L’économie du Nouveau-Brunswick

Revue de 1998

Introduction

En 1998, l'économie du Nouveau-Brunswick s'est raffermie par suite de grands projets de construction dans les secteurs des transports et de l'énergie qui ont alimenté la croissance dans la province, pour une hausse du PIB réel de 2,1 %, selon les estimations, comparativement à une hausse de 1,1 % en 1997. Outre le secteur de la construction, les secteurs du commerce, des communications, du tourisme, des services aux entreprises et de la technologie de l'information ont aussi enregistré une forte croissance. Selon les estimations, les industries productrices de services du Nouveau-Brunswick ont connu en 1998 une croissance plus forte que les industries productrices de biens, tandis que le secteur public devrait enregistrer une croissance positive.

Produit intérieur brut

On estime que le produit intérieur brut aux prix du marché a augmenté de 2,3 %, suivant une croissance de 2,1 % en 1997. Le revenu du travail est venu en tête l'an passé, tandis que les bénéfices des sociétés et les intérêts créditeurs et les revenus de placements divers ont baissé en raison de la faiblesse des prix des marchandises sur les marchés mondiaux, des taux d'intérêt à la baisse et de la volatilité des marchés financiers. L'accroissement du revenu du travail a aussi eu des effets positifs sur le revenu personnel total, tout comme une hausse des paiements de transfert du gouvernement aux particuliers après plusieurs années de faiblesse. On estime que le revenu personnel total a augmenté de 2,6 % en 1998, une hausse considérable par rapport au taux de 1,8 % enregistré en 1997.

Au chapitre des dépenses, les achats de biens et services par les consommateurs ont progressé, selon les estimations, de 4,7 % en dollars courants, ou d'un remarquable 3,6 % en dollars constants. Conséquence des restrictions budgétaires gouvernementales, les dépenses courantes en biens et services (voir note 1 qui suit) n'ont que très légèrement augmenté. Après une baisse en 1997 par suite de l'achèvement de projets majeurs dans le secteur de la construction, les investissements des entreprises et du gouvernement ont affiché un redressement important, augmentant de 7,0 % en 1998.

note 1: Ces dépenses representent environ 45% des dépenses courantes du gouvernement et excluent les subventions, les paiements de transfert aux particuliers et aux autres paliers d'administration, les intérêts sur la dette publique et les dépenses en immobilisations.

Exportations

Selon les estimations des 11 premiers mois de l'année, la valeur des exportations à l'étranger en provenance du Nouveau-Brunswick a perdu 2,4 % en 1998, ce déclin étant en majeure partie attribuable à des baisses importantes dans les exportations de produits énergétiques et de biens industriels. La faiblesse de ces secteurs s'explique surtout par les bas prix des marchandises sur les marchés mondiaux, qui abaissent la valeur monétaire de ces produits d'exportation. Parmi nos autres principales exportations, notons que les produits forestiers ont grimpé de 16,6 % durant l'année, tandis que les exportations de machines et d'équipement ont progressé de 21,2 %. Les exportations de produits agricoles et de produits de la pêche ont légèrement diminué.

Tandis que le dollar canadien se négocie à la baisse à des taux jamais vus, les États-Unis demeurent le principal partenaire commercial extérieur du Nouveau-Brunswick, comptant pour plus de 80 % de nos exportations à l'étranger. Viennent ensuite le Japon et le Brésil, qui représentent chacun environ 4 % du total. Les bas prix des marchandises et la faible valeur du dollar canadien ont montré au cours des dernières années l'importance de l'économie américaine pour les exportations du Nouveau-Brunswick.

Prix

En 1998, l'indice des prix à la consommation (IPC) a augmenté de 0,6 % au Nouveau-Brunswick, ce qui représente une baisse marquée par rapport au taux de 1,9 % enregistré l'année précédente et place la province sous la moyenne nationale de 0,9 %. C'est la troisième fois en quatre ans que le taux d'inflation des prix à la consommation se situe sous la moyenne nationale. Les prix à la consommation dans la province ont augmenté dans sept des huit composantes principales de l'IPC, les boissons alcoolisées et les produits du tabac enregistrant la hausse la plus forte (3,5 %). Les prix ont baissé pour la première fois depuis 1987 dans le domaine des transports.

