Selon l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la croissance économique des États-Unis, du Canada et du Royaume-Uni s'est poursuivie à un rythme soutenu. L'activité sur le continent européen s'est accélérée dans l'expectative de l'union monétaire et de la devise commune prévues pour 1999; l'Allemagne, la France et l'Italie ont enregistré de modestes baisses de leurs taux de chômage par rapport aux sommets atteints en 1997. Au Japon, l'économie a poursuivi son déclin, malgré des programmes de stimulation dans le secteur public et le début d'une réforme structurelle du secteur bancaire en difficulté.
L'inflation dans les pays industrialisés a poursuivi la tendance au ralenti observée tout au long des années 90 et s'est maintenue en moyenne à un peu plus de 1 %. La croissance de l'emploi a enregistré des résultats inégaux : elle a fortement augmenté au Canada, aux États-Unis et en France, elle est demeurée plus modeste au Royaume-Uni et sur le continent européen, tandis qu'elle a chuté de façon marquée au Japon. En conséquence, seul le Japon parmi les sept principaux pays industrialisés a signalé une montée de son taux de chômage annuel.
Alimentée par les dépenses de consommation personnelles, l'économie américaine a maintenu sa forte croissance des dernières années, augmentant d'environ 3,5 % pour la quatrième fois en cinq ans. Un marché du travail se rapprochant du plein emploi (le taux de chômage a baissé à 4,3 % en décembre) ne semble pas avoir eu de répercussions sur l'inflation intérieure, l'indice des prix à la consommation se situant sous les 2 %. Par ailleurs, des prix moins élevés pour le pétrole et les biens industriels et une devise américaine plus forte sur les marchés internationaux ont contribué à affaiblir l'inflation. Le déflateur du PIB, une mesure plus large de l'inflation dans l'économie, a progressé d'environ 1 %, l'augmentation la plus faible depuis plus de 30 ans. La crise asiatique a, certes, eu des effets néfastes sur les exportations, et avec la montée en flèche des importations par suite d'une augmentation de la demande intérieure, a entraîné une détérioration marquée du déficit commercial. La Réserve fédérale américaine a pris des mesures pour assouplir la politique monétaire afin d'accroître l'expansion en favorisant l'accès des consommateurs et des entreprises à des capitaux permanents.
Selon l'édition de décembre des Perspectives économiques de l'OCDE pour 1999, seuls l'Italie et le Japon parmi les sept principaux pays industrialisés devraient connaître une croissance économique plus forte; tous les pays verront une reprise en 2000. L'inflation devrait être sensiblement du même ordre que l'année précédente, tandis que la plupart des pays signaleront une stabilité, sinon des réductions modestes, de leurs taux de chômage.
On s'entend pour dire que la croissance de l'économie américaine est de l'ordre de 2,0 % à 2,5 %, si la force du secteur de la consommation se maintient. Comme la confiance des consommateurs a atteint des sommets au milieu de 1998 et que les taux d'épargne des particuliers ont chuté, le niveau actuel de consommation pourrait ne pas durer à moyen terme. On peut s'attendre que la Réserve fédérale américaine prenne rapidement des mesures pour parer à tout problème perçu quant à la disponibilité du crédit pour les consommateurs et les entreprises. Une intensification des problèmes que connaissent les pays de l'Asie orientale pourrait avoir un effet de ralentissement encore plus prononcé aux États-Unis, les exportations vers la région continuant leur déclin. Le taux de chômage devrait légèrement remonter pour s'approcher de 5,0 %, tandis que l'inflation intérieure se stabilisera à un niveau à peine supérieur à celui de 1998.