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Le Nouveau-Brunswick à l'aube d'un nouveau siècle


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VI. QUESTIONS DE POLITIQUES PUBLIQUES

Pour bien s'acquitter de la tâche, la Fonction publique [du Canada] doit être en mesure de prévoir les questions émergentes qui revêtiront de l'importance pour notre pays, questions qui auront des répercussions sur la société canadienne dans les années à venir. Voilà qui n'est pas facile, car nous savons tous que la résolution des problèmes immédiats détournera notre attention de ceux qui s'avéreront plus importants à long terme. Toutefois, si nous ne nous donnons pas la peine de cerner les tendances et les enjeux futurs au sein de la société canadienne, si nous ne prenons pas le temps de les analyser, alors, en tant que fonctionnaires, nous ne soutenons pas le gouvernement aussi bien que nous le pourrions ou devrions le faire. Comme nous avons tous une charge de travail supérieure à ce que nous pouvons accomplir dans une journée, il nous est difficile de consacrer du temps à des questions susceptibles d'affecter notre société d'ici quelques années. Il n'en demeure pas moins que c'est la seule manière de donner à l'élaboration des politiques le rôle qui lui revient, c'est-à-dire celui d'infléchir la marche des événements à venir.

Renforcer la capacité d'élaborer les politiques,
Centre canadien de gestion

Le gouvernement se doit de comprendre la démographie, et de prévoir les tendances démographiques, pour être en mesure de déterminer avec précision le genre de services qui seront requis dans l'avenir et le nombre de personnes qui y auront recours. Il ne fait aucun doute que le fait de savoir comment la population sera répartie à l'an 2000 est une considération importante non seulement pour les concepteurs de politiques publiques, mais également pour bon nombre de professionnels. Par exemple, les professeurs d'université qui doivent établir des prévisions fiables s'ils veulent les partager avec leurs collègues dans le reste du pays et à l'étranger, les urbanistes urbains et les fonctionnaires municipaux qui veulent estimer combien de personnes habiteront dans les diverses cités, villes et villages dans les années à venir, les commerçants qui doivent connaître des renseignements au sujet de la composition des ménages afin de cibler leurs produits, les administrateurs scolaires qui doivent prévoir le nombre d'élèves auxquels ils doivent s'attendre à long terme, les directeurs d'hôpitaux qui doivent connaître la répartition éventuelle de la population ainsi que le profil d'âge des patients qui seront admis dans les hôpitaux au cours de la prochaine décennie et au-delà, sans compter, comme on le mentionnait ci-dessus, les fonctionnaires qui ont besoin de prévisions fiables pour leur permettre d'élaborer et d'adopter les programmes futurs.

Ce sont les divers ministères du gouvernement provincial qui ont préparé les diverses questions de politiques mentionnées dans la présente section. Ces questions ont donné lieu à beaucoup de travail d'enquête et d'analyse. En effet, les divers ministères ont dû concevoir le lien qui existe entre les tendances et prévisions démographiques probables (telles que définies par l'Agence de la statistique du Nouveau-Brunswick) et les principales questions touchant les divers ministères. Ces derniers sont parvenus à déterminer les répercussions potentielles de ces tendances grâce à une compréhension globale des prévisions démographiques pour l'avenir.

Les prévisions démographiques utilisées dans le présent document ont été préparées par l'Agence de la statistique du Nouveau-Brunswick à partir de certaines hypothèses, comme l'espérance de vie, le taux de natalité et la migration. En raison de la difficulté de prévoir les composantes des changements démographiques, particulièrement en ce qui a trait à la migration interprovinciale, les prévisions s'étendent sur une période de 15 ans, jusqu'à 2009. Néanmoins, dans certains cas, notre analyse va beaucoup plus loin.

Nous espérons que l'information fournie dans le présent document de travail permettra au gouvernement et au public de mieux gérer et de mieux composer avec l'avenir, de mÍme que de réagir de faàon proactive aux forces démographiques.

A. Santé et services sociaux

La santé n'est pas l'absence de maladies. C'est la capacité pour une personne, un groupe et l'environnement d'interagir entre eux d'une manière qui favorise le mieux-ìtre subjectif et permet aux gens de composer avec, de s'adapter à ou influer sur les pressions de la vie quotidienne. Ceci englobe le développement et l'utilisation optimale des habiletés, que ce soit sur les plans physique, social ou mental. La santé n'est pas qu'une question physique. En effet, être en santé c'est disposer des ressources nécessaires pour composer avec les défis de l'existence pendant tout le cycle de vie.

Question no 1 : Utilisation des services de santé et de soutien par les personnes âgées de 85 ans et plus

Au cours de la période allant de 1994 à 2009, l'ensemble de la population devrait s'accroître d'environ 5 p. 100, tandis que la population âgée de 85 ans et plus devrait augmenter d'environ 71 p. 100. Ce phénomène aura sans doute des répercussions sur la demande et l'utilisation des services officiels de soins de santé et de soutien, comme les hôpitaux et les foyers de soins. Il faudra donc compter davantage sur les services rendus par la communauté ainsi que ceux fournis par les hôpitaux extra-muraux, les aides familiales ainsi que les organismes qui livrent des repas à domicile aux personnes âgées. Il faudra pouvoir compter sur un plus grand nombre de services, qu'ils soient privés ou publics.

En outre, la recherche a démontré que les personnes âgées de 85 ans et plus ont tendance à utiliser plus de ressources de soins de santé que les autres segments de la population. Selon la facturation à l'acte à l'Assurance-maladie au cours de l'année financière 1994-1995, les personnes âgées de 85 ans et plus ont reçu 22,6 services médicaux par personne comparativement à 16,2 pour les personnes âgées de 65 ans et plus, et 7,4 pour l'ensemble de la population.

Le coût de l'assurance-maladie par personne pour ces services médicaux a été beaucoup plus élevé pour les personnes âgées de 85 ans et plus (477 $) que pour l'ensemble de la population (211 $), mais seulement un peu plus élevé que le coût pour les personnes âgées de 65 ans et plus (463 $). Par conséquent, la pression pour trouver de nouvelles solutions à la prestation des soins de santé aux personnes âgées augmentera en même temps que le vieillissement de la population.

Question no 2 : Profil démographique relativement aux cas d'assistance sociale

Le volume et la structure d'âge des cas d'assistance sociale ne relèvent pas d'un facteur unique, mais plutôt d'un ensemble de facteurs, notamment l'évolution démographique, la scolarité, la composition des ménages et la disponibilité de l'emploi.

Prés de la moitié des sa d`assistance sociale se retrouvent dans la catégorie d`âge de 16 à 34 ans. Ces jeunes adultes sont surrepresentés par rapport au volume total de cas et sont plus susceptibles de toucher du soutien du revenu aujourd'hui qu'en 1986. Comme les personnes nées pendant les meilleures années de la génération du baby-boom ont maintenant vieilli, le groupe d'âge de 35 à 54 ans a augmenté sa part du volume de cas d'assistance sociale. Ce groupe d'âge est actuellement sousreprésenté par rapport au volume total de cas et est moins susceptible de recevoir de l'assistance en 1995 que ce n'était le cas en 1986. Les clients du groupe d'âge de 55 à 64 ans sont nés pendant les années 30, une époque où le taux de natalité était plus faible en raison de la Grande Dépression et de la proximité de la Deuxième Guerre mondiale. En 1986, ce groupe d'âge était surreprésenté par rapport au volume total de cas. En 1995, il ne l'est plus, ce qui correspond à l'adoption d'initiatives qui visaient à aider spécifiquement ce groupe d'âge.

