Commission sur l'éducation postsecondaire au Nouveau-Brunswick

La Commission recommande un système d'éducation postsecondaire intégré axé sur les étudiants (07/09/14)

NB 1157

le 14 septembre 2007

FREDERICTON (CNB) - La création au Canada du premier système d'éducation postsecondaire axé sur les étudiants et complètement intégré est au cur des recommandations finales publiées aujourd'hui par la Commission sur l'éducation postsecondaire au Nouveau-Brunswick.

(Multimédias)

Dans son rapport intitulé Avantage Nouveau-Brunswick : Une province cherche à accomplir sa destinée, la Commission propose plusieurs recommandations fondées sur la mise en place d'une nouvelle structure pour le système d'éducation postsecondaire dans la province qui met l'accent sur les étudiants et non plus sur les établissements.

« Le Nouveau-Brunswick a une occasion unique d'être la première province au Canada, et peut-être la première instance administrative en Amérique du Nord, à établir un tel système intégré public et privé, axé sur l'étudiant. Cela constituera l'avantage stratégique du Nouveau-Brunswick », a déclaré le commissaire Rick Miner. « Nous avons conscience de la difficulté de ce changement, mais il est nécessaire si l'on veut que le Nouveau-Brunswick prospère et atteigne ses objectifs d'autosuffisance. »

« Notre vision en ce qui concerne l'éducation postsecondaire comprend plusieurs caractéristiques essentielles », a indiqué le commissaire Jacques L'Écuyer. « Le système du Nouveau-Brunswick doit être accessible, pertinent, adapté, complet, efficace, responsable et de haute qualité. Il devra assurer un accès identique aux deux communautés linguistiques dans toutes les régions de la province et ainsi permettre la poursuite de leur développement. »

Dans le but d'atteindre ce genre de système d'éducation postsecondaire, il sera nécessaire de revoir la gouvernance de l'ensemble du système. La Commission propose que le gouvernement du Nouveau-Brunswick clarifie son propre mandat et opte pour un rôle davantage axé sur l'établissement de politiques. Un Conseil des présidents, composé des dirigeants de la plupart des établissements d'enseignement postsecondaire publics et de représentants des établissements privés et des écoles secondaires, ainsi qu'un nouvel organisme de coordination indépendant, la Commission sur l'éducation postsecondaire du Nouveau-Brunswick, devraient être mis en place.

La Commission proposée aurait la responsabilité de mettre en pratique cette vision en garantissant, entre autres, l'assurance de la qualité, des conseils stratégiques au gouvernement, un examen des plans stratégiques des établissements d'enseignement, le transfert de crédits et la mise en place d'un portail d'applications et d'information. « La création d'un portail d'information constitue l'une de nos recommandations les plus importantes », a déclaré M. L'Écuyer. « Les étudiants et leur famille doivent pouvoir prendre des décisions éclairées de la façon la plus simple et la plus pratique possible, que ce soit en matière de renseignements sur les programmes, les droits de scolarité, le processus de demande ou l'aide aux étudiants. »

Établissements d'enseignement postsecondaire publics du Nouveau-Brunswick

Le nouveau système d'éducation postsecondaire devrait être complètement intégré depuis les collèges jusqu'aux universités, en passant par les programmes d'apprentissage. Il devrait comprendre quatre universités, trois polytechniques et un collège avec quatre campus.

L'Université de Moncton (U de M) et la University of New Brunswick (UNB) à Fredericton continueraient d'être des universités complètes, offrant des grades de premier et de deuxième cycles; l'accent devrait être davantage mis sur leur mandat de recherche. La St. Thomas University à Fredericton et la Mount Allison University à Sackville devraient se concentrer sur les grades de premier cycle en arts.

Un nouveau type d'établissement - la polytechnique - verrait également le jour avec le nouveau système. « Les auteurs d'un rapport récent concernant l'avenir de l'éducation postsecondaire au Canada disent que les polytechniques constituent un troisième courant qui émerge rapidement et allie compétences pratiques et vaste expertise en la matière, a déclaré M. Miner. Ils disent que les polytechniques sont considérées comme une solution intermédiaire vigoureuse capable de répondre aux nombreuses exigences du marché du travail qui recherche des professionnels compétents en mesure de fonctionner dans la société d'aujourd'hui. Comme il est caractéristique de ce type d'établissements, les polytechniques offriront un large éventail d'attestations d'études (certificats, diplômes, diplômes de premier cycle et quelques-uns de deuxième et troisième cycles et formations d'apprenti), y compris, là où c'est possible, la première et la deuxième année de programme des arts et des sciences permettant un transfert dans d'autres établissements. L'accent mis sur la recherche appliquée et la commercialisation constitue un autre trait caractéristique de la philosophie des polytechniques et est inclus dans les recommandations de la Commission. »

La Commission a préconisé la mise en place de trois polytechniques régionales : la polytechnique de Saint John avec un campus à St. Andrews; la polytechnique du nord-est du Nouveau-Brunswick à Shippagan avec des campus à Bathurst et à Campbellton; et la polytechnique du nord-ouest du Nouveau-Brunswick à Edmundston.