Population active

La population active du Nouveau-Brunswick s'est accrue de 6 500 (1,8 %) pour atteindre 368 900 en 1998. Le taux d'activité provincial a progressé pour la deuxième année de suite, atteignant un niveau record de 60,9 %. Le taux national s'est maintenu à 65,1 %, une hausse de 0,3 point de pourcentage par rapport à l'année précédente. Au Nouveau-Brunswick, le taux d'activité chez les hommes est demeuré à 67,4 %, tandis que, à 54,7 %, le taux d'activité enregistré pour les femmes a atteint un sommet.

Pour la deuxième année de suite, la situation de l'emploi s'est améliorée dans toutes les provinces. Le Nouveau-Brunswick a connu le taux de croissance le plus élevé parmi les provinces (4,0 %) durant le dernier trimestre de 1998. Pour l'année, l'emploi a augmenté de 8 100 (ou 2,6 %) pour atteindre 324 200, dépassant le niveau record de 316 100 de l'année précédente. Le Nouveau-Brunswick n'a pas connu un gain de cette ampleur depuis 1988. La majeure partie de cette croissance a profité aux femmes, le nombre d'emplois parmi ce groupe ayant augmenté de 6 700 (4,7 %). Tous les gains enregistrés ont été des emplois à temps plein, dont près de 90 % sont allés à des femmes. L'emploi à temps plein, qui représentait 84 % de tous les emplois du Nouveau-Brunswick, a augmenté de 9 200, tandis que 900 emplois à temps partiel ont été perdus. L'emploi a progressé par rapport à l'année précédente dans tous les groupes d'âge. Le nombre de jeunes (15 à 24 ans) ayant un emploi a augmenté pour la première fois depuis 1995, avec un gain de 2 700 (ou 5,6 %). À l'échelle nationale, le nombre total de personnes employées a augmenté de 2,8 %.

En 1998, on a observé des gains dans quatre des neuf groupes industriels. Le secteur des services communautaires, des services aux entreprises et des services personnels a enregistré la hausse la plus forte parmi les groupes industriels (9 600). Le secteur de la fabrication (2 100), le secteur de la construction (1 500) et, dans une moindre mesure, le secteur agricole (100) ont aussi réalisé des gains. L'emploi a baissé dans les autres branches d'activité; les autres branches du secteur primaire, le groupe des transports, des communications et des autres services publics et le secteur du commerce ont subi les pertes d'emplois les plus importantes (1 200 pour chaque secteur).

Puisque l'emploi a progressé plus rapidement que la population active, le nombre de chômeurs dans la province a baissé de 1 700 pour se situer à 44 700. À l'échelle nationale, le chômage a chuté de 7,7 %, atteignant le niveau le plus bas depuis 1990. Le taux de chômage désaisonnalisé du Nouveau-Brunswick s'est stabilisé durant le deuxième semestre de 1998, après une détérioration durant le premier semestre. Le taux annuel a diminué de 0,7 point de pourcentage par rapport au taux de 1997, pour se situer à 12,1 %. Le taux de chômage au Canada a régressé jusqu'à 8,3 %, la quatrième année d'affilée sous la barre des 10 % et le taux le plus bas en huit ans. Au Nouveau-Brunswick, les niveaux et les taux de chômage pour les hommes et pour les femmes ont baissé par rapport à l'année précédente. Le taux de chômage a régressé pour tous les groupes d'âge à l'exception des adultes plus âgés (45 à 64 ans). Le taux de chômage toujours élevé parmi les 15 à 19 ans a enregistré la baisse la plus marquée.

L'amenuisement de la population active et des pertes d'emploi plus importantes ont contribué à l'augmentation du taux de chômage dans la région du Nord-Est, la seule région à enregistrer une détérioration par rapport à 1997. Dans les quatre autres régions, une nette amélioration de la situation de l'emploi et une croissance plus faible de la population active ont fait baisser les taux de chômage.