L'incidence à la hausse de la jeune clientèle devrait nous inquiéter, car ce sont là les futurs consommateurs et contribuables du Nouveau-Brunswick. Il s'agit du groupe d'âge qui a traditionnellement stimulé les marchés de consommation au fur et mesure de son arrivée sur le marché du travail et de la formation des nouveaux ménages, en raison de l'achat de leur première maison et de leur première automobile, de même que des gros appareils électroménagers comme les laveuses et les sécheuses, et la venue des enfants. Ces jeunes travailleurs joueront également un rôle de plus en plus important comme contribuables, au fur et à mesure que la génération du baby-boom vieillira et aura besoin de plus de soins de santé et d'autres services sociaux.

En 1995, plus de 70 p. 100 des bénéficiaires de l'assistance sociale ont déclaré qu'ils ne possédaient pas de diplôme d'études secondaires. Seulement 23 p. 100 des bénéficiaires adultes possédaient un tel diplôme, comparativement à 60 p. 100 des Néo-Brunswickois adultes. Seulement 3 p. 100 des cas étaient titulaires d'un diplôme technique ou d'un diplôme universitaire, ce qui semble indiquer que les études postsecondaires augmentent les chances d'autonomie. Il ne fait aucun doute que la clé de l'autonomie, ce sont la scolarité et la formation. L'absence d'éducation de base n'est pas nécessairement synonyme de dépendance à l'égard de l'assistance sociale, mais il s'agit sans aucun doute d'un premier obstacle à l'autonomie pour la plupart des clients de l'assistance sociale.

 

B. Éducation

Dans notre société actuelle, l'éducation se doit de socialiser nos citoyens, pour faire en sorte qu'ils atteignent les niveaux jugés nécessaires, économiquement, culturellement et socialement, pour assurer notre prospérité collective. Aujourd'hui au Nouveau-Brunswick, nous croyons que notre secteur de l'éducation peut préparer des jeunes, hommes et femmes, qui seront productifs, adaptables, innovateurs et capables de s'intégrer à la société. En outre, le monde change à un rythme de plus en plus rapide, ce qui peut influer également sur les caractéristiques et les habiletés requises pour assurer notre prospérité future, et nous espérons que notre système d'éducation pourra réagir à temps. Mais qu'arrive-t-il lorsque la composition de notre société change? Nous sommes actuellement témoins du vieillissement de notre population, un fait sans précédent dans l'histoire du Canada. Qu'est-ce que ce phénomène, de même que les changements démographiques qui l'accompagnent, peut représenter pour notre système d'éducation?

Question 3 : Inscription à la baisse dans notre système d'écoles publiques

La population du Nouveau Brunswick ,gÈe de 5 ¦ 19 ans a chutÈ de 34 p. 100 en 1971 ¦ 22 p. 100 en 1993 (ou de 37 311 ÈlËves), et elle pourrait continuer de baisser jusqu'¦ 19 p. 100 d'ici 2001. Le faible taux de natalitÈ et la migration de beaucoup de jeunes familles vers d'autres provinces sont responsables de la diminution du groupe des enfants et des jeunes. De façon générale, une baisse de 30 élèves correspond à la réduction d'un poste d'enseignement.

Question 4 : Variations régionales dans les tendances au chapitre des inscriptions

Tous les districts scolaires sauf un ont connu une diminution des inscriptions, bien que certains districts aient connu des changements plus importants que d'autres. Par exemple, le district 14 (Campbellton/Dalhousie - anglophone) a chuté à 55 p. 100 de son taux d'inscriptions de 1974, tandis que le district 06 (Rothesay/Hampton - anglophone) est le seul qui ait connu une croissance continue, soit 160 p. 100 de son taux d'inscriptions de 1974.

 Selon les normes internationales, le Canada prépare les citoyens et les travailleurs parmi les mieux formés au monde, bien capables de réussir dans une société et une économie post-industrielles.

John Kettle,Future Letter,novembre 1993


La variation de district à district au chapitre des inscriptions reflète les comportements migratoires en grande partie reliés aux facteurs économiques et sociaux.

Question 5 : Structure des inscriptions par niveau scolaire

Dans l'ensemble, le changement net entre 1984 et 1994 a été négligeable, car on a constaté de faibles augmentations au début des années 90. Les inscriptions à la maternelle ont augmenté grâce à l'arrivée de 10 000 élèves en 1991. Les inscriptions à l'élémentaire et au secondaire premier cycle ont baissé d'environ 1,6 p. 100 à 1,7 p. 100 par année, tandis que les inscriptions au deuxième cycle du secondaire sont demeurées relativement stables.

 Nous ne devons pas oublier que, depuis les années 70, nous connaissons d'importantes diminutions d'effectif scolaire au Nouveau-Brunswick. Au cours des trois dernières années seulement, nous avons perdu plus de 4 800 élèves : c'est-à-dire l'équivalent de toute la population étudiante du district 12. Et nous prévoyons que ces diminutions se poursuivront.

James Lockyer,ministre de l'Éducation,22 février 1996


Cette stabilité est attribuable aux effets mixtes des exigences d'entrée rigoureuses au niveau postsecondaire, au manque de débouchés d'emploi pour les jeunes, à la flexibilité que permet le système semestriel et à la grande diversité des programmes et services de rétention scolaire visant à garder les jeunes à l'école jusqu'à l'obtention du diplôme.

Question 6 : Personnel enseignant vieillissant

Jusqu'en 1994, l'âge moyen des éducateurs du Nouveau-Brunswick était de 42,7 ans, et la moitié était âgée de plus de 44 ans. Au cours des dix prochaines années, près de 3 400 éducateurs deviendront admissibles à la retraite. De plus, étant donné que les administrateurs tendent à être plus âgés (moyenne d'âge de 46 ans) et à avoir plus d'expérience, le taux de départ à la retraite sera même supérieur chez les directeurs d'écoles, les directeurs adjoints, les superviseurs et les coordonnateurs.

Néanmoins, les répercussions du vieillissement du personnel enseignant sur le système d'éducation dépendront de l'équilibre entre l'augmentation de la demande de personnel enseignant en raison de l'attrition et le ralentissement de la demande en raison de la baisse des inscriptions et de l'efficacité du système.

Question 7 : Disposition à apprendre

Un certain nombre de facteurs de risque de nature socio-économique peuvent influer sur la capacité d'une personne à réussir à l'école. En effet, certains facteurs reliés au revenu familial, aux attitudes parentales et aux expériences concernant l'éducation, la composition de la famille et la santé peuvent influer sur l'apprentissage.

Néanmoins, il ne semble pas que des améliorations importantes quant au niveau de pauvreté chez les jeunes soient imminentes, car le nombre de parents seuls est à la hausse. Dans le passé, ce genre de facteur a généralement exercé une pression à la baisse sur l'aptitude des jeunes à l'apprentissage. Ainsi, on peut s'attendre à une augmentation de la demande en matière de ressources et de programmes pour favoriser l'apprentissage, notamment des programmes d'alimentation pour répondre aux besoins nutritifs des jeunes, des programmes et des politiques en matière de discipline et de comportement étudiant, de même que des services de counseling pour aider à résoudre les problèmes personnels et familiaux.

 Cependent, dans le monde dans lequel nous vivons, la pauvreté, les mauvais traitements et la privation constituent trop souvent, pour un grand nombre d'enfants, l'environnement dans lequel ils et elles grandissent. Pour ces enfants, le milieu de l'école devient plein d'ambiguïtes.

