Agriculture, Pêche et Aquaculture
 
Ministère de l'Agriculture, l'Aquaculture et des Pêches
New Brunswick's Provincial Flower:  The  Violet  (Viola  cucullata) New Brunswick's Provincial Bird:  The  Chickadee  (Parus  atricapillus)
  L'altise de l'airelle




C2.1.0

Espece:Altica sylvia Malloch

IMPORTANCE ÉCONOMIQUE ET DOMMAGES

On retrouve l'altise de l'airelle (aussi connue localement sous le nom l'altise de bleuet) dans les provinces suivantes: l'Ontario, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse et l'Ile-du-Prince-Edouard. Sa présence est régulière dans les bleuetières sauvages du Nouveau-Brunswick. Au Nouveau-Brunswick, les populations larvaires sont parfois très élevées causant du dommage important à la masse foliaire résultant en des pertes de récoltes. Les infestations sont plus communes dans les champs en production que dans ceux en pousses végétatives. L'altise du bleuet n'est qu'un problème très occasionnel dans les champs qui sont brûlés à tous les deux ans en autant que le brûlage soit assez intense pour détruire les oeufs.

La plupart des dommages sont causés par le stade larvaire de l'altise du bleuet. Elles se nourrissent surtout du feuillage en développement mais peuvent aussi s'attaquer aux fleurs créant ainsi des pertes de rendement. Typiquement, les dommages sont situés en marge des feuilles qui sont dévorées. Les adultes se nourrissent aussi des feuilles et peuvent causer des dommages considérables si les populations sont très élevées.

CYCLE BIOLOGIQUE ET DESCRIPTION

L'altise du bleuet a quatre stades de développement: oeuf, larve, pupe et adulte. Elle passe l'hiver au stade oeuf dans la litière en surface du sol. Les oeufs, longs d'environ 1 mm, sont de couleur orange-jaune et de forme ovale. Ils éclosent sur une période de 2 à 3 semaines au printemps.

Les larves commencent à se nourrir des feuilles et bourgeons avant que ceux-ci soient complètement développés. Dans le sud de la province, l'émergence des larves débute vers la mi-mai. Cependant, le plus fort des populations sont présentes de la fin mai jusqu'à la mi/fin juin, puis déclinent graduellement. Dans la partie nord du N.-B., les larves sont présentes à partir de la fin mai. Le plus fort des populations sont présentes de la fin mai à la fin juin, puis déclinent graduellement. Le développement des larves se fait en trois stades et c'est au dernier stade que la larve est la plus grosse. Elle mesure alors 6 mm de longueur. Le stade larvaire dure de 10 à 19 jours, dépendant de la température. La larve de l'altise de bleuet est d'une couleur brun foncé, presque noir (Figure 1). Elle ressemble un peu à la larve de la galéruque de l'airelle, qui elle est d'un brun plus pâle (et très peu commune dans nos bleuetières). Elle possède six pattes sous le corps, juste derrière la tête. Une fois son développement complété, elle se réfugie dans la litière du sol, ou jusqu'à 12 mm dans le sol pour se transformer en pupe. L' adulte émerge de 15 à 28 jours plus tard (en moyenne 17 jours). La pupe est de forme ovale, d'une longueur de 4 à 5 mm et est de couleur orange au début de la pupaison.

Les adultes sont 5 mm de longueur, de forme ovale et de couleur bronze cuivré (Figure 2). Elles ont les pattes arrières très développées, qu'elles utilisent pour sauter. Dans la partie sud de la province, les premières adultes peuvent être vues du début juin jusqu'à l'automne avec un pic de population se situant du début juillet jusqu'à la mi-août. Dans le nord du N.-B., les adultes ont été trouvées de la mi-juin jusqu'à l'automne. Cependant, le pic de population se situe de la mi-juillet jusqu'au début septembre. Après l'émergence, l'adulte prend de 10 -14 jours avant de s'accoupler. La ponte débute quelques jours plus tard. Ceci indique que la majorité des oeufs sont pondus de la mi-juillet à la fin août dans le sud et de la fin juillet à la fin août dans le nord. Les oeufs sont déposés près de la base des plants ou dans la litière en surface du sol. Les adultes ne survivent pas à l'hiver.