Les polytechniques intègrent la combinaison d'activités universitaires et collégiales pour donner un tout qui est plus grand que la somme des deux composantes et permettre de créer une culture véritablement nouvelle. Les polytechniques proposées au Nouveau-Brunswick seraient étroitement liées à leur collectivité, capables de répondre à leurs besoins particuliers et tirant avantage de la combinaison des points forts des universités et des collèges.

« L'idée est de bâtir sur la solide fondation que constituent les programmes universitaires et collégiaux actuels au Nouveau-Brunswick afin d'enrichir les programmes offerts aux étudiants en créant de nouvelles possibilités grâce à l'ajout de programmes appliqués, a déclaré M. L'Écuyer. Les polytechniques du Nouveau-Brunswick offriront en un seul endroit une grande variété de grades et de diplômes dans des domaines s'étendant des arts et sciences humaines aux sciences et technologies. Les polytechniques représentent à l'évidence une branche en pleine évolution à travers toute l'Amérique du Nord. Aux États-Unis, certaines universités ont récemment pris le nom de polytechniques et selon le Chronicle of Higher Education (Journal de l'éducation supérieure), les inscriptions à la Arizona State Polytechnic ont pris leur envol; il en va de même pour d'autres établissements portant le nom de polytechniques qui ont vu une hausse significative au niveau des inscriptions et de l'intérêt témoigné. Il est clair que le Nouveau-Brunswick a une position de chef de file au Canada dans le cadre de cette évolution. »

Dans le cadre du système proposé, la UNB de Saint John se joindrait au New Brunswick Community College (NBCC), campus de Saint John et de St. Andrews, pour former la polytechnique de Saint John. Le campus de l'Université de Moncton à Shippagan s'associerait aux campus du Collège communautaire du Nouveau-Brunswick (CCNB) dans la Péninsule acadienne, à Bathurst et à Campbellton pour former la polytechnique du nord-est du Nouveau-Brunswick. La polytechnique du nord-ouest du Nouveau-Brunswick serait le produit de l'association entre le campus de l'U de M à Edmundston et le campus du CCNB d'Edmundston.

La Commission propose également que le CCNB-NBCC ait un siège social gérant les quatre campus de Dieppe, de Moncton, de Miramichi et de Fredericton à l'extérieur du gouvernement provincial. Le campus de Fredericton inclurait le campus du NBCC à Woodstock, le Collège des technologies forestières des Maritimes et le College of Craft and Design. Si un nouveau collège est établi à Fredericton, il devrait faire partie du campus de Fredericton.

Le CCNB continuerait d'offrir des programmes collégiaux, incluant les métiers. Les campus de Moncton, de Miramichi et de Woodstock pourraient offrir la première et deuxième année de quelques programmes universitaires si les besoins et effectifs le justifient. Il n'y aurait pas de programmes universitaires offerts à Dieppe et à Fredericton du fait de la proximité d'un campus universitaire dans ces collectivités.

En outre, il est proposé que l'apprentissage et la certification professionnelle gérés actuellement par le ministère de l'Éducation postsecondaire, de la Formation et du Travail fassent l'objet d'un organisme fonctionnant de façon autonome bénéficiant de la flexibilité d'un établissement postsecondaire autoadministré.

Enfin, l'enseignement dans les deux langues devrait être amélioré dans toutes les régions de la province. Le campus de Dieppe du Collège communautaire du Nouveau-Brunswick assumerait la responsabilité particulière de l'enseignement en français dans les régions anglophones, et le campus de Moncton du Nouveau-Brunswick assumerait la responsabilité particulière de l'enseignement en anglais dans les régions francophones.

Le rapport met également l'accent sur l'importance du recrutement d'étudiants internationaux, recommandant l'élaboration d'une stratégie de recrutement d'étudiants internationaux afin que celle-ci fasse ultimement partie d'une politique provinciale d'immigration plus complète pour le Nouveau-Brunswick. Il recommande aussi que des mesures soient prises pour augmenter l'accès à l'éducation postsecondaire de la population des Premières Nations et des étudiants ayant des besoins particuliers, ainsi qu'aux programmes présentant un déséquilibre important lié au sexe.