L'école à l'aube de 21e siècle,Rapport de la Commission sur l'excellence en éducation

Question 8 : Répartition du personnel enseignant selon le sexe

En 1993, 64 p. 100 de tous les éducateurs étaient des femmes. Néanmoins, la plupart des postes administratifs dans le système d'éducation étaient tenus par des hommes. En 1993, 74 p. 100 des directeurs d'école et 68 p. 100 des directeurs adjoints étaient des hommes.

L'inégalité entre les sexes est également évidente chez le personnel enseignant en fonction des divers niveaux et des diverses matières. Près de 90 p. 100 des enseignants à l'élémentaire sont des femmes, comparativement à juste un peu plus de 40 p. 100 au niveau secondaire. En mathématiques et en sciences au secondaire, la majorité des enseignants sont des hommes.

 

 Aucune personne responsable ne prétendrait ni ne tolérerait que l'on licencie de façon globale les directeurs d'écoles afin de faire de la place pour un plus grand nombre de femmes. Nous ne cherchons pas non plus à défendre un système de quota pour le recrutement ou la promotion. Mais nous croyons que dans un bassin d'employés constitué principalement de femmes nous devrions nous attendre à trouver plus de femmes que d'hommes qui sont prêts à remplir des rôles de leadership.

Éditorial,Telegraph Journal,20 mars 1996


Il en résulte que les étudiants n'ont pas l'impression d'être éduqués dans un milieu d'apprentissage qui favorise l'égalité des chances pour les deux sexes. De plus, un déséquilibre provient de la domination du personnel enseignant par les femmes, ce qui entraîne généralement un manque de modèles masculins dans le système, particulièrement au niveau élémentaire.

Question 9 : Augmentation des inscriptions universitaires

Le nombre de jeunes d`âge universitaire (groupe d`âge de 18 à 24 ans) a diminué constamment au Nouveau-Brunswick, passant d'un sommet de presque 98 000 en 1980 à un creux de 82 200 en 1994. Néanmoins, pendant cette mÍme période, les inscriptions à temps plein ont continué d'augmenter, passant d'environ 11 000 en 1980 à près de 19 000 en 1994. En réalité, les augmentations au chapitre des inscriptions dans les 10 dernières années correspondent à une nouvelle université qui serait de la taille de l'Université du Nouveau-Brunswick.

Au cours de la prochaine décennie, les institutions postsecondaires devront continuer de modifier leurs méthodes de recrutement et leurs modèles de prestation afin de maintenir un nombre d'étudiants suffisant pour assurer la croissance et le développement continu à l'intérieur de leurs murs. Ceci pourrait se traduire par la consécration de plus d'efforts à l'apprentissage continu et non traditionnel.

Question 10 : Inscriptions à temps plein au premier cycle selon la discipline dominante et le sexe

Au cours de la période de 1984 à 1994, les inscriptions à temps plein au premier cycle dans les universités du Nouveau-Brunswick ont augmenté de 30 p. 100. Au cours de cette période de 10 ans, l'inscription des femmes a connu une augmentation de 50 p. 100 et celle des hommes une baisse de 20 p. 100. Ainsi, les femmes comptent maintenant pour 50 p. 100 de toutes les inscriptions dans une université.

Certains éléments sont évidents: le rythme du changement ne ralentira pas, le genre de compétences requises dans le milieu de travail changera, et la concurrence internationale continuera d'augmenter.
James G. Frank
V.-p. et économiste
en chef, Conference
Board du Canada


Néanmoins, le nombre croissant de femmes inscrites dans certains programmes traditionnellement masculins n'est pas considérable. Par exemple, les inscriptions de femmes en génie et en sciences appliquées représentent moins de 20 p. 100 de toutes les inscriptions dans ces programmes. En outre, les inscriptions en mathématiques et en sciences physiques ont baissé de 15 p. 100 depuis 1984, la participation des femmes ayant baissé davantage que celle des hommes. Les hommes représentent 75 p. 100 de toutes les inscriptions à ces programmes. La participation des femmes continue d'être dominante dans les domaines comme les sciences infirmières, les programmes de beaux-arts et d'arts appliqués ainsi que l'éducation.

Question 11: Niveau de scolarité des adultes au Nouveau-Brunswick

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Il y a eu une baisse importante du nombre d'adultes au Nouveau Brunswick possédant moins qu'une neuvième année, soit de 34 p. 100 en 1976 à 20 p. 100 en 1991. De la même façon, on a connu des gains importants dans la poursuite des études postsecondaires et l'achèvement des études universitaires : soit de 26 p. 100 à 40 p. 100 des adultes au Nouveau-Brunswick pendant la même période de 15 ans.

Les diplômés universitaires touchent le revenu annuel moyen le plus élevé. En 1993, le revenu moyen d'un titulaire de diplôme universitaire se chiffrait à 36 733 $. Les travailleurs qui ont terminé leur secondaire et fait des études postsecondaires avaient un revenu annuel moyen d'environ 19 926 $. Ceux qui avaient terminé au moins la huitième année recevaient en moyenne 14 892 $.

L'analyse intitulée Débouchés d'emploi pour les diplômés du secondaire arrive à la conclusion que le diplôme d'études secondaires est presque aussi utile qu'un crachoir. L'analyse souligne que les travailleurs ne possédant qu'un diplôme d'études secondaires gagnent moins qu'il y a peine 15 ans. Et ce, à la condition de trouver un emploi.
Ken MacQueen,
Telegraph Journal,
12 septembre 1995


La population du Nouveau-Brunswick s'oriente de plus en plus vers l'apprentissage pratique, soit un apprentissage qui permet d'acquérir des aptitudes pratiques et d'améliorer les possibilités d'emploi. Ceci touche bien des questions d'intérêt pour la clientèle. La première a trait à l'accessibilité au genre d'expérience d'éducation souhaitée (c.-à-d. suivre des cours du soir accessibles en dehors des heures normales, en dehors du cadre habituel, avec diverses options quant au mode de prestation, y compris les cours à distance). D'autres questions ont trait à la transférabilité des crédits d'apprentissage d'une institution à une autre, sans compter la nécessité grandissante d'adopter des méthodes d'accréditation bien articulées (y compris l'accréditation en fonction d'une série d'études selon la description qu'en fait le Rapport sur l'excellence en éducation intitulé Vivre et apprendre, 1993).

Question 12 : Répartition selon l'âge des étudiants du CCNB

Bien que la majoritédes adultes soit aujourd'hui ,gée entre 25 et 54 ans, la majorité des étudiants inscrits à des programmes à temps plein dans les collèges communautaires du Nouveau-Brunswick est ,gée de moins de 35 ans. En outre, la répartition en fonction de l'âge pour les programmes les plus longs (20 semaines ou plus) indiquent une forte concentration de jeunes étudiants, bien que la répartition en fonction de l'âge pour les étudiants inscrits aux programmes plus courts (durée allant jusqu'à 19 semaines) soit comparable à celle de la population adulte du Nouveau-Brunswick.

Dans un monde en évolution rapide où les adultes qui travaillent doivent être capables d'apprendre de nouvelles habiletés et de s'adapter au changement, l'apprentissage continu deviendra l'une des principales stratégies pour s'ajuster au marché du travail. Ainsi, bien que les collèges communautaires continuent d'offrir des programmes d'un an ou deux pour préparer des jeunes adultes au milieu du travail, on insistera davantage sur la formation de personnes qui sont déjà en milieu de travail et qui sont beaucoup plus âgées que les récents diplômés du secondaire.

