanique.
Avant la Seconde Guerre mondiale, on achetait la majeure partie de la
tourbe de sphaigne utilisée en Amérique du Nord à l’Europe, plus
précisément aux pays scandinaves, aux Pays-Bas et à l’Allemagne. La
guerre a coupé les sources traditionnelles de tourbe et les efforts
déployés pour découvrir des sources locales de tourbe ont enclenché
l’époque moderne de production de la tourbe au Nouveau-Brunswick. En
1942, la société Fafard Peat Moss a été la première à produire de la
tourbe. Elle a expédié cette année-là 8 000 ballots de tourbe par train
aux États-Unis de la tourbière 530, près de Shippagan. Aujourd’hui,
l’industrie de la tourbe extrait plus de 13 millions de ballots par
année, ce qui classe le Nouveau-Brunswick au premier rang au Canada en
ce qui concerne la production de la tourbe.
 |
Photo d’archive d’une exploitation de tourbe, tourbière 530, au
sud de Shippagan. |
|
|
|
 |
La technique utilisée pour extraire la tourbe dans les années 40
consistait à découper des blocs de tourbe manuellement et à les
empiler, mais cette méthode a graduellement été remplacée par le
découpage mécanique des blocs. Dans les années 60, le coût
croissant de la main-d’oeuvre a entraîné l’adoption
d’aspirateurs géants pour l’extraction de la tourbe. |
Aujourd’hui, toutes les sociétés d’exploitation de la tourbe du
Nouveau-Brunswick ont recours à la méthode de l’aspiration pour
extraire la tourbe.
Description
La tourbe est formée de vestiges partiellement décomposés de végétaux
qui se sont accumulés dans des milieux pauvres en oxygène et saturés en
eau. La tourbe constitue au Nouveau-Brunswick une ressource naturelle
abondante dans laquelle les sphaignes représentent le principal élément
végétal.

Peatland |

Sphagnum Moss |
La carte ci-dessous illustre la répartition des tourbières au
Nouveau-Brunswick. La superficie couverte par les tourbières représente
140 000 ha, soit 2 % de la masse terrestre de la province.
Législation
La tourbe est une substance qui appartient aux propriétaires fonciers;
environ 70 % des tourbières ayant un potentiel commercial sont situées sur
des terres de la Couronne.
L’extraction de la tourbe sur les terres de la Couronne est régie en vertu
de la Loi sur
l’exploitation des carrières. La Loi confère au ministre des Ressources
naturelles le pouvoir de gérer la tenure, l’exploration et l’extraction de
la tourbe et des autres substances de carrières sur les terres de la
Couronne.
Le Règlement général 93-92
détaille les exigences à satisfaire pour obtenir l’autorisation d’extraire
de la tourbe et d’autres substances de carrières des terres de la Couronne.
La
Directive sur l’extraction de la tourbe crée un cadre encourageant et
stimulant le développement d’une transformation plus poussée des ressources
de tourbe au Nouveau-Brunswick. Elle instaure en outre l’exigence de la
restauration des sites d’extraction de tourbe abandonnés ou de leur remise
en état comme tourbières naturelles. Pour plus de renseignements sur la
restauration des tourbières, veuillez consulter ce
guide .
Utilisation
La majeure partie de la tourbe produite dans la province est utilisée en
horticulture, comme amendement ou comme élément des mélanges de culture. La
tourbe constitue un excellent conditionneur de sol organique, qui aide à
ameublir les sols argileux et qui accroît la rétention d’humidité dans les
sols sableux. On utilise aussi la tourbe pour fabriquer des récipients de
culture pour plantes et semis forestiers.
Inventaire des
tourbières
Le ministère des Ressources naturelles a réalisé, entre 1975 et 1983, un
programme d’envergure sur le terrain. Ce programme a permis la cartographie
et l’échantillonnage de plus
800
tourbières. La qualité de cette base de données géoscientifiques
détaillées sur les tourbières a énormément contribué à l’essor de
l’industrie de la tourbe au Nouveau-Brunswick.
On a produit à partir des données de terrain 289 cartes (isopaques) de
l’épaisseur de la tourbe à une échelle initiale de 1/10 000. On dispose
également de cartes en courbes de niveau complémentaires dans le cas de 160
de ces cartes. Les cartes altimétriques et les cartes d’épaisseur de la
tourbe sont accessibles en format numérique non géoréférencé. Des profils
stratigraphiques préparés à partir de plus de 20 000 sondages illustrent la
répartition des types de tourbe et les variations du degré d’humification.
Les renseignements des bases de données sur chacune des 817 tourbières
étudiées sont accessibles dans un format numérique permettant l’utilisation
de plus de 600 variables. Il est aussi possible d’obtenir des descriptions
sommaires de toutes les tourbières de même que des fichiers de données
géochimiques par rapport à de nombreuses tourbières. Appuyez
ici pour obtenir plus de renseignements au sujet des données sur la
tourbe et de la façon de les obtenir.
|