Bureau de l'ombudsman / Défenseur des enfants et de la jeunesse

Rapport sur le bien-être des enfants des Premières nations rendu public (10/02/24)

NB 282

le 24 février 2010

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(Multimédia)

FREDERICTON (CNB) - L'ombudsman et défenseur des enfants et de la jeunesse, Bernard Richard, a rendu public, aujourd'hui, un rapport intitulé Main dans la main : Le bien-être à l'enfance des Premières nations du Nouveau-Brunswick.

Dans son rapport, M. Richard recommande des changements radicaux au système de bien-être de l'enfance pour les Premières nations, en réduisant de 11 à trois le nombre d'agences.

M. Richard demande aussi la mise en place d'un Bureau des services à l'enfant et à la famille des Premières nations unique qui fournirait des fonctions administratives et financières aux trois agences. De plus, il formule des recommandations relativement au financement, à la gouvernance, aux normes de prestations de services, à la formation et à la responsabilité.

Mon objectif consistait à recommander des changements qui réduiraient le chevauchement des tâches administratives accomplies dans chaque collectivité dans le but de maximiser les services de travail social de première ligne, a mentionné M. Richard. À mon avis, il est nécessaire de maintenir et d'augmenter, dans chaque collectivité, le nombre de travailleurs sociaux qui offrent des services adaptés à la culture et de leur donner accès aux mêmes ressources utilisées par les travailleurs sociaux dans le reste de la province. 

Dans son rapport, M. Richard étudie aussi en profondeur les problèmes bien enracinés touchant les collectivités des Premières nations tels la pauvreté, les pharmacodépendances, la violence familiale, et l'érosion des cultures et des langues malécite et micmaque.

Il était essentiel d'examiner les conditions sociales, économiques et culturelles sous-jacentes pour ce rapport, a fait remarquer M. Richard. La simple mise en place d'un meilleur système de bien-être de l'enfance ne serait pas suffisante pour réellement créer des chances égales pour les enfants des Premières nations. Pour qu'un réel changement se produise, nous devons examiner les déterminants du bien-être de l'enfance et nous concentrer sur des solutions centrées sur la prévention. 

Le rapport sera disponible en ligne. Pour en obtenir un exemplaire sur papier, composez le 1-888-465-1100 ou envoyez un courriel à nbombud@gnb.ca.

2010-02-24

NOTE DE LA RÉDACTION : Un document d'information relatif au rapport Main dans la main : Le bien-être à l'enfance des Premières nations du Nouveau-Brunswick suit. PERSONNE-RESSOURCE : Bernard Richard, Bureau de l'ombudsman et du défenseur des enfants et de la jeunesse, 506-453-2789, nbombud@gnb.ca.

Document d'information

Main dans la main : Le bien-être à l'enfance des Premières nations du Nouveau-Brunswick

En mai 2009, le ministre du Développement social a demandé au défenseur des enfants et de la jeunesse d'examiner, en vue de formuler des recommandations, les services de bien-être à l'enfance offerts dans les 15 communautés des Premières nations du Nouveau-Brunswick.

L'ombudsman et défenseur des enfants et de la jeunesse, Bernard Richard, a effectué de nombreuses consultations et a préparé un rapport afin de présenter les préoccupations exprimées par les jeunes des Premières nations, par leurs familles, par leurs dirigeants communautaires et par leurs fournisseurs de services.

Les nombreuses recommandations du rapport visent toutes les administrations, que ce soient le gouvernement fédéral, le gouvernement provincial ou les conseils des Premières nations. De plus, le rapport demande que tous les Néo-Brunswickois, faisant partie ou non des Premières nations, travaillent ensemble afin d'assurer des chances égales pour tous.

La première partie du rapport met l'accent sur la prestation des services de bien-être à l'enfance dans les communautés des Premières nations. M. Richard recommande de rationaliser la prestation de services, de réduire le nombre d'agences de 11 à trois, et d'établir un seul bureau des services à l'enfant et à la famille dans les Premières nations qui offrirait des ressources financières et administratives ainsi que des services spécialisés de bien-être à l'enfance.

Selon M. Richard, il faut garder et renforcer les points forts du modèle actuel de prestation de services (comme les programmes Bon départ pour les jeunes enfants, la prestation de services communautaires, le travail social auprès de la famille de l'enfant et de sa communauté, et l'offre active dans la pratique de services respectant la culture de l'enfant).

M. Richard recommande que l'entière réforme du processus soit guidée par les principes pierres de touche des Premières nations à l'égard du bien-être de l'enfance, c'est-à-dire l'autodétermination, la non-discrimination, les interventions holistiques et systématiques ainsi que le respect de la culture et de la langue.

Le ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien (AINC) s'est engagé à adopter un modèle de prestation de services plus axé sur la prévention, mais il faudra davantage de financement des AINC et d'autres organismes fédéraux pour la réussite du modèle axé sur la prévention.

M. Richard souligne que le gouvernement provincial doit aussi appuyer la prestation de services en partageant ses outils de gestion des données et des cas; en appuyant la mise en oeuvre et la maintenance des services de paie et des systèmes d'information au nouveau Bureau des services à l'enfant et à la famille des Premières nations et à ses agences; et en aidant les bureaux régionaux du ministère du Développement social et les agences des Premières nations à travailler en collaboration, à participer ensemble à des activités de formation et à profiter de nouvelles initiatives comme la conférence des familles.

D'après M. Richard, les chefs et les conseils devront accomplir collectivement la tâche de diriger le Bureau des services à l'enfant et à la famille des Premières nations et ses agences en continuant et en améliorant les investissements dans leurs propres communautés pour s'assurer que les enfants viennent en premier.

Outre cette réforme de la prestation de services, le défenseur des enfants et de la jeunesse, dans son rapport, exige la prise de mesures audacieuses pour s'attaquer aux causes fondamentales des préjudices subis par les enfants des Premières nations.

La seconde partie analyse la situation des enfants dans les communautés des Premières nations. M. Richard remarque que les enfants, dans ces communautés, ont six fois plus de risques d'être retirés de leur foyer et placés dans des foyers d'accueil, quatre à cinq fois plus de risques de devenir de jeunes contrevenants et sont plus à risques pour des problèmes de santé comme l'obésité et les troubles du spectre de l'alcoolisation ftale. De plus, M. Richard souligne que les langues malécite et micmaque sont en train de disparaître et peuvent ne pas survivre à la prochaine génération si l'on ne prend pas des mesures immédiates pour prévenir cette extinction.

M. Richard invite tous les Néo-Brunswickois et tous les ordres de gouvernement à adopter de nouvelles façons d'aborder l'habitation, la création d'emplois, le développement économique, la surveillance et le traitement des toxicomanies ainsi que l'application des lois.

De plus, ajoute-t-il, il est essentiel de faire de nouveaux investissements dans le développement des jeunes enfants, dans les sports et loisirs pour les jeunes ainsi que dans la protection et la promotion de la culture et de la langue, afin de favoriser la résilience et une forte identité en plus de renforcer le sentiment d'appartenance à la famille et à la communauté chez les enfants des Premières nations.

Quand tous les Néo-Brunswickois travailleront ensemble à la réalisation de cet objectif, nous pourrons progresser rapidement et devenir des exemples vivants de l'égalité des chances , a affirmé M. Richard.

2010-02-24