 

C. Habitation

Les membres de la génération du baby-boom ont eu une influence marquante sur notre économie et sur notre société à chacune des étapes de leur cycle de vie. On peut affirmer sans présomption qu'ils continueront d'exercer une telle influence pendant toutes les années qu'il leur reste à vivre. Au cours de la période de 20 ans entre 1971 et 1991, l'augmentation considérable relativement au taux de formation des ménages et, par conséquent, à la demande d'habitations est attribuable en grande partie à la maturation de la génération du baby-boom. En 1971, les membres de cette génération étaient âgés de 5 à 24 ans. En 1991, ils constituaient le groupe d'âge de 25 à 44 ans, cette période de la vie où la plupart des gens quittent le foyer familial et se marient ou vivent dans d'autres formes de ménage, ayant bien souvent des enfants, et, dans certains cas, divorcent et forment des ménages additionnels. Au cours de cette période de 20 ans, le nombre total de ménages au Nouveau-Brunswick a augmenté de 61 p. 100. En 1991, 45 p. 100 de tous les ménages étaient dirigés par un membre du groupe d'âge des 25 à 44 ans.

Le secteur de l'habitation a été particulièrement touché par l'effet d'entraînement de la faible croissance de l'emploi. Comme les jeunes trouvent très difficile de trouver un emploi à temps plein, bon nombre ont décidé de vivre chez leurs parents et la demande est très faible pour les unités d'habitation de premier niveau.
Nicholas Chamie,
Conference Board du Canada

Question 13 : Abordabilité du logement - personnes âgées et familles monoparentales

Les ménages dont le revenu est de faible à moyen paient plus de 30 p. 100 du revenu total du ménage pour l'habitation, ce qui est considéré comme un problème d'abordabilité de l'habitation. Plus de 9 500 ménages se retrouvaient dans cette situation en 1991, dont près de 6 700 étaient des femmes. De plus, près de 9 000 de ces ménages sont dirigés par des parents seuls connaissant également des problèmes d'abordabilité de l'habitation en 1991. En fait, près de 8 000 de ces ménages consacraient plus de 40 p. 100 du revenu du ménage à l'habitation.

Étant donné que le nombre de ménages constitués de personnes âgées et de familles monoparentales devrait augmenter au cours des 15 prochaines années, il faudra continuer d'étudier la question de l'abordabilité pour ce genre de ménages.

Question 14 : Inégalité potentielle entre la demande et l'offre d'unités possédées

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Le nombre de personnes ,gées propriétaires devrait augmenter au cours des 15 prochaines années. Un nombre croissant de ces personnes ,gées vivront seules, bon nombre étant des femmes. D'autre part, on peut s'attendre une diminution de la taille du ménage moyen, en raison de la baisse du taux de natalité, du taux de nuptialité et de l'augmentation du taux de divortialité. Par conséquent, un déséquilibre potentiel pourrait se produire sur le marché immobilier entre le genre d'unité mis en vente et le genre et le coût des unités que demandent l'ensemble des acheteurs potentiels, c.-à-d. ceux qui sont âgés de 25 à 44 ans.

Le groupe dominant du baby-boom atteindra l'âge de 34 ans en 1994. C'est l'âge moyen où les Canadiens achètent des maisons... de sorte que vous verrez les prix chuter peu après 1995. Votre maison ne constituera plus le grand investissement qu'elle représentait pour vos parents, car vous n'avez pas quatre enfants pour faire augmenter sa valeur.
David Foot,
Let Us Now Appraise Famous Trends


Cette situation pourrait mener à des problèmes d'abordabilité pour les personnes âgées qui considéraient leur unité d'habitation à titre de propriétaire occupant comme un investissement et qui pourraient dépendre de sa vente éventuelle comme source de revenu de retraite.

 

D. Population active et emploi

L'analyse qui suit porte sur divers aspects démographiques de la population active susceptibles d'avoir des répercussions sur notre avenir économique. Bien que la participation à la population active ne soit pas le seul facteur qui contribue à la prospérité économique d'une société, il s'agit d'un facteur clé qui mérite une sérieuse considération.

Question 15 : Vieillissement de la population active

Il y a un nombre élevé de personnes faisant partie des groupes âgés (55 ans et plus) et un nombre modéré de personnes faisant partie de la cohorte des jeunes qui ne font pas partie de la population active. Si cette tendance se maintenait, nous aurions une population en âge de travailler vieillissante, dont un nombre relativement peu élevé de jeunes contribueraient activement à l'économie de la province. En l'an 2009, un adulte sur trois en âge de travailler sera âgé de 55 ans et plus. En outre, selon les chiffres actuels quant à l'espérance de vie, les hommes vivront 25 ans au-delà de cette limite d'âge (55 ans devenant effectivement l'âge de la retraite anticipée pour bon nombre d'entre eux). Les femmes devraient vivre 35 ans ou plus au-delà de cette limite d'âge.

Ainsi, deux conséquences sérieuses se profilent à l'horizon. L'une d'elle est le fardeau financier que représente la population vieillissante et la retraite. En effet, un pesant fardeau reposera sur les travailleurs adultes de l'avenir dont les dollars fiscaux devront contribuer soutenir une population ,gée de plus en plus nombreuse et vivant de plus en plus longtemps. Deuxièmement, il faudra assurer la concurrence de notre économie malgré une population active vieillissante. En résumé, nous arrivons à une époque où une économie axée sur la technologie pourrait exiger une certaine forme de créativité et de souplesse que seule une population active plus jeune peut offrir.

Question 16 : Les déséquilibres chez les jeunes et les femmes

La participation des femmes à la population active est généralement de beaucoup inférieure à celle des hommes : actuellement, elle est de 51,5 p. 100 par rapport à 67 p. 100 pour les hommes. Bien que la participation des femmes ait augmenté régulièrement depuis les années 60, elle est restée relativement stable au cours des 8 dernières années au Nouveau-Brunswick, et cette croissance n'a pas encore repris depuis la récession de 1991. Les répercussions sont telles que les femmes seront plus désavantagées financièrement dans leurs vieux jours, particulièrement du fait qu'elles tendent à assumer les responsabilités de l'éducation des enfants, de la famille et du soin des personnes âgées (ainsi, elles ont tendance à quitter le marché du travail plus tôt que prévu).

De plus, entre 1990 et 1991 (à l'aube de la récession de 1991) les jeunes cohortes (catégorie d'âge de 10 à 24 ans) ont chuté en moyenne de 4,6 p. 100, soit un déclin deux fois plus prononcé que pour tout autre groupe. Pendant ce temps, le chômage a augmenté en flèche, de 3,5 p. 100 à 20,9 p. 100, soit un fort contraste par rapport au taux de chômage de la province, qui était de 12,8 p. 100 cette année-là. Enfin, près de la moitié (50,6 p. 100) des Néo-Brunswickois âgés de 20 à 24 ans étaient en chômage. Pour sa part, la cohorte de jeunes femmes n'a pas connu de reprise depuis 1991.

Bon nombre craignent que de longues périodes d'emploi non régulier et le caractère intermittent de la participation au marché du travail compromettent l'attachement à long terme de ce très important groupe d'âge au monde du travail. La capacité de gagner de cette cohorte n'atteindra peut-être jamais son plein potentiel, et l'économie en souffrira, menaçant ainsi la capacité de soutenir une population vieillissante de plus en plus dépendante.

Question 17: ChÙmage chez les autochtones

Les autochtones atteignent un niveau de scolarité de plus en plus élevé. La scolarité postsecondaire chez la population autochtone adulte correspond à celle de la population totale. La seule différence importante se situe dans la catégorie d' un diplôme ou plus , puisque seulement 4 p. 100 de la population autochtone se situe dans cette catégorie, comparativement à 8 p. 100 pour l'ensemble de la population.

