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Dès leurs premiers contacts, les Européens et les Premières Nations de la région que l’on appelle maintenant le Nouveau‑Brunswick ont connu des périodes de coexistence paisible interrompues par des périodes de conflit. La façon traditionnelle de régler des conflits consistait à négocier un traité. Des traités ont été conclus entre des représentants de la Couronne britannique et chacune des Premières Nations. Cette série de traités est connue sous le nom de Chaîne d’alliance des traités.
Il a été avancé que l’aide fournie aux Britanniques par les diverses Premières Nations lors de la guerre de 1812 a joué un rôle important, voir essentiel, à l’issue de celle‑ci. Notons toutefois que l'essentiel des combats a eu lieu dans les régions du Haut‑Canada et du Bas‑Canada (maintenant l’Ontario et le Québec). En effet, durant cette guerre, les Mi’kmaq, les Malécite (Wolastoqiyik) et les Peskotomuhkati (Passamaquoddy) sont demeurés neutres. Or, en raison du Traité de Gand, qui a été signé par les Britanniques et les Américains en 1815, de la terre de la confédération des Wabanaki est passée du Nouveau‑Brunswick au Maine.
Dès 1827, en signe d’amitié, le lieutenant‑gouverneur, qui représentait la Couronne britannique au Nouveau‑Brunswick, invitait la Première Nation des Malécites à une fête à la résidence du gouverneur le 1er janvier de chaque année.

Avec la formation de la confédération, en 1867, le gouvernement du Canada a hérité des responsabilités des Britanniques par l’intermédiaire de l’Acte de l’Amérique du Nord britannique, 1867. Cependant, il n’était pas tout à fait clair en quoi consistaient les responsabilités relatives aux Premières Nations. L’Acte des Sauvages (1876), et les diverses modifications qui lui ont été apportées au fil des ans, a, bien souvent, compliqué les relations au lieu de les simplifier. La Loi constitutionnelle de 1982, qui comprend la Charte canadienne des droits et libertés, visait à améliorer la compréhension de ces responsabilités, mais il continue d'exister des désaccords sur ce point. Le lieutenant‑gouverneur actuel, l'honorable Graydon Nicholas, un Malécite de la Première Nation de Tobique, n’était pas convaincu que la Charte allait mettre un terme aux différends entre le gouvernement et les Premières Nations.
Malgré les désaccords concernant le sens des traités et des constitutions, les membres des Premières Nations ont continué à se joindre aux Forces canadiennes afin de servir le pays. Pour commémorer leur participation, un monument spécial, le Monument aux anciens combattants autochtones, a été érigé dans le parc de la Confédération à Ottawa en 2001. Ce monument hautement symbolique rend hommage aux importantes contributions volontaires des Autochtones, hommes et femmes, qui se sont engagés dans les forces armées canadiennes au fil des ans. Il témoigne des croyances traditionnelles de ce peuple : l’honneur, le sens du devoir et l’harmonie avec l’environnement. Deux personnages sont armés et deux autres tiennent des objets à caractère spirituel. Ils représentent les différents groupes autochtones du Canada, et donnent une impression d’équilibre qui suggère que, souvent, la guerre est le résultat du désir de vivre en paix. L’aigle qui surmonte la sculpture symbolise le Créateur (connu comme étant l’Oiseau‑Tonnerre). Il incarne les peuples autochtones du Canada. Les quatre animaux — le loup, le grizzli, le bison et le caribou — représentent des guides spirituels.
Soldats des Premières Nations du Nouveau-Brunswick
Des membres des Premières Nations du Nouveau‑Brunswick servi dans les Forces canadiennes lors de la Première et de la Seconde Guerres mondiales ainsi que pendant la guerre de Corée. Ils ont également participé aux diverses missions canadiennes de maintien de la paix et ont récemment livré bataille en Afghanistan. Au cours des cérémonies du jour du Souvenir qui ont lieu dans l’ensemble de la province, comme à Oromocto, où se trouve la BFC Gagetown, les noms des Autochtones qui ont servi le Canada et qui sont morts au combat sont prononcés avec ceux de leurs collègues militaires non-autochtones. La transition vers la vie militaire n’a toutefois pas été facile.