Population

Au 1er juillet 1998, la population du Nouveau-Brunswick se chiffrait, selon les estimations, à 752 351 habitants, une baisse de 0,1 % en un an. En comparaison, la population du Canada s'est accrue de 1,0 %. Pour la période de 12 mois terminée le 30 juin 1998, le nombre de naissances au Nouveau-Brunswick est tombé à 7 800, tandis que le nombre de décès est demeuré stable à 6 000. En conséquence, l'accroissement naturel de la population a été le plus bas jamais enregistré (1 800). La migration vers l'extérieur de la province est le principal facteur de non-croissance de la population globale, puisqu'elle s'est soldée par une perte nette de 2 800 personnes pour le Nouveau-Brunswick.

L'âge médian de la population au Nouveau-Brunswick a atteint 36,5 ans en 1998, ce qui est légèrement supérieur à la moyenne nationale. La distribution de la population continue à diminuer parmi les groupes d'âge plus jeunes, les enfants de la naissance à 14 ans représentant 18,6 % de la population et le groupe des 15 à 29 ans, 21,0 %. Le groupe des 30 à 49 ans a connu une deuxième baisse de suite, bien qu'il représente 32,2 % de la population. Les groupes plus âgés ont vu leur part augmenter, atteignant 15,3 % pour les préretraités de 50 à 64 ans, 9,7 % pour les personnes âgées entre 65 et 79 ans et 3,2 % pour les personnes âgées de 80 ans ou plus. Le vieillissement de la génération issue de l'explosion démographique, dont les plus âgés ont dépassé 50 ans, commence à accélérer la croissance du groupe des préretraités.

Perspectives pour 1999

Le rythme de l'expansion économique que connaît actuellement le Nouveau-Brunswick devrait s'accélérer en 1999; en effet, l'économie poursuit sa diversification, et de grands projets dans les secteurs des transports et de l'énergie entament leurs années de pointe. La croissance du PIB réel prévue au Nouveau-Brunswick est, à 2,3 % pour 1999, du même ordre que les taux de croissance prévues pour les économies américaine et canadienne. Toutes les branches d'activité, à l'exception du secteur minier, devraient enregistrer une croissance positive au Nouveau-Brunswick. Le secteur de la construction en particulier connaîtra une nette amélioration en raison des travaux qui s'intensifieront sur le projet d'autoroute à quatre voies reliant Fredericton et Moncton et du pipeline de gaz naturel vers le nord-est américain. L'agrandissement de 750 millions de dollars de la raffinerie de pétrole d'Irving Oil à Saint-Jean et la construction possible à Belledune d'une nouvelle centrale alimentée au gaz naturel, un projet de 200 millions de dollars, stimuleront également le secteur de la construction, en plus de contribuer à relancer l'économie provinciale en 1999 et durant les prochaines années.

Le produit intérieur brut en dollars courants, stimulé par une amélioration des salaires et de modestes reprises des bénéfices des sociétés et des intérêts créditeurs et des revenus de placements divers, devrait augmenter de 3,7 % cette année. La croissance du revenu du travail et le maintien de la hausse des paiements de transfert du gouvernement aux particuliers auront aussi des répercussions positives sur la croissance du revenu personnel. On s'attend en 1999 à une augmentation de 3,4 % en dollars courants des dépenses des consommateurs en biens et en services, suivant une forte performance l'année dernière. Les dépenses ordinaires en biens et services dans le secteur public augmenteront à peine en dollars courants et diminueront légèrement en dollars constants. On estime que, en 1999, les investissements du gouvernement, des entreprises et des particuliers augmenteront au total de 8,6 %.

Pour cette année, l'emploi devrait connaître une hausse de 1,6 %, un taux supérieur à l'augmentation de 1,1 % de la population active. Le taux de chômage du Nouveau-Brunswick devrait donc diminuer pour passer de 12,1 % à 11,7 %. Pour ce qui est de l'inflation, l'indice des prix à la consommation devrait augmenter de 1,5 % en 1999, après une progression de 0,6 % en 1998.



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