D'autre part, le taux de chômage chez les autochtones était deux fois plus élevé que le taux de chômage pour l'ensemble de la population, soit 33 p. 100 par rapport à 15 p. 100. En outre, le taux de participation à la population active chez les autochtones était beaucoup plus faible que celui de l'ensemble de la population, ce qui semble indiquer que le niveau réel de chômage parmi les autochtones est encore plus élevé.

À moins de progrès importants quant à l'obtention d'un emploi, le taux de chômage chez les autochtones augmentera de façon significative, car les jeunes autochtones mieux éduqués font leur entrée dans la population active en plus grand nombre.

 

E. Services gouvernementaux

Les ressources humaines sont l'une des principales ressources d'une organisation, car sans elles les autres ressources disponibles (financières, informatives, matérielles) ne peuvent ìtre exploitées efficacement pour atteindre les objectifs de l'organisation. Les changements démographiques auront des répercussions importantes sur les politiques gouvernementales, l'orientation stratéque et les services dispensés par le gouvernement.

Question 18 : Renouvellement de la fonction publique

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Dans le cas de la population active du Nouveau-Brunswick, 46 p. 100 de tous les participants sont âgés de moins de 35 ans. Dans la Partie 1 de la fonction publique du Nouveau-Brunswick, néanmoins, seulement 19 p. 100 des employés sont âgés de moins de 35 ans. De plus, il s'agit de seulement 8,3 p. 100 des employés âgés de moins de 30 ans.

Parmi les groupes d'employés de la Partie I (19 p. 100), une proportion importante sera déjà à la retraite dans 10 ans, c'est-à-dire qu'ils prendront sans doute leur retraite avant l'an 2005. En outre, d'ici l'an 2010 (d'ici 15 ans), 38 p. 100 de ces groupes d'employés auront sans doute pris leur retraite. Bon nombre d'entre eux font partie des catégories des cadres supérieurs ou intermédiaires, et possèdent un grand bagage d'expérience etde connaissances.

Un certain nombre de réalités démographiques, sociales et économiques laissent croire que les politiques et les programmes de ressources humaines, de même que les systèmes d'indemnisation des employés, seront sans doute appelés à être améliorés ou à être transformés de façon à jouer un rôle efficace dans une organisation qui pourrait connaître des changementsimportants dans un proche avenir.

 

F. Les enfants et la jeunesse

Les enfants (0 à 14ans) constituent 18,8 p. 100 de la population totale du Nouveau-Brunswick, qui s'élève à 760 500 personnes. Comparativement, les jeunes (15 à 24 ans) constituent près de 15 p. 100 de la population totale de la province. Ce pourcentage est à la baisse par rapport à d'autres groupes d'âge. Ce phénomène est attribuable au taux de fécondité à la baisse, ainsi qu'à la migration nette négative dans le groupe des jeunes.

Question 19 : Facteurs socio-démographiques touchant les enfants

Au cours des 15 prochaines années, la population générale devrait augmenter d'environ 5 p. 100 (de 759 300 personnes en 1994 à 795 300 en 2009), tandis que la population des moins de 15 ans devrait baisser de 14 p. 100 (de 150 200 en 1994 à 128 700 en 2009).

En 1993, 76,6 p. 100 des mères seules au Nouveau-Brunswick étaient classées parmi les pauvres, ce qui pourrait mettre à risque la croissance et le développement sain de 15 000 enfants. De plus, 15 mille autres enfants pourraient être à risque en raison du faible revenu de leur famille biparentale dans la province.

Bien que la proportion d'enfants soit plus faible dans la province, un certain nombre de facteurs socio-économiques pourraient mettre encore plus d'enfants à risque dans leur développement. Compte tenu de facteurs comme l'augmentation du taux de divortialité, les familles de petits salariés ou monoparentales principalement dirigées par des femmes, compte tenu aussi de l'incertitude de l'emploi, les futurs parents d'enfants (0 à 14 ans) pourraient continuer de devoir lutter pour le développement et la socialisation de leurs enfants. Par conséquent, ces enfants auront besoin de services.

Les enfants de parents divorcés ont quatre fois plus de risque de divorcer que les enfants de couples intacts.
William Mattox,
v.-p du Family Research Council

Question 20 : Nos enfants, le renforcement de notre potentiel humain

La population générale devrait augmenter d'environ 5 p. 100 au cours des 15 prochaines années, c'est-à-dire que la population des enfants (0 à 14 ans) devrait chuter de 150 200 en 1994 à 128 700 en 2009. Cette réduction de la catégorie des enfants laisse supposer de profonds besoins pour assurer que chaque enfant, dans les limites de ses capacités, aura la chance et le soutien nécessaires pour développer les attributs nécessaires lui permettant de contribuer au mieux-être social et économique de la province. Par conséquent, il est essentiel que tous les enfants reçoivent les soins appropriés, qu'ils soient entourés et qu'ils obtiennent une éducation qui leur permettra de se développer au maximum.

Question 21 : Migration interprovinciale des jeunes

Depuis 1985, la migration nette des jeunes âgés de 15 à 24 ans a été négative. En outre, parmi l'ensemble de la population âgée de 1 à plus de 90 ans, le plus grand nombre de personnes quittant la province dans une année donnée sont les jeunes âgés de 15 à 24 ans.

Le facteur qui a sans doute influé le plus sur le départ des jeunes de la province est la perception que les chances d'emploi sont meilleures dans d'autres provinces. Si cette tendance n'est pas renversée, nous aurons une population en âge de travailler comportant moins de jeunes contribuant activement à l'économie de la province que ce qui avait été prévu.

 

G. Femmes

Deux tendances démographiques mentionnées à plusieurs reprises dans le présent document sont l'augmentation du nombre de personnes âgées et l'augmentation du nombre de familles monoparentales. Les femmes l'emportent nettement sur les hommes dans les deux groupes. Ces deux questions sont reliées, en bonne partie, au manque de revenu suffisant.

Dans un rapport réalisé en 1995 par le Conseil national du Bien-être, les divers types de familles ont été classés par ordre de risque de pauvreté. Les mères célibataires, les femmes âgées de 65 ans et plus vivant seules et les femmes de moins de 65 ans vivant seules étaient les groupes venant aux trois premiers rangs de cette liste, suivis des hommes de moins de 65 ans vivant seuls, les hommes de plus de 60 ans vivant seuls, et enfin des couples. Les types de familles les plus susceptibles d'être pauvres sont également les types de familles où l'on prévoit une croissance du nombre des membres.

Question 22 : Taux de participation des femmes à la population active du Nouveau-Brunswick

La participation accrue des femmes à la population active rémunérée a constitué un changement sociétal important au cours des 25 dernières années. Ce changement rapide signifie que bien des femmes qui travaillent maintenant auront été surprises par cette transition sans avoir suffisamment de temps et d'argent pour prévoir leur retraite. L'information qui suit sur les taux de participation et les gains des Néo-Brunswickoises travaillant à temps plein à longueur d'année sert de base à la discussion des questions économiques qui se présentent pour toutes les femmes.

graph


Le graphique ci-dessus illustre la montée en flèche de la participation des femmes âgées de 25 à 54 ans à la population active. Le taux de participation des femmes âgées de 55 à 64 ans est resté au faible niveau de 27 p. 100 au cours de cette période de 18 ans comparativement à l'augmentation du taux de participation du groupe d'âge plus jeune. Néanmoins, le taux de participation de ce groupe d'âge de 55 à 64 ans en 1995 indique une augmentation qui est passée à 29 p. 100.