Ci-dessous se trouve le récit de deux soldats, soit Joe John Sanipas et Stephen Simon de la Première Nation d’Elsipogtog (anciennement connue sous le nom de Big Cove) :
L’adaptation à la vie militaire peut être difficile, mais celle-ci est source d’aventures et d’épanouissement personnel. Joe John Sanipass, de Big Cove, au Nouveau- Brunswick, est dérouté par la discipline sévère, les inspections matinales et le cirage des chaussures, mais au bout d’un certain temps, il rencontre un groupe d’« Autochtones de Saskatchewan […] avec lesquels il s’entend très bien ». D’autres sont bien servis en campagne par leurs antécédents. Bill Lafferty, des Territoires du Nord-Ouest, trouve que les « longues, longues heures de clarté en été » et les longues heures d’obscurité en hiver auxquelles il est habitué lui permettent de fonctionner presque n’importe où. Il n’a aucun mal à s’adapter au service dans le désert du Sinaï. Stephen Simon, un Mi’kmaq de Big Cove, au Nouveau‑Brunswick, se rappelle un exercice d’entraînement en campagne en 1955; il parlait de sa culture avec un ami curieux et un jour « ils ont pris toutes nos toiles et tout […] J’ai dit : Restez avec moi, si vous êtes prêt à travailler dur, nous allons nous amuser et être confortables. » Ensemble, ils ont construit un tipi et confectionné une marmite en écorce de bouleau pour faire bouillir de l’eau et cuire un lapin. Wes Whitford, d’Ashmount, en Alberta, estime que ses années dans l’armée lui ont appris à se respecter davantage et lui ont ensuite permis de décrocher de meilleurs emplois. « J’étais capable de composer très bien avec la discipline, explique M. Whitford, et cela a amélioré ma confiance en moi, je pense. J’ai aimé ça. »
Stephen Simon arrive au front en Corée avec le 2e Bataillon The Royal Canadian Regiment, à l’automne 1951. Opérateur radio dans l’infanterie, il est plongé dans plusieurs situations dangereuses. En juin 1952, il se trouve dans un bunker en face de la Colline 133, où des officiers viennent observer les positions ennemies. L’un des médecins de campagne fait la sourde oreille aux avertissements de ceux qui lui disent de garder la tête basse. « Je pense que c’était la troisième fois qu’il levait la tête, se rappelle M. Simon, l’obus […] lui a arraché la tête. Des choses du genre se produisaient et […] les survivants continuaient de combattre jusqu’à ce qu’ils soient tués à leur tour. » M. Simon ne fut heureusement pas une victime de la guerre. Il s’en faut cependant de peu qu’il y laisse son statut d’Indien inscrit. Alors qu’il se trouve outre‑mer, il reçoit une lettre de son agent des Indiens, qui lui conseille d’abandonner son statut d’Indien et de demander son émancipation pour devenir citoyen canadien :
« Je ne savais pas quoi faire; il n’y avait pas d’autre Indien dans le voisinage à qui j’aurais pu demander conseil. J’ai pensé à mon commandant. Je me suis dit qu’en tant que militaire, il ne devait rien savoir des Indiens, mais comme de toute façon j’avais besoin de conseils, j’ai sollicité un entretien. Je lui ai demandé ce qu’il ferait. Il a jeté les yeux sur mon formulaire et il m’a regardé pendant un moment. "Tu me demandes conseil, voici ce que je veux faire." Il a pris le formulaire et il l’a déchiré en morceaux et l’a jeté dans sa corbeille à papier en disant : "Je te conseille de ne pas vendre ton statut. Ne laisse personne voler ou prendre ton statut – conserve ton statut, c’est ce que je te conseille. Tu pourras toujours aller chercher un autre formulaire si jamais tu changes d’idée." Je n’ai jamais oublié ce conseil. Je ne suis jamais allé chercher un autre formulaire et je n’ai jamais vendu mon statut. »
« Ce n’est pas facile quand un soldat va à la guerre et revient, la guerre ne finit pas là, explique Stephen Simon. C’est comme la guerre de Corée, ils ont dit qu’elle s’était terminée en 1953, mais [pour] la majorité d’entre nous, elle ne s’est pas terminée là, elle […] nous a accompagnés […] pendant le reste de notre vie. » C’est pour cette raison que M. Simon participe toujours au jour du Souvenir : « Nous montrons notre gratitude envers tous les anciens combattants, sans exception, qui ont combattu et ont fait le sacrifice de leur vie aux jours sombres de la guerre. »
Voici une vidéo tournée dans le cadre du projet Des héros se racontent, d’Anciens Combattants Canada, dans laquelle Donald Moulton, de la Première Nation de Tobique, décrit les expériences qu’il a vécues lors de la Seconde Guerre mondiale (en anglais seulement)
IDÉES DE PROJETS POUR LES FÊTES DU PATRIMOINE :
- La biographie de soldats des Premières Nations comme Joe John Sanipass, Stephen Simon et Donald Moulton
- Le Monument aux anciens combattants autochtones
- Les célébrations autochtones à la résidence du gouverneur
- La Chaîne d’alliance des traités
Documentation :
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