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Ministère de l'Agriculture, l'Aquaculture et des Pêches
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Plus de 70% des terres agricoles du Nouveau-Brunswick présentent des caractéristiques limitatives comme un sous-sol compacté et une mauvaise structure (45,5 %), une topographie escarpée (20,8 %) et un substrat rocheux peu profond (5,8 %). Il faut donc recourir aux méthodes de gestion appropriées pour parvenir à exploiter les capacités de production de cette terre. En plus des problèmes inhérents à la terre cultivable, l'érosion par l'eau constitue désormais la principale dégradation qui afflige la zone de production de pommes de terre située dans la vallée de la rivière Saint-Jean. Les principaux facteurs qui ont augmenté les risques de dégradation du sol sont les suivants :
- La monoculture, c'est-à-dire l'absence de rotation culturale et l'utilisation minimale de plantes de couverture.
- Le passage de machines lourdes sur le sol humide.
- Une trop faible pierrosité.
- Le travail du soi de haut en bas et de bas en haut sur un terrain en pente raide.
- Le trop grand recours, à des moments inopportuns, de machines non appropriées pour le travail du sol.
- L'application minimale de fumier et d'engrais verts.
Il faut donc chercher à réduire l'érosion et à conserver l'humidité du sol, tout en améliorant la capacité de production et la productivité des cultures en général. Les pratiques culturales de conservation offrent la possibilité d'obtenir ces résultats sans trop chambarder nos systèmes de production, La prévention d'une érosion excessive du sol exige une plus grande application de résidus de récolte à la surface du sol grâce aux pratiques culturales de conservation.
Pratiques culturales conventionnelles
On entend par pratiques culturales conventionnelles un programme complet de travail du sol qui se fait en deux étapes (primaire et secondaire) pour la préparation d'un lit de semence destiné à une culture et à une zone particulière. Le travail primaire est exécuté à l'automne (ou au printemps) au moyen d'une charrue à socs, et le travail secondaire a lieu au printemps et consiste à passer la charrue à disques (deux fois) ou à utiliser la charrue à disques et un vibroculteur, un instrument de préparation finale, un cultivateur rotatif, une herse avec dents à ressorts et une herse à dents rigides. Les buts et résultats du système sont les suivants :
- Il retourne le sol pour former des sillons.
- Il enterre les résidus de récolte, ce qui produit une décomposition lente et supprime l'effet de paillage à la surface du sol.
- Il dénude le sol et l'expose à l'érosion par l'eau et par le vent.
- Il peut compacter le sol sous le labour.
- Il réduit au minimum l'effet de buttage.
- Le coût à l'acre est élevé.
- La puissance requise est de 15 ch par corps de labour.
- Il est parfait pour le terrain gazonné,
Pratiques culturales de conservation
On entend par pratiques culturales de conservation le système qui permet de réduire le nombre de passages des machines dans le champ pour la préparation du soi et d'augmenter la couche de résidus en surface pour protéger le sol et réduire la perte d'humidité. Le système en question peut comprendre un seul passage des disques, l'utilisation de la herse chisel, le sous-solage, le buttage et l'absence de travail du sol. Cette dernière option n'est toutefois pas encore applicable au Nouveau-Brunswick.
Machines agricoles souvent utilisées dans les pratiques culturales de conservation
Sous-soleuse
Il s'agit d'un appareil muni d'étançons d'acier rigides qui ne retourne pas le sol et qui présente les caractéristiques suivantes:
- Il faut l'utiliser avant le travail du soi en surface.
- La sous-soleuse fracture les couches compactes à une profondeur de 40 cm (16 po) ou plus sous la surface du sol.
- Elle permet une percolation de l'eau en profondeur.
- Elle favorise la pénétration des racines en profondeur.
- La puissance requise est de 30 ch par étançon.
- Les résultats sont très bons lorsque des tuyaux de drainage sont installés.
- Il faut passer la machine lorsque le sous-sol est sec.
Carburant diesel nécessaire:
- - 2J gal/acre pour les loams. (23,58 l/ha)
- - 2,84 gal/acre pour les argiles (31,89 1/ha).
Pulvériseur à disques déportés:
L'appareil se compose de grands disques concaves montés sur deux rangées à angles opposés les uns par rapport aux autres. Les disques tranchent et projettent le sol en direction opposée.
- Il sert pour le travail du sol primaire.
- Le sol est tranché jusqu'à une profondeur de 20 à 25 cm (8 à 10 po).
- L'appareil permet une incorporation peu profonde des résidus pour une décomposition rapide.