Le tableau ci-dessous compare les taux de participation des femmes et des hommes par groupe d',ge pour l'année 1995. Comme on peut le constater, le taux des femmes continue d'ìtre plus faible que celui des hommes, particulièrement dans les catégories de 45 à 64 ans.

Taux de participation
Groupe d',ge Hommes Femmes
15-19 45,6 43,2
20-24 75,4 70,4
25-34 85,5 74,5
35-44 85,6 72,0
45-54 81,4 65,2
55-64 49,8 29,2

Question 23 : Taux de rendement de la participation des femmes à la population active

Bien que le nombre de femmes faisant partie de la population active avait augmenté considérablement au cours des 25dernières années, les femmes continuent de gagner en moyenne beaucoup moins que les hommes.

Graph


Les gains moyens des femmes du Nouveau-Brunswick travaillant à temps plein à longueur d'année sont indiqués sous forme de pourcentage par rapport aux gains moyens des hommes du Nouveau-Brunswick travaillant à temps plein à longueur d'année. En 22 ans, on n'a constaté aucun changement important. En 1971, les femmes gagnaient en moyenne 62 cents pour chaque dollar gagné par les hommes. En 1994, elles gagnaient 64 cents.

En 1995, le salaire moyen des femmes travaillant dans la fonction publique se situait ¦ 87 p. 100 du salaire des hommes (35 387 $ comparativement ¦ 40 626 $). En 1993, les femmes gagnaient 84 p. 100 du salaire des hommes.
Fiche de rapport de 1996 sur la condition de la femme au Nouveau-Brunswick,
Conseil consultatif sur la condition de la femme.


Bien que l'écart salarial ne se soit pas rétréci dans la région Atlantique, c'est ce qui s'est néanmoins produit dans d'autres parties du pays. En 1971 au Canada, les femmes travaillant temps plein longueur d'année gagnaient en moyenne 59,7 p. 100 du salaire des hommes. En 1994, les Canadiennes gagnaient en moyenne 70,0 p. 100 du salaire des hommes.

Hommes Femmes
Ontario 43 777 Ontario 30 482
Columbie-Britannique 42 830 Columbie-Britannique 29 788
Alberta 39 315 Alberta 27 071
Québec 38 201 Québec 26 734
Terre-Neuve 37 343 Nouvelle-cosse 26 313
Nouveau-Brunswick 37 052 Terre-Neuve 25 673
Nouvelle-cosse 36 210 Manitoba 25 278
Saskatchewan 34 682 .Î.P.È 24 143
Manitoba 34 317 Saskatchewan 24 046
Î.P.È 31 164 Nouveau-Brunswick 23 671


Le salaire moyen des femmes du Nouveau-Brunswick travaillant à temps plein à longueur d'année est de 23 671 $, le plus bas de toutes les provinces. Pour leur part, les hommes du Nouveau-Brunswick se situaient au cinquième rang dans la liste des salaires moyens.

 

H. Personnes âgées

La population âgée au Nouveau-Brunswick devrait augmenter de façon considérable. Cette augmentation en flèche de la population âgée au Nouveau-Brunswick sera ressentie au-delà de 2009 lorsque la génération du baby-boom atteindra l'âge de la vieillesse (généralement entre 2016 et 2036). Les deux principaux facteurs qui ont contribué à cette croissance sont, d'une part, les taux de fécondité continuellement en dessous du niveau de remplacement et, d'autre part, le niveau de plus en plus élevé de l'espérance de vie. En effet, les personnes âgées vivront généralement plus longtemps, et la proportion de personnes âgées dans le groupe d'âge le plus avancé (90 ans et plus) augmentera de façon importante.

Question 24 : Accroissement du groupe d'âge de 65 ans et plus

En 1994, il y avait 93 500 personnes ,gées de 65 ans et plus au Nouveau-Brunswick. Ce nombre devrait atteindre 112 900 d'ici 2009, et 179 300 d'ici 2024. De plus, l'augmentation ne sera pas uniforme entre les divers groupes d'âges ou les deux sexes. Le groupe d'âge de 85 ans et plus représente une augmentation proportionnelle supérieure (plus de 70 p. 100), et une proportion importante de ces personnes âgées seront des femmes, étant donné que l'espérance de vie à la naissance est plus élevée pour les femmes que pour les hommes (81,4 ans par rapport à 74,9 ans).

Le vieillissement s'accompagne souvent d'un plus grand nombre de handicaps et d'une diminution de la mobilité. Parmi le groupe d'âge de 65 ans et plus, les personnes âgées de 85 ans ou plus sont habituellement les plus fragiles, et elles ont par conséquent des besoins importants en ce qui a trait aux services de soins de santé et de soutien social. En outre, 55 p. 100 des personnes âgées de plus 65 ans vivent dans des régions rurales, ce qui fait qu'elles pourraient rencontrer des difficultés en ce qui a trait à l'accès à certains services essentiels.

Question 25 : Personnes âgées vieillissant chez elles

D'ici l'an 2011, on prévoit que le nombre de ménages dirigés par une personne âgée augmentera d'environ 80 000, soit une augmentation de 47 p. 100 par rapport aux niveaux de 1991. Les ménages constitués d'un couple âgé devraient augmenter de 40 p. 100, tandis que les personnes âgées vivant seules ou avec d'autres qui ne sont pas des membres de la famille devraient augmenter de 70 p. 100. De plus, les femmes vivant seules pourraient atteindre les 30 000 d'ici 15 ans. Les ménages de personnes âgées pourraient représenter 30 p. 100 de l'ensemble des ménages.

Toutefois, aucune nouvelle unité d'habitation pour les personnes âgées n'est actuellement offerte ou prévue pour les 15 prochaines années. Par conséquent, il faudra élargir les structures de soutien social formel et renforcer le soutien non officiel au profit de la famille et de la collectivité pour permettre que ces services soient disponibles et permettre ainsi aux personnes âgées de vivre chez elles.

Question 26 : Fournisseurs de soins à plusieurs générations

D'ici l'an 2009, le nombre de personnes âgées de 65 ans et plus augmentera à un rythme beaucoup plus rapide que celui de tout autre groupe. Le groupe des 65 à 74 ans augmentera de 21 p. 100, le groupe des 75 à 84 ans augmentera de 21 p. 100 et le groupe des 85 ans et plus augmentera de 71 p. 100. Par conséquent, le groupe de 75 ans et plus constituera le plus important groupe d'utilisateurs de services.

La véritable pression de cette population vieillissante de plus en plus nombreuse sera vraisemblablement exercée sur les dispensateurs de soins (35 à 64 ans) et les membres de leur famille. Cette pression sociétale augmentera considérablement au cours des 20 prochaines années environ, au moment où la génération du baby-boom entamera sa transition, c'est-à-dire que les membres de cette génération deviendront des personnes ayant besoin de soins plutôt que des personnes dispensant des soins, comme par le passé. Par conséquent, la population de dispensateurs de soins sera beaucoup plus petite pour prendre soin d'une population de personnes âgées beaucoup plus grande. Les répercussions de ce processus inévitable sont importantes pour les femmes, car ce sont elles qui ont traditionnellement dispensé la majorité des soins informels.

 

I. Familles

Les familles époux-épouse continuent de constituer le plus grand nombre (86,5 p. 100) des familles dans la province. Toutefois, le profil de la famille au Nouveau-Brunswick connaît une croissance diversifiée. En effet, la famille nucléaire traditionnelle constituée de l'époux et de l'épouse et d'enfants non encore mariés se transforme en une grande variété de familles diverses. Par exemple, les familles monoparentales, les familles mixtes qui sont le résultat d'un divorce ou, dans certains cas, de personnes veuves avec des enfants non mariés qui se remarient ainsi que la cohabitation sont à la hausse. En outre, on retrouve maintenant une nouvelle famille formée d'un homme et d'une femme sans enfants.

