Commission des droits de la personne du Nouveau-Brunswick

Journée internationale contre l'homophobie et la transphobie (10/05/14)

NB 735

le 14 mai 2010

FREDERICTON (CNB) - Le message suivant est émis par le président de la Commission des droits de la personne du Nouveau-Brunswick, Randy Dickinson.

Le lundi 17 mai est la Journée internationale contre l'homophobie et la transphobie. Cette journée a été célébrée pour la première fois en 2005 pour donner suite à la journée nationale lancée au Québec en 2003. Le terme transphobie désigne la crainte ou une attitude négative à l'égard des personnes transgenres, transsexuelles ou intersexes.

Au Canada, le thème de cette année est L'homophobie dans le monde du sport. Il s'agit d'un thème très pertinent, car l'automne dernier, la Commission des droits de la personne du Nouveau-Brunswick a présenté son prix annuel des droits de la personne à l'équipe féminine de hockey Lady Thunder, de la Woodstock High School, pour l'appui qu'elle a manifesté à l'égard de certaines joueuses victimes d'injures en raison de leur orientation sexuelle. Cette équipe n'a pas laissé le silence marquer son acceptation que l'homophobie était inévitable dans les sports. En partenariat avec l'alliance gai-hétéro de leur école, les membres de l'équipe ont porté des épinglettes contre l'homophobie et elles ont obtenu le soutien des autres équipes de hockey.

Malheureusement, l'intimidation et les injures des homophobes ne surviennent pas seulement dans le monde du sport. Selon des statistiques publiées en mars 2009 par Égale Canada, les trois quarts des jeunes de minorités sexuelles (lesbiennes, gais, bisexuels, transgenres / bi-spirituels, en questionnement / queer) dans les écoles secondaires du Canada ne se sentent pas en sécurité à l'école, en comparaison avec seulement un cinquième des élèves hétérosexuels. De plus, un quart des élèves de minorités sexuelles avaient déserté l'école pour des raisons de sécurité, en comparaison avec seulement un dixième des élèves hétérosexuels. Les statistiques sont encore plus mauvaises quand on considère les élèves transgenres en particulier. D'ailleurs, la moitié des élèves de minorités sexuelles subissent des injures chaque jour à l'école secondaire.

D'autres chercheurs ont signalé des taux beaucoup plus élevés de suicide, d'itinérance, de décrochage scolaire et de toxicomanie chez les jeunes de minorités sexuelles.

C'est une question qui relève des droits de la personne.

D'après la jurisprudence en matière des droits de la personne, les écoles ont l'obligation juridique de prendre toutes les mesures raisonnables nécessaires, mais sans contrainte excessive, pour fournir un milieu scolaire positif aux élèves lesbiennes, gais, bisexuels, transgenres, bi-spirituels, intersexes et hétérosexuels. Cela signifie un milieu exempt de discrimination, de harcèlement et d'intimidation. Les exigences en matière de droits de la personne sont strictes, et elles s'appliquent à chaque aspect du système d'éducation publique. Les élèves de 16 ans et plus ou les parents peuvent déposer une plainte concernant les droits de la personne si l'école ne fournit pas un milieu scolaire positif en raison, par exemple, de l'intimidation à l'école.

Les éducateurs du Nouveau-Brunswick ont déployé de nombreux efforts pour lutter contre l'intimidation au cours des dernières années. Le problème de l'intimidation a été traité dans une politique ministérielle, dans le Code provincial de vie des élèves et dans le code de vie de chaque école. Le syndicat des enseignants a également été actif à cet égard. Pourtant, le problème est loin d'être résolu. Que pourrait-on faire d'autre?

L'une des approches les plus prometteuses est la création d'une alliance gai-hétéro (AGH) qui fournit un lieu sûr d'entraide où les élèves des écoles secondaires peuvent travailler ensemble à créer un milieu scolaire positif pour les élèves de minorités sexuelles et discuter d'enjeux qui les touchent. Une dizaine d'AGH du Nouveau-Brunswick participeront à une conférence cette fin de semaine.

Ces initiatives sont importantes et favorablement accueillies, mais l'élimination de l'homophobie dans les sports et à l'école nécessitera les efforts soutenus des officiels, des parents, des enseignants et des entraîneurs dans toutes les régions du Nouveau-Brunswick.

C'est pourquoi j'encourage toutes les Néo-Brunswickoises et tous les Néo-Brunswickois à appuyer la Journée internationale contre l'homophobie et la transphobie. Je les incite aussi à lutter contre l'homophobie, peu importe où elle se manifestera durant l'année. Notre travail se poursuivra tant qu'il y aura des jeunes qui ont peur d'aller à l'école ou de participer à un sport.

2010-05-14

PERSONNE-RESSOURCE : Francis Young, agent des droits de la personne, Commission des droits de la personne du Nouveau-Brunswick, 1-888-471-2233.

2010-05-14