- Il favorise un bon effet de paillage en surface qui réduit l'érosion.
- Le coût à l'acre est peu élevé.
- La puissance nécessaire est de 12 à 14 ch par largeur de un pied.
Carburant diesel nécessaire:
- - 0,95 gal/acre pour les loams (Il 0,67 1/ha)
- - 1,28 gal/acre pour les argiles (14,37 I/ha)
Herse chisel :
Cet appareil se compose de nombreuses rangées de dents courbées et rigides qui sont groupées et décalées et qui sont munies d'amortisseurs à ressort ou de réenclenchement à ressort.
- Elle est utilisée pour le travail du sol primaire.
- Elle brise le sol jusqu'à une profondeur de 20 à 25 cm d'épaisseur (8 à 10 po).
- Elle incorpore les résidus peu profondément et permet une décomposition rapide.
- Elle favorise un bon effet de paillage en surface pour réduire l'érosion.
- Le coût à l'acre n'est pas élevé.
- Elle produit un bon effet de buttage.
- Le compactage causé par la machine est faible.
- Sa vitesse de passage est de 5 milles à l'heure ou plus.
- La puissance requise est de 15 ch par dent.
Carburant diesel nécessaire :
- 1,25 gal/acre pour les loams (14,04 1/ha)
- 1,69 gal/acre pour les argiles. (18,98 l/ha)
Herse chisel avec disques
L'appareil est une herse chisel munie à l'avant d'une rangée de disques plats ou concaves qui tranchent les résidus et les végétaux en surface.
- Elle sert pour le travail du sol primaire.
- L'appareil brise le sol à une profondeur de 20 à 25 cm (8 à 10 po).
- Les résidus sont enfouis peu profondément.
- Elle favorise un bon effet de paillage en surface pour réduire l'érosion.
- Elle produit un bon effet de buttage.
- Le compactage est faible.
- Le coût à l'acre n'est pas élevé.
- La puissance requise est de 15 ch par dent,
- Sa vitesse de passage est de 5 milles à l'heure ou plus.
Carburant diesel nécessaire :
- 1,30 gal/acre pour les loams (14,60 1/hq)
- 1,70 gal/acre pour les argiles (19,09 1/ha)
Systèmes de pratiques culturales de conservation
Avant l'implantation d'un programme de conservation, il faut augmenter et équilibrer les éléments nutritifs du sol et faire une application judicieuse de chaux pour corriger le pH en fonction des analyses du sol.
Dans un système axé sur la conservation, tous les résidus de récolte (paille et balle) présents sur un sol en pente doivent être répartis uniformément sur la superficie à traiter. Le chaume ne peut être enfoui dans le sol par labourage à un moment où les risques d'érosion sont très élevés. Toutefois, on peut l'enfouir à l'automne au moyen C un seul, passage en travers de la pente avec un cultivateur ou un vibroculteur. Les pratiques culturales suivantes peuvent être envisagées pour un système de conservation.
- Passage du vibroculteur à l'automne et au printemps - Cette pratique
a pour résultat d'enfouir peu profondément les résidus pour une décomposition
rapide, de produire un effet de paillage maximal en surface, de compacter
faiblement le soi, de produire un effet de buttage très faible et d'être
peu coûteux à l'acre. Il faut seulement y recourir dans les champs de
pommes de terre ou dans les champs de céréales bien nettoyés et sur lesquels
on a répandu de la paille hachée.
- Passage des disques à l'automne et au printemps
1- Cette pratique a pour résultat d'enfouir peu profondément les résidus
pour une décomposition rapide, de produire un bon effet de paillage en surface,
de compacter le soi au minimum, de produire un bon effet de buttage et d'être
peu coûteux à l'acre. Il faut seulement y recourir dans les champs de pommes
de terre ou dans les champs de céréales bien nettoyés et sur lesquels on
a répandu de la paille hachée.
- Passage de la herse chisel à l'automne et du vibroculteur au printemps
- Cette pratique a pour résultat d'enfouir peu profondément les résidus
pour une décomposition rapide, de produire un bon effet de paillage en
surface, de compacter le sol au minimum, de produire un bon effet de buttage
et d'être peu coûteux à l'acre. Il faut seulement v recourir dans les
champs de pommes de terre ou dans les champs de céréales bien nettoyés
et sur lesquels on a répandu de la paille hachée.
- Passage de la herse chisel avec disques à l'automne et du vibroculteur
au printemps - Cette pratique a pour résultat d'enfouir peu profondément
les résidus pour une décomposition rapide, de produire un bon effet de
paillage en surface, de compacter le sol au minimum, de produire un bon
effet de buttage et d'être peu coûteux à l'acre. On peut recourir à cette
pratique dans tous les terrains sauf les sols gazonnés.