En 1994, on comptait 208 000 familles au Nouveau-Brunswick. On prévoit que d'ici l'an 2016, le nombre de familles dans la province passera à 232 700.

Question 27: Faible fécondité continue

Le taux de fécondité total est le nombre d'enfants moyen auxquels une femme a donné naissance durant sa vie. Un taux de fécondité total de 2,1 est nécessaire pour maintenir le taux de population actuel sans que le facteur d'immigration soit pris en compte. Toutefois, le taux de fécondité actuel au Nouveau-Brunswick se maintient à 1,5.

Les familles monoparentales ont eu moins d'enfants (1,5) que les familles époux-épouse avec des enfants (1,8). De plus, en 1993, selon Statistique Canada, 67 p. 100 des enfants nés au Nouveau-Brunswick venaient de femmes mariées, 31,3 p. 100 de femmes célibataires, 1,5 p. 100 de femmes divorcées et 0,1 p. 100 de femmes veuves.

Les conséquences de la baisse des taux de natalité ne sont pas les mêmes pour les individus que pour la société. Pour les individus, le fait d'avoir moins d'enfants et de retarder le moment d'avoir des enfants peut représenter plus de temps et d'argent à investir dans chaque enfant et dans le développement personnel, de même qu'une possibilité accrue d'atteindre un niveau de vie plus élevé. Mais pour l'ensemble de la société, la baisse des taux de natalité mène à une population vieillissante et à une diminution de la population active. Bien qu'on ne connaisse pas vraiment les répercussions globales de ces changements, il reste qu'une diminution de population entraîne une baisse des recettes fiscales et des paiements de transfert du gouvernement fédéral aux provinces. De plus, l'augmentation de la proportion de personnes âgées augmente la demande de programmes de sécurité du revenu et de soins médicaux.

Les familles deviennent plus fortes, car en cette période d'incertitude sociale et économique, les gens réalisent qu'ils ne peuvent plus vivre seuls.
Rév. Michael Peers,
primat de l'Église anglicane


J. Les personnes handicapées

En 1991 au Nouveau-Brunswick, il y avait environ 69 600 personnes âgées de plus de 15 ans qui déclaraient une invalidité. En résumé, 12 p. 100 de la population du Nouveau-Brunswick âgée de 15 ans et plus a déclaré une déficience limitant leurs activités. Près de 52 p. 100 ont déclaré une déficience légère , 34 p. 100 une déficience modérée et 14 p. 100 une déficience majeure.

Question 28 : Taux de chômage chez les personnes handicapées

Le taux de placement des travailleurs pour les personnes handicapées reste très faible par rapport à l'ensemble de la population. Le taux de chômage au Nouveau-Brunswick se situe à environ 11,5 p. 100 et, au moment du recensement de 1991, le taux de chômage pour les personnes handicapées était de 16 p. 100. Par conséquent, bien des personnes handicapées ont un faible revenu et ont peu de maîtrise sur la situation dans laquelle ils vivent. Il faut donc exploiter ce bassin de main-d'oeuvre sous-utilisée. Ceci contribuerait non seulement à maintenir une assiette fiscale raisonnable lorsque bon nombre des membres de la génération du baby-boom commenceront à prendre leur retraite, mais ceci améliorerait également leur pouvoir d'achat, ce qui pourrait stimuler l'activité économique dans la province.

Question 29 : Scolarité des personnes handicapées

De plus en plus de personnes handicapées se scolarisent grâce à leur entrée dans le système des écoles publiques; néanmoins, elles ne réussissent pas encore à atteindre et à terminer les niveaux d'éducation postsecondaire. Les personnes présentant des déficiences légères ont déclaré les niveaux les plus élevés de scolarité, tandis que les personnes présentant des déficiences modérées et graves avaient le niveau de scolarité le moins élevé; 43 p. 100 ont déclaré n'avoir aucune éducation formelle ou posséder moins d'une neuvième année de scolarité.

Les établissements d'enseignement postsecondaire doivent ìtre incités à offrir un accès réel sans obstacles et des systèmes de soutien pour augmenter le taux de participation des étudiants handicapés. Il y aura un marché plus grand de ce genre d'étudiants ayant besoin de formation et un marché croissant pour placer ces étudiants qualifiés une fois leur formation terminée.

Bien que les attitudes changent, on sous-estime encore aujourd'hui la capacité des personnes handicapées. En effet, beaucoup trop d'attention est accordée aux déficiences de la personne plutôt qu'à ses capacités. Lorsqu'on met l'accent sur la différence entre les personnes handicapées et les autres membres de la collectivité, les résultats sont la stigmatisation, la ségrégation et l'isolement.
Sur la voie de l'intégration,
mai 1993


K. Régions urbaines/rurales

Plus de la moitié de la population de la province (52,3 p. 100) vit dans les régions rurales. Il s'agit d'une proportion très élevée dans un pays où, sur le plan national, seulement 23,4 p. 100 de la population vit en régions rurales. Le recensement de 1991 a signalé que 378 690 personnes vivaient dans des régions rurales au Nouveau-Brunswick comparativement à 345 215 dans les régions urbaines. Le Nouveau-Brunswick est l'une des trois seules provinces où la croissance rurale a dépassé l'expansion urbaine entre 1981 à 1991. De ce fait, la répartition de la population au Nouveau-Brunswick est très éparpillée, puisqu'il y a des gens qui vivent dans des cités, des villes, des villages et des paroisses un peu partout dans la province. L'incidence est très grande sur la prestation des services gouvernementaux.

Question 30 : Types d'établissements et prestation des services dans les régions rurales

Contrairement au reste du Canada, les régions rurales du Nouveau-Brunswick ont connu une croissance plus rapide que les régions urbaines. De la même façon, les régions non constituées ont connu une croissance plus rapide que les régions constituées.

Cette expansion urbaine et la croissance non contrôlée de l'établissement dans les régions rurales ont créé de grandes pressions sur les ressources et l'environnement naturel. En effet, la croissance non planifiée et non réglementée des utilisations résidentielles, commerciales et industrielles a créé des conflits dans les zones non constituées, tout en nuisant à la croissance et à l'assiette fiscale des municipalités, ce qui a entraîné des coûts de plus en plus grands pour les contribuables en ce qui a trait à la prestation des services de base comme les services de police, les services d'incendie, les services ambulanciers, ainsi que les systèmes de canalisation d'eau et d'égouts.

De plus, on prévoit que les personnes qui demeurent dans les régions rurales resteront et vieilliront chez elles dans leur logement existant aussi longtemps que leur santé le leur permettra. Le vieillissement de la population dans les régions rurales exercera une pression additionnelle sur la collectivité et sur d'autres paliers de gouvernement en ce qui a trait à la prestation des services de soutien aux personnes âgées. Ainsi, il s'avérera plus difficile de composer avec le processus de vieillissement dans une région rurale que dans un cadre plus urbanisé.

Le milieu rural occupe toujours une place importante dans le mode de vie des gens de la province. Il a façonné à jamais nos rapports avec la nature. Même si le rythme parfois effréné de la vie moderne favorise la croissance des centres urbains, la plupart des gens ont leur racines à la campagne.
Min. des Ressources naturelles et de l'nergie,
Politique des espèces sauvage pour le Nouveau-Brunswick

Question 31 : Le nouveau visage des municipalités urbaines

Le vieillissement de la population exigera de repenser la prestation des services municipaux ainsi que les besoins d'infrastructures. Entre 1995 et 2011, les membres de la génération du baby-boom qui seront sur le point de prendre leur retraite demanderont des services de qualité qui seront légèrement différents de ceux dont ils avaient besoin dans leur jeunesse et leurs années de maturité.