LUTTE

On évalue les populations larvaires de l'altise du bleuet à l'aide d'un filet collecteur dans les champs en pousse végétative ou en récolte. L'évaluation se fait en donnant 25 coups de filet par échantillon. Au moins trois échantillons de 25 coups de filet doivent être pris, pour chaque 5 hectares en culture. Dans les champs où l'on soupçonne avoir un problème, ou si on a eu une récente infestation, le taux d'échantillonnage devrait être de 25 coups de filet à tous les 1 000 mètres. Les champs doivent être inspectés deux fois par semaine, lorsque les larves sont petites, soit de la mi ou fin mai, dépendant des régions et se continuer sur une période de 3 à 4 semaines. L'échantillonnage doit être fait une journée de beau temps car moins de larves sont capturées lorsque le feuillage est humide.

Il n'a jamais été déterminé, de façon précise, à partir de quel niveau d'infestation un traitement chimique est nécessaire. Cependant, basé sur des recherches faites à l'Université du Maine, ça peut varier de 75 à 125 larves par 25 coups de filet. On détermine le besoin de contrôle par une bonne évaluation visuelle des dommages et le nombre de larves capturées lors de l'échantillonnage. Le genre de dommage que l'on doit rechercher est un contour dévoré à la marge des feuilles (Figure 3).

L'échantillonnage des champs en pousse est plus difficile parce que les tiges sont très courtes au moment de l'apparition des larves. Une méthode alternative consiste à laisser une lisière non taillée dans la section du champ pour l'échantillonnage.

Il est parfois nécessaire de vérifier le taux de populations adultes lorsque les larves n'ont pas été bien contrôlées. Le seuil de tolérance est le même que celui des larves tout comme la technique de dépistage. On récolte moins d'adultes, lorsque le feuillage est mouillé. On vérifie les champs, deux fois par semaine, à partir de la mi-juin ou début juillet, jusqu'à la période pré-récolte, dépendant des régions. Les échantillons recueillies peuvent être mis dans des sacs et congelés pour faciliter le comptage.

Une explosion des populations d'altises du bleuet arrive plus souvent dans les champs qui n'ont pas été brûlé de manière fréquente. La taille par le feu peut être faite à l'automne ou au printemps pour détruire les oeufs. Le feu doit cependant être assez intense pour atteindre les oeufs qui sont sous la litière en surface du sol.

Il y a très peu d'information de disponible sur le contrôle naturel de l'altise du bleuet.

Les insecticides recommandés ainsi que leur taux d'application sont énumérés dans le feuillet C1.6.0 "Guide de Protection du Bleuet Nain". Des renseignements supplémentaires peuvent être obtenus de vos conseillers agricoles énumérés dans le guide.


Fig. 1 Stade larvaire de l'altise de l'airelle

 


Fig. 2 L'adulte de l'altise de l'airelle

Fig. 3 Stade larvaire avec dommage

Références: Maine Agric. Exp. Stn. Bull. 273: 149-204, 1918; Agric. Can. Publ. 754: 26-30, 1961: Agric. Can. Publ. 1477/E, 1989; Agric. Can. Publ. 1826, 1989; Adaptive Research Reports, N.B. Dept. Agr. 14: 262-298 (1992), 15: 317-346 (1993); Description du cycle biologique et dynamique des populations de l'altise de l'airelle au Nouveau-Brunswick, Université de Moncton Rapport d'étape, 1994; NS Dept. Agr. & Marketing, The Blueberry Flea Beetle, factsheet, 1995; PMAO, The Management of Blueberry Insect Pest Workshop Report, 1995


Rédigé par: Christopher Maund, agr., Entomologiste provincial, Ministère de l'Agriculture et de l'Aménagement Rural Nouveau-Brunswick du N.-B.; Gaétan Chiasson, agr., Spécialiste en horticulture, Ministère de l'Agriculture et de l'Aménagement Rural Nouveau-Brunswick du N.-B.

Hiver 1997