- Sous-solage à l'automne - Pratique qui permet de fracturer les
couches très compactées du sol au-dessous de la zone normale de labour
afin d'améliorer la percolation de l'eau.
Le système de conservation doit également comprendre la plantation d'une plante de couverture (céréale d'hiver) sur les sois laissés nus à l'automne.
REMARQUE : Avant d'adopter
certaines pratiques de conservation ou de procéder à l'achat d'appareils à cette fin, il faut élaborer un plan de gestion agricole qui répond aux besoins particuliers de l'entreprise. Le pion doit exposer les usages précédents et situation actuelle du sol, son utilisation prévue et les mesures requises pour atteindre les objectifs établis,
Avantages des pratiques culturales de conservation par rapport aux pratiques conventionnelles
- Réduction de l'érosion du sol et de la perte d'éléments nutritifs causée par l'érosion, comme l'indique le tableau ci-après.
- Meilleure rétention de l'humidité du sol.
- Infiltration accrue.
- Augmentation de la teneur du sol en matière organique.
- Meilleure protection de la surface du sol par les résidus de récolte.
- Coût inférieur à l'acre.
- Compactage réduit.
Problèmes reliés aux pratiques culturales de conservation
- La vitesse du tracteur doit être supérieure à 5 milles à l'heure pour bien labourer le champ et obtenir l'effet de buttage souhaité. Les pertes d'azote causées par la dénitrification ou la volatilisation constituent des problèmes éventuels qui doivent faire l'objet d'autres recherches. L'humidité accrue, les résidus de surface et la moins grande densité apparente qui accompagnent les pratiques culturales de conservation sont plus susceptibles de causer des pertes par dénitrification.
- Comme le mélange du sol est réduit, il faut appliquer le phosphore et le potassium dans le rang au moment de l'ensemencement. La teneur en potassium du rang est particulièrement importante dans les sols qui se compactent facilement.
- La chaux doit être appliquée selon les doses indiquées par l'analyse du sol afin de prévenir la formation d'une couche acide en surface qui pourrait réduire l'activité des herbicides, le développement des racines et l'assimilation des éléments nutritifs.
- Les populations de rhizoctones bruns (Rhizoctoffla soloni) présentes dans la couche organique peuvent survivre dans les déchets végétaux. On réussit à éliminer efficacement les champignons de la zone radiculaire en retournant le sol profondément (20 - 30 cm) au moyen d'une charrue à socs qui enfouit les déchets végétaux en profondeur. Par contre, la herse chisel et d'autres machines laissent la plupart des déchets végétaux et les agents pathogènes dans la couche organique du sol. Ainsi, les tissus des semis peuvent entrer en contact avec les agents pathogènes et être envahis quelques jours après l'ensemencement, ce qui entraîne des peuplements déplorables et des plantes déformées.
- Les pratiques actuelles de répression des mauvaises
herbes sont moins efficaces lorsqu'on recourt aux pratiques culturales de
conservation.
Raisons d'abandonner les pratiques conventionnelles au profit du système de conservation
Certains agriculteurs peuvent hésiter à modifier leurs pratiques culturales même si les avantages économiques et autres (comme la baisse de l'érosion du sol) indiquent le besoin de changement, car ils sont satisfaits des résultats obtenus avec leurs méthodes actuelles. Le fait de changer pour le plaisir de la chose peut effectivement se révéler préjudiciable, et l'on doit examiner l'ensemble du système de culture pour déterminer si un changement s'avère nécessaire. Après avoir établi le bien-fondé d'un changement, on détermine quelle forme il doit prendre compte tenu des réponses aux questions suivantes
- L'érosion du sol est-elle un problème important dans votre exploitation agricole?
- Avez-vous enregistré une baisse de rendement?
- Le compactage est-il considérable dans vos champs?
- Vos profits sont-ils réduits par des coût d'exploitation élevés?
- Procédez-vous à une étude des besoins en matériel agricole?
- Avez-vous enregistré une baisse de la teneur en
matière organique dans vos sols?
Si vous avez répondu à ces questions par l'affirmative, il faut envisager l'adoption de pratiques culturales de conservation.
Ces pratiques offrent effectivement de nombreux avantages, mais la bonne application d'un système de ce genre exige une gestion agricole appropriée. En effet, une mauvaise fertilisation et l'omission d'autres mesures de gestion peuvent entraîner des baisses de rendement.
Renseignements supplémentaires
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