Agriculture, Pêche et Aquaculture
 
Ministère de l'Agriculture, l'Aquaculture et des Pêches
New Brunswick's Provincial Flower:  The  Violet  (Viola  cucullata) New Brunswick's Provincial Bird:  The  Chickadee  (Parus  atricapillus)
  Les années de changement (1950-1983)




Il est possible d'affirmer que l'année 1950 marqua un tournant crucial pour l'agriculture au Nouveau-Brunswick. Le cheval avait pratiquement disparu des fermes modernes pour être remplacé par le tracteur. Le côté scientifique de l'agriculture, ainsi que l'analyse du sol et le drainage, devinrent plus répandus au fur et à mesure qu'augmentèrent les connaissances pratiques des agriculteurs au sujet des meilleures méthodes d'aménagement. Les représentants agricoles travaillaient encore avec les cercles de garçons et filles et les organisations dirigées par les agriculteurs prenaient de plus en plus d'importance.

photoLe prix du porc avait baissé en 1950, mais celui du boeuf avait atteint un palier sans précédent. Dans le domaine de l'horticulture, en raison des mauvaises conditions atmosphériques, le volume des récoltes avait en général baissé durant l'année, tout comme celui des légumes.

Les chiffres relatifs à la production des pommes de terre en 1950 indiquent une mauvaise année due au temps, néanmoins, 20,1 millions de boisseaux avaient été produits. La production de pommes de terre de semence augmentait avec l'arrivée de nouvelles variétés et grâce aux efforts de lutte contre la maladie à l'aide de meilleurs insecticides qui se faisaient un peu partout.

Une autre direction importante établie au sein du ministère après la guerre fut la Direction du génie agricole chargée d'aider les agriculteurs à concevoir de meilleurs bâtiments, de choisir la meilleure qualité d'équipement et de leur montrer comment réparer cet équipement, établir les plans de drainage et superviser les travaux. Cette Direction fut également chargée de fournir une aide générale relative aux projets d'amélioration des fermes.

Bien que le nombre de fermes ait été sur le déclin, la tendance à établir de plus grandes unités relança la production qui aurait été autrement affaiblie. L'agriculteur, qui travaillait à l'aide de machines, pouvait accomplir plus en une journée à lui seul que quatre ou cinq fermiers avec des chevaux.

L'année 1950 marqua un tournant important. On connaissait de nouveaux progrès. Les 30 années suivantes verraient la réalisation de changements ayant commencé durant cette période qui marqua la naissance d'une société nouvelle au Nouveau-Brunswick.

Durant la période de trente ans, qui débuta en 1950, ces hauts et ces bas de l'exploitation agricole se manifesteraient avec plus d'intensité qu'à n'importe quel autre moment depuis la Grande Dépression. Cette période de bouleversement donnerait en 1980, des organisations agricoles plus efficaces, un nombre inférieur d'agriculteurs mais une production plus élevée et une reprise des cultures abandonnées des années auparavant.

Ces décennies connurent une participation accrue du gouvernement au travail des agriculteurs et des niveaux de prix continuellement très élevés ou très bas, suivant le cycle des prix caractéristiques des produits agricoles. Ces années se sont révélées d'une part fort intéressantes et d'autre part, inquiétantes pour les agriculteurs.

Les grands progrès technologiques consécutifs à la Seconde Guerre mondiale, de même que la participation accrue gouvernement dans le domaine de l'agriculture avaient ouvert en partie la voie au changement.

L'agriculture était devenue une exploitation marginale dans certaines régions de la province, particulièrement dans les comtés de Kent et de Gloucester et dans la région de la Miramichi. La majeure partie du rendement agricole était maintenant fournie par le comté de Kings et la région supérieure de la vallée du fleuve Saint-Jean.

On assista à l'apparition de deux tendances. Les fermes devenaient de plus en plus grandes, mais moins de fermiers et de personnes travaillaient dans le domaine agricole qu'auparavant, ce qui inquiétait les autorités provinciales et les organisations agricoles qui avaient toujours préconisé que la "ferme familiale" constituait le pivot de l'agriculture. Malgré les changements apportés, l'exploitation des fermes était encore assurée par des familles individuelles, mais souvent, les fils cherchaient des emplois dans d'autres domaines, et il n'y avait personne en vue pour prendre la relève au sein de la population agricole vieillissante.

Les années 1950 virent se poursuivre l'émigration, vers d'autres provinces, des jeunes du Nouveau-Brunswick. Beaucoup de jeunes hommes et de jeunes femmes partirent à la recherche des richesses que promettaient les régions à croissance industrielle rapide de l'Ontario. L'industrie automobile, les aciéries, les usines de Toronto, Hamilton et Windsor, sans compter les mines de Sudbury, incitaient les jeunes à partir. Comme l'a dit un journaliste de cette période, le produit d'exportation le plus important des maritimes était celui "des cerveaux de ses jeunes qui partaient ailleurs".

La Fédération de l'agriculture du Nouveau-Brunswick fut fondée en 1952. Elle était perçue comme une organisation qui serait capable de représenter tous les agriculteurs et toutes les associations agricoles. Le besoin de former une telle organisation avait été souligné par des personnes clés du mouvement coopératif et des chefs de file dans le domaine agricole. Toutefois, l'établissement de la Fédération souleva certains problèmes.

Une autre étape importante dans l'organisation des agriculteurs au Nouveau-Brunswick fut la création des nouveaux offices de commercialisation couvrant une grande diversité de produits.

L'amélioration des structures de commercialisation touchait non seulement les produits traditionnels tels que le lait, les oeufs et les pommes, mais aussi les plantes de serres et de repiquage, et les dindes, les poulets et les porcs. Par l'intermédiaire d'une publicité active auprès des consommateurs, il fut possible d'élargir la base de l'agriculture dans cette province.

