Mieux-être, Culture et Sport

Article de fond no 2 - Semaine du patrimoine 2010 (10/01/29)

NB 120

le 29 janvier 2010

NOTE DE LA RÉDACTION : Le texte suivant est le deuxième d'une série de huit articles préparés à l'occasion de la Semaine du patrimoine, qui se déroulera du 8 au 15 février. Intitulée Pleins feux sur le patrimoine, la série se veut une réflexion sur les gens, les lieux et les collections issus du passé du Nouveau-Brunswick. Cet article a été rédigé par David Frank de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Nouveau-Brunswick et membre de l'équipe de recherche pour le projet Histoire du travail au Nouveau-Brunswick. Pour obtenir de plus amples renseignements sur les activités qui sont prévues dans l'ensemble de la province dans le cadre de la Semaine du patrimoine, visitez le site Web de la Semaine du patrimoine 2010.

Mise sur pied de la centrale syndicale

Lorsque les travailleurs du Nouveau-Brunswick ont établi une fédération provinciale en 1913, ils étaient parmi les premiers à le faire au Canada. La Colombie-Britannique et l'Alberta avaient établi la leur en 1910 et 1912, mais de nombreuses années se sont écoulées avant que la plupart des autres provinces décident d'emboîter le pas.

Les syndicats représentent généralement les travailleurs dans leur profession et leur lieu de travail, mais les fédérations provinciales ont un but différent : elles représentent les intérêts communs de tous les travailleurs d'une région géographique particulière. Leur importance découle du fait qu'au Canada, les lois relatives au travail et à l'emploi relèvent des gouvernements provinciaux.

Les débuts de la Fédération des travailleurs du Nouveau-Brunswick ont été modestes. La réunion de fondation, tenue à Saint John en 1913, ne regroupait que 20 délégués. Un an plus tard, le nombre total de membres s'élevait à moins de 2000 travailleurs. La Fédération, aussi appelée « centrale syndicale », a gagné en importance, et, en 1919, l'effectif était passé à 7000 travailleurs. Le premier président a été James L. Sugrue, un jeune charpentier de Saint John, suivi en 1918 de Célime A. Melanson, un Acadien qui travaillait comme machiniste ferroviaire à Moncton.

La Fédération a connu son premier grand succès lorsqu'elle a aidé à convaincre le gouvernement provincial, en 1918, de moderniser la Loi sur les accidents du travail. Au cours des années qui ont suivi, la Fédération a exercé des pressions pour obtenir des manuels scolaires gratuits, des allocations maternelles, une pension de vieillesse, un taux de salaire minimum, des soins de santé publics et un salaire égal pour un travail égal. Elle a aussi fait campagne pour les droits à la négociation collective, qui font maintenant partie intégrante du processus de négociation collective.

La participation à la centrale syndicale n'a pas toujours été forte, mais à la fin de la Grande Crise, les travailleurs du Nouveau-Brunswick ont appuyé la formation de syndicats plus solides dans le but d'atteindre une plus grande sécurité financière. Après la Seconde Guerre mondiale, l'effectif de la Fédération a grossi rapidement, atteignant plus de 30 000 membres à la fin des années 1960. Les employés des syndicats du secteur public adhéraient alors à la centrale syndicale en grands nombres, ce qui a contribué à sa croissance.

Les travailleurs acadiens étaient sous-représentés pendant les premières années. Cependant, leur effectif s'est renforcé lorsque les syndicats sont devenus plus actifs dans les régions francophones de la province, en particulier dans les mines et les usines du nord du Nouveau-Brunswick. En 1981, la Fédération a modifié son acte constitutif pour adopter le bilinguisme en tant que politique officielle; elle a été l'un des premiers organismes majeurs à le faire dans la province.

Il y avait très peu de femmes parmi les délégués avant les années 1950. Dans les années 1980, cependant, elles comptaient pour plus de 25 pour cent des délégués, la plupart étant élues dans les lieux de travail à forte prédominance féminine. En 1980, la Fédération a créé un comité distinct sur la condition féminine afin de défendre les intérêts des travailleuses dans la province. La fédération a adopté un nouveau nom en français, qui était représentatif à la fois des travailleurs et des travailleuses.

De nos jours, en plus d'exercer des pressions dans le but d'améliorer les lois relatives au travail, la Fédération aide les syndicats à sensibiliser et à informer leurs membres. Elle tient des ateliers sur la sécurité au travail, la formation en cours d'emploi, les soins de santé, l'équité salariale et d'autres questions d'ordre social et économique. Chaque année, la Fédération remet le Prix de solidarité à un élève ou à un étudiant ayant soumis un texte, un poème ou une œuvre d'art décrivant l'importance des syndicats dans la société.

L'économie provinciale demeure à l'avant-plan des préoccupations de la Fédération. Lorsqu'une usine ou un autre employeur majeur ferme ses portes, les répercussions se font sentir dans toute la collectivité. La Fédération attire alors l'attention sur les droits des travailleurs, et elle demande un soutien pour les employeurs qui offrent un bon salaire et qui entretiennent de bonnes relations de travail. Comme l'a dit M. Sugrue, la Fédération espère à long terme améliorer les conditions au point où les travailleurs d'ici n'auront plus à partir dans l'Ouest à la recherche de meilleurs salaires et de journées de travail plus courtes.

Le président actuel de la Fédération des travailleurs et des travailleuses du Nouveau-Brunswick, Michel Boudreau, demeure optimiste à l'égard de l'avenir de la centrale syndicale. Au congrès de juin 2009, les délégués représentaient près de 40 000 travailleurs, soit l'un des effectifs les plus élevés de l'histoire de la Fédération. Ils comptaient parmi eux des douzaines de nouveaux délégués du plus récent membre de la Fédération, le Syndicat des employé(e)s des secteurs public et privé du Nouveau-Brunswick.

Un groupe du Syndicat des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick, dont l'histoire remonte aux années 1910, a pris part également à l'assemblée. Le groupe a été favorablement impressionné par la centrale syndicale, et lorsqu'il a tenu son propre congrès en octobre, les membres ont voté pour l'adhésion à la Fédération.

Le monde du travail a beaucoup évolué au cours du siècle dernier, mais les travailleurs continuent à rechercher une représentation par l'intermédiaire de leur syndicat et de la Fédération. Cela fait près d'un siècle maintenant que la centrale syndicale aide les travailleurs et les syndicats à améliorer les conditions et à faire entendre leur voix.

Pour obtenir des renseignements sur l'histoire de la Fédération des travailleurs et des travailleuses du Nouveau-Brunswick et sur d'autres aspects de l'histoire du travail dans la province, visitez le site Web du projet Histoire du travail au Nouveau-Brunswick.

2010-01-29

PERSONNES-RESSOURCES : Elizabeth Joubert, communications, ministère du Mieux-être, de la Culture et du Sport, 506-457-6445; Carol Ferguson, projet Histoire du travail au Nouveau-Brunswick, 506-453-4599.

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