La Commission a également formulé un certain nombre de recommandations visant la réduction de la dette des étudiants, le financement des établissements ainsi que le domaine de la recherche et du développement dans l'éducation postsecondaire :

Amélioration de l'aide financière aux étudiants

Le Nouveau-Brunswick devrait adopter un programme d'aide aux étudiants en trois volets, comprenant :

  • a) un programme de réduction de prêts visant à ce que la dette annuelle des étudiants ne dépasse pas un maximum 7 000 dollars;
  • b) un complément à la Subvention canadienne d'accès permettant de réduire les frais de scolarité pour les étudiants à faible revenu au-delà de la première année d'études postsecondaires;
  • c) un programme offrant une aide aux étudiants qui ont des difficultés pour rembourser leur dette étudiante.
  • Le remboursement du crédit d'impôt pour les droits de scolarité et la bourse de 2 000 dollars pour les étudiants de première année d'université seraient supprimés, et les fonds devraient être réattribués au programme d'aide aux étudiants à trois volets proposé.
  • Les établissements d'enseignement postsecondaire devraient pouvoir fixer librement leurs droits de scolarité, mais une part de toute augmentation devrait être allouée sous une forme d'aide aux étudiants.
  • Le Nouveau-Brunswick devrait chercher à améliorer la coordination entre les programmes provinciaux et fédéraux d'aide aux étudiants.
Amélioration du financement des études postsecondaires
  • Outre les hausses de l'inflation annuelle, le Nouveau-Brunswick devrait augmenter ses dépenses pour l'enseignement postsecondaire de 50 millions de dollars au cours des trois prochaines années, dont 20 millions de dollars doivent être attribués à l'augmentation des budgets d'exploitation et 30 millions de dollars à un fonds à fins spéciales.
  • La formule de la Commission de l'enseignement supérieur des Provinces maritimes (CESPM) pour l'allocation de bourses aux universités devrait être remplacée par une nouvelle approche applicable aux universités, aux collèges et aux polytechniques.
  • L'engagement du gouvernement envers un plan de financement d'une durée de trois ans (pluriannuel) devrait trouver sa réciprocité du côté institutionnel. L'engagement des établissements publics en matière de droits de scolarité devrait lui aussi être pluriannuel.

Recherche et développement

  • Le Nouveau-Brunswick doit élargir sa capacité en matière d'études de deuxième et troisième cycles et de recherche, en mettant l'accent sur les domaines revêtant une importance particulière pour la province. Les efforts devraient être concentrés sur la University of New Brunswick et l'Université de Moncton.
  • Le Nouveau-Brunswick devrait développer une stratégie de recherche qui détermine et appuie les domaines actuellement et potentiellement importants pour la province.
  • Le Nouveau-Brunswick devrait adopter une politique consistant à accorder des subventions d'un montant équivalant à celui des bourses de recherche dans les domaines prioritaires pour la province et offrir une aide pour les coûts indirects liés à la recherche.

La Commission a élaboré ses recommandations à la suite d'une tournée de consultations à laquelle des centaines de Néo-Brunswickois ont assisté, incluant de nombreuses présentations réalisées par des groupes et des individus. La Commission a également participé à plus de 50 réunions avec des intervenants et a examiné plus de 100 mémoires qui lui avaient été envoyés.

« Comme nous l'avons mentionné dans le rapport, nous croyons fermement que les Néo-Brunswickois ont besoin et veulent avancer dans cette direction, a indiqué M. Miner. Nous voulons remercier, pour leur précieuse collaboration, tous ceux qui ont participé à l'élaboration de notre rapport final et au travail de la Commission, du personnel de soutien à notre comité consultatif, sans oublier les nombreux intervenants qui nous ont fait part de leur vision pour l'avenir du système d'éducation postsecondaire du Nouveau-Brunswick, spécialement les étudiants de la province, dont la contribution a été inestimable. Nous vous encourageons maintenant tous à lire le rapport en entier. Il s'agit d'un document complexe comportant diverses interrelations. Il est important de consacrer du temps à la compréhension des dynamiques et de la pertinence des enjeux soulevés. »

Ce rapport se trouve sur le site Web de la Commission, à l'adresse : http://www.gnb.ca/CPSE-CEPS/FR/index.html ou à http://www.gnb.ca/cnb/promos/cpse/index-f.asp.

2007-09-14

PERSONNE-RESSOURCE : Diane Gauthier, communications, Commission sur l'éducation postsecondaire du Nouveau-Brunswick, 506-440-8120 (cell.) ou 506-444-2088.

2007-09-14