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Les Acadiens en temps de guerre et de paix


Journal de Mgr Joseph-Octave Plessis En 1812, tandis que les autres résidents de l’Amérique du Nord se préparaient pour la guerre, les Acadiens s’adonnaient à des activités plus pacifiques, comme l’établissement de nouvelles colonies axées sur la famille, le travail, l’éducation et l’Église. L’un des principaux personnages de l’époque pour les Acadiens était Mgr Joseph-Octave Plessis, un prêtre influent de Québec qui encourageait ardemment ses compatriotes canadiens-français à appuyer la cause britannique dans la guerre contre les États-Unis. Tout au long de son voyage en Acadie en 1812, il nota soigneusement ses observations et encouragea l’établissement d’écoles primaires catholiques. Le journal qu’il a tenu met la lumière sur les conditions dans lesquelles vivaient les Acadiens et d’autres au Nouveau-Brunswick à l’époque. Son rôle d’évêque, et plus tard d’archevêque, de Québec, et sa présence sur la scène politique de l’époque, donnaient crédibilité à ses opinions.

Les Acadiens et le service militaire

brigadier général Alfred MoutonPendant le reste du XIXe siècle, ce ne sont pas les Acadiens vivant en Amérique du Nord et au Canada britanniques, mais plutôt leurs proches parents qui s’étaient établis aux États-Unis, qui prirent part aux opérations militaires. Durant la guerre de Sécession (1861-1865), un des héros les mieux connus était le brigadier général Alfred Mouton, qui a défendu la Confédération (le Sud) dans des actions militaires comme la Bataille de Shiloh et a été abattu lors de la Bataille de Mansfield, en Louisiane. Un monument en l’honneur du « Cajun Mouton » a été érigé au Mansfield State Historic Site, tandis que son corps a été inhumé à Lafayette, en Louisiane.
         
Un autre Acadien, Dosithé Porelle, originaire Saint-André, s’est enrôlé avec les officiers volontaires de New Hampshire et a défendu l’armée de l’Union (le Nord) lors de plusieurs affrontements, dont la Bataille de Shenandoah. Malgré de nombreuses blessures, il a survécu à la guerre.

Guerres mondiales

Le bataillon acadien de la Première guerre mondiale Lorsque la nation canadienne a joint les rangs de la Première Guerre mondiale, les Acadiens ont appuyé les efforts de guerre en s’enrôlant dans leur propre bataillon, le 165 e Bataillon des Acadiens commandé par le lieutenant-colonel L. C. D’Aigle, ainsi que dans le 132e Bataillon des Maritimes mobilisé à Chatham sous le lieutenant-colonel G. W. Mersereau et le 105 e Bataillon (« Prince Edward Island Highlanders ») formé à Charlottetown.

Durant la Grande Guerre, l’enrôlement des soldats acadiens du Nouveau-Brunswick ressemblait à celui de leurs homologues anglophones. Cette tendance s’est maintenue pour la Deuxième Guerre mondiale, bien qu’il n’y ait aucun bataillon acadien distinct et que les Acadiens soient répartis dans plusieurs régiments différents. Pour les Acadiens, le service militaire représentait, à bien des égards, sensiblement la même chose que pour leurs voisins : de la nourriture, des vêtements, un logement et un salaire de base après de nombreuses années où les emplois offerts aux jeunes hommes avaient été rares et mal rémunérés.

Le North Shore (New Brunswick) Regiment comprenait beaucoup de recrues acadiennes, dont bon nombre figure parmi les 125 victimes déplorées par ce régiment lors des débarquements du jour J en Normandie en juin 1944. Des officiers portant des noms acadiens comme LeBlanc, Robichaud, Roy et Mersereau commandaient des Arseanault, des Caissie, des Gallant et des Poirier. Les récits des expériences des soldats racontés par des soldats eux-mêmes, comme Étienne Paulin, de Bertrand, et Laurie Cormier et Henri LeBlanc, de Moncton, permettent de mieux comprendre les rouages de la guerre.

Le sergent Léo Hébert, de Shediac, Lucide (Léo) Rioux, de Grand-Sault, et le mitrailleur de bord Darrell Larlee, du nord-ouest du Nouveau-Brunswick, sont trois Acadiens qui ont contribué de façon marquée à la guerre aérienne. Membre de l’ARC, Léo Hébert a conduit des ambulances, des camions à incendie et des camions de secours à titre de spécialiste de la machinerie lourde durant la Deuxième Guerre mondiale, après quoi il s’est enrôlé de nouveau et a servi pendant vingt autres années dans différentes affectations de l’OTAN. Mécanicien de moteurs d’avion, Lucide Rioux a passé la plus grande partie de la guerre en Angleterre. Le récit détaillé de ses expériences dans l’ARC (avec trois frères et son père qui s’étaient enrôlés dans d’autres sections) contient de l’information fascinante sur l’ère de la guerre. Le bombardier d’Halifax au bord duquel se trouvait Darrell Larlee a été abattu en Allemagne. Bien qu’il ait atterri sain et sauf grâce à son parachute, Darrell Larlee a été capturé et fait prisonnier de guerre au Stalag Luft III. Pendant son incarcération, il a participé à la planification de ce qu’on appelle « La Grande Évasion », un exploit commémoré dans un long métrage du même nom.

Cimetière militaire canadien à Beny-Sur-Mer Les soldats acadiens qui n’ont pas survécu à la guerre sont inhumés dans l’un des nombreux cimetières militaires du Commonwealth situés en Europe de l’Ouest, comme Beny-Sur-Mer, à Calvados, en France. Un drapeau acadien orne la tombe de victimes comme le caporal suppléant Jean Noël, membre du North Shore Regiment. Fils de Dazie et d’Alma Noël, du comté de Gloucester, dans le nord du Nouveau-Brunswick, il a été abattu le 4 juillet 1944, à l’âge de 21 ans, durant la bataille de Carpiquet. On peut trouver des renseignements sur l’emplacement des tombes et la carrière des soldats canadiens morts au service sur le site Web du Mémorial virtuel de guerre du Canada, tandis que les exploits des soldats francophones, y compris les Acadiens, se trouvent sur le site La force francophone, une autre ressource d’Anciens Combattants Canada.

Caporal suppléant Jean Noël
Caporal suppléant Jean Noël
décédé le 4 juillet 1944

IDÉES DE PROJETS POUR LES FÊTES DU PATRIMOINE:

  • Biographie de Joseph-Octave Plessis
  • Biographies de soldats acadiens locaux
  • Biographie du brigadier-général Alfred Mouton et de son père, Alexandre Mouton, gouverneur de la Louisiane
  • Le 165e Bataillon d’Acadie dans la Première Guerre mondiale
  • Acadiens ayant servi dans le North Shore Regiment
  • L’histoire du mitrailleur de bord Darrell Larlee et de « La Grande Évasion »
  • Cimetières militaires du Commonwealth

Documents :

le 13 février 2012