Les années 1960 seraient pleines de surprises pour le Nouveau-Brunswick. Elles marqueraient le début d'une ère nouvelle dans les domaines sociaux, éducationnels et économiques qui modifiaient complètement l'aspect de la province.

Les observateurs de cette période décrivaient invariablement les comtés de Gloucester et de Restigouche - la "côte nord"- comme des régions économiquement faibles et d'habitude, ils y ajoutaient le comté de Kent. L'exploitation agricole était passée au niveau de subsistance le plus élémentaire dans ces régions où les quelques fermes productives étaient devenues l'exception plutôt que la règle. Les régions qui, en l'année 1900, fournissaient le gros de la production au Nouveau-Brunswick, ne pouvaient maintenant même plus subvenir à leurs propres besoins. La répartition des recettes fiscales entre la province et les conseils de comtés créait de grandes injustices dans l'éducation et dans les programmes sociaux que l'on appelait alors le "bien-être".

Se basant sur le "Rapport Byrne" relatif à l'imposition dans la province, les spécialistes de la planification dirigés par le Premier ministre Louis Robichaud élaborèrent, entre 1960 et 1965, un ensemble de programmes connu sous le nom du "Programme d'égalité sociale" qui viendrait transformer le visage politique du Nouveau-Brunswick. Les conseils de comtés «ces 15 mini-gouvernements» furent abolis, de même que les conseils pour le financement des écoles des comtés.

Pour les agriculteurs, le changement constituait une bonne affaire. Pour la première fois, le système d'imposition s'appliquerait de la même façon dans toute la province et pour la première fois aussi, les programmes gouvernementaux seraient offerts à tout le monde. Le Nouveau-Brunswick avait atteint sa maturité dans le vrai sens du mot, et ces programmes représentaient la première restructuration importante dans le domaine politique depuis plus de cent ans.

Le ministère de l'Agriculture avait réalisé des progrès durant les années 1960 en vue de l'établissement de la Ferme de pommes de terre de semence Élite de Bon Accord dans le comté de Victoria. Cette installation permettrait de produire des semences exemptes de maladies, qui seraient vendues au prix coûtant aux cultivateurs, puis repiquées et revendues à d'autres fermiers ou sur des marchés d'outre-mer.

Un autre achat important fut celui d'une petite pépinière à Hoyt, qui deviendrait un centre pour la production de plants de fraises exempts du maladies, à l'intention de cette industrie dans la province. Par la suite, la pépinière produirait des clones de bleuets, se livrerait à des essais avec des arbustes et des fleurs pour le commerce des plantes ornementales, et à d'autres essais dans le domaine de la production de légumes et des crosses de fougères.

De 1951 à 1967, l'agriculture comme telle n'avait pu rivaliser avec les autres secteurs de l'économie canadienne. Le prix des produits agricoles augmenta seulement de 6 pour cent durant cette période, tandis que la hausse des coûts d'exploitation fut supérieure à 25 pour cent. Des fermes mécanisées, plus efficaces, produisaient davantage que toutes les petites fermes réunies, mais le revenu agricole diminuait et les perspectives de progrès dans l'avenir n'étaient pas très bonnes, étant donné le manque de capital pour l'achat de nouveaux terrains, de machines, ou la construction de bâtiments.

Au début de l'année 1982, le ministère de l'Agriculture prépara une stratégie décennale pour le développement de l'industrie durant la période consécutive à l'Entente sur les ressources agricoles. Le résumé de ce document explique bien la situation.

"L'industrie agricole se classe au troisième rang parmi les industries primaires du Nouveau-Brunswick, de par sa contribution estimative de 34 millions de dollars en 1981 au produit national brut. Les prévisions préliminaires pour 1981 indiquent que les recettes agricoles en espèces ont dépassé le niveau des 200 millions de dollars, atteignant 204,5 millions de dollars. Cela correspond à une augmentation de 49,8 millions de dollars par rapport aux chiffres de 1980".

En 1980, il y avait 3 700 exploitations agricoles au Nouveau-Brunswick, englobant une superficie totale de terres agricoles de 763 000 acres. La valeur totale des capitaux agricoles investis dans l'agriculture de la province s'est élevée à 511 millions de dollars, représentant une valeur moyenne de 138 200 $ par exploitation agricole. La valeur brute de la production de ces exploitations a été de 211 millions de dollars. On rapporte un revenu brut de 153 millions de dollars, le revenu net réalisé étant de 38 millions de dollars. La population agricole active est restée relativement constante et, en 1980, elle était estimée à environ 6 000 personnes. La population active, engagée dans des activités agricoles dans les secteurs de la transformation et du transport des denrées alimentaires, est estimée à 18 000 autres emplois.

Des changements structuraux fondamentaux ont pris place dans le secteur agricole de la province au cours des deux dernières décennies. On a assisté à une consolidation graduelle des terres agricoles et observé une augmentation du nombre d'exploitations agricoles commerciales. L'industrie se caractérise maintenant par des exploitations spécialisées plus grandes et plus efficaces.

La productivité des exploitations agricoles du Nouveau-Brunswick a augmenté de façon continue. Le volume de production par exploitation a considérablement augmenté au cours de la dernière décennie.

Les trois grandes denrées que l'on produit traditionnellement au Nouveau-Brunswick sont les pommes de terre, les produits laitiers et les gros bovins et veaux. La valeur brute de production de ces denrées a été respectivement de 65,8 millions, 35,2 millions et 25,3 millions de dollars en 1980, ce qui représentait 59% de la valeur totale de production de l'industrie cette année-là. Au cours des dernières années, le secteur de l'industrie laitière s'est accru en importance par rapport aux pommes de terre, contribuant ainsi aux recettes agricoles en espèces.