Par exemple, on peut s'attendre à un changement d'intérìt passant des grandes installations intérieures spécifiques à certains sports vers des activités de plein air et de loisirs à domicile. Une pression sera exercée pour améliorer les systèmes de transport nécessaires en fonction des besoins des personnes ,gées. Des pressions seront également exercées pour le maintien et la protection des espaces verts, des pistes de randonnée et autres au sein de la collectivité ou dans son environnement immédiat. En outre, on exigera des gouvernements municipaux qu'ils améliorent les services de police et de protection contre les incendies, pour qu'ils offrent un éclairage approprié le long des rues ainsi que d'autres services connexes comme de meilleurs services d'enlèvement de la neige et de nettoyage des trottoirs et autres. La demande accrue pour ce genre de services et bien d'autres encore viendra de la génération du baby-boom au fur et à mesure qu'elle se rapprochera de la cohorte des 65 ans et plus.

 

L. Finances personnelles et l'économie

Bien que le Nouveau-Brunswick ait connu plus de succès que toute autre province de l'Atlantique, selon Statistique Canada, les résidents de la province, tout comme les autres Canadiens, ont vu baisser leur revenu familial réel en 1993 par rapport à l'année précédente. Les familles monoparentales (dont près de 90 p. 100 sont dirigées par une femme) ont été les plus durement touchées. Compte tenu de l'inflation, cette tendance à la baisse se poursuit depuis 1990. De plus, le fardeau de la dette des ménages au Canada a augmenté de 82 p. 100 par rapport au revenu net d'impôt en 1992 à un chiffre stupéfiant de 90 p. 100 en 1995. Les répercussions sont graves pour les économies du Canada et du Nouveau-Brunswick.

Compte tenu de la croissance rapide de la population de personnes âgées que l'on prévoit au cours des deux à trois prochaines décennies et compte tenu des questions qui sont soulevées au sujet de la viabilité future des programmes de retraite financés par le gouvernement, l'importance des mesures personnelles que prendront les travailleurs actuels en prévision de leur retraite pourra devenir une question critique. Bien qu'un nombre croissant de Canadiens tirent profit des dégrèvements d'impôt pour faire des économies en prévision de la retraite, il reste une partie importante de la population en général qui n'a pas encore commencé à prendre des mesures financières à cette fin.

Jusqu'à maintenant, l'économie du Nouveau-Brunswick a réussi à se maintenir près du rythme de croissance national. Tout comme l'économie canadienne, celle de la province repose essentiellement sur l'exportation, particulièrement aux États-Unis, qui est la destination de près de deux-tiers de nos expéditions à l'étranger.

Question 32: Faible croissance des salaires, diminution des économies et augmentation de la dette personnelle

L'augmentation des salaires en raison de l'amélioration de l'emploi et des gains dans les conventions collectives sera plus lente qu'au cours des dernières décennies. Le revenu réel des particuliers par personne augmentera sans doute en moyenne de 1,5 p. 100 entre 1995 et 2010, comparativement à plus de 4 p. 100 entre 1960 et 1970 et 2,9 p. 100 pendant les années 80.

Les économies au N.-B. ont totalisé seulement 534 millions de dollars en 1994, soit une chute de 35 p. 100 par rapport à 1993. Les économies ne représentaient même pas 5 p. 100 du revenu disponible, soit le niveau le plus faible enregistré depuis 1980.

Les résidents du Nouveau-Brunswick devaient 4,7 milliards de dollars en 1994. Il s'agit du niveau le plus élevé dans les dernières années, et ceci représentait 90 p. 100 du revenu disponible. Il est donc très difficile pour les consommateurs d'alimenter une croissance économique fragile dans la période post-récessionniste que l'on connaît actuellement.

Question 33 : Source de revenu de retraite

Le revenu moyen des particuliers âgés de 65 ans et plus s'est amélioré considérablement depuis le début des années 70. Néanmoins, il reste toujours bien en deçà des niveaux de revenu dont jouissent les groupes âgés de 25 à 64 ans.

Voici quelques évidences : le rythme du changement est maintenant lent, le genre d'habiletés requises sur le marché du travail est appelé à changer, et la concurrence internationale continuera d'augmenter.
James G. Frank,
v.-p. et économiste en chef,
Conference Board du Canada


Les retraités actuels dépendent considérablement des régimes administrés et financés par le gouvernement comme source de revenu. Près de 38 p. 100 de l'ensemble du revenu touché par les personnes âgées au Nouveau-Brunswick provient de prestations en vertu des programmes de SV/SRG, et 18 p. 100 des prestations du RPC. D'autres régimes de pension comptent pour 22 p. 100 et le reste vient d'autres sources. Cette dépendance est beaucoup plus grande chez les personnes âgées ayant un faible revenu. Près de trois quarts de tout le revenu reçu par les personnes âgées au Canada touchant un revenu de moins de 20 000 $ en 1993 provenait des programmes de SV/SRG et du RPC. Ce dernier a rapidement connu une popularité accrue. En 1993, 77 p. 100 de toutes les personnes âgées de la province touchaient des prestations versées en vertu du RPC, soit une augmentation par rapport à 47 p. 100 dix ans plus tôt.

Les femmes sont particulièrement vulnérables car, lorsqu'elles atteignent l'âge de la retraite, elles ont accès à un revenu inférieur à celui des hommes. Bien des femmes dans le passé n'exerçaient pas une carrière professionnelle rémunérée, et celles qui en exerçaient une avaient plutôt des salaires faibles, ce qui fait qu'elles toucheront des prestations de retraite plutôt faibles au moment de la retraite. Par conséquent, comme la plupart des femmes vivent en moyenne plus longtemps que les hommes et sont plus susceptibles de vivre seules pour une période de temps prolongée, elles sont également plus susceptibles d'avoir de la difficulté à faire face aux coûts pour les besoins de base (habitation, services à domicile, transport, ordonnances ou autres). Il en résulte bien souvent une dépendance beaucoup plus grande pour satisfaire les besoins de base.

Question 34 : Considérations relativement la pension de retraite

On estime environ à 115 000 le nombre de personnes inscrites à des régimes de pension dans la province, soit une augmentation de seulement 6 p. 100 depuis 1984. Pendant cette même période, l'emploi a augmenté de 20 p. 100, ce qui veut dire que la protection des travailleurs en matière de pension a effectivement baissé en termes relatifs (tout comme sur le plan national) à environ 21 p. 100 de l'emploi total. Près de 55 p. 100 des personnes inscrites sont employées dans le secteur public.

La participation aux Régimes enregistrés d'épargne retraite a augmenté considérablement, faisant plus que doubler au cours des 10 dernières années pour atteindre 98 000 en 1994. En 1993, 163 000 résidents du Nouveau-Brunswick ont touché des crédits d'impôt pour leur contribution à un régime de pension enregistré et/ou à un REER. Ceci se compare à un total de 341 000 personnes qui ont touché un revenu d'emploi cette année-là. Le taux de participation dans la province à ce genre de régime d'économie est d'environ 82 p. 100 de la moyenne nationale.

La proportion de déclarants qui font une contribution à un RPA ou à un REER augmente en fonction du revenu. La participation est à peu près nulle chez les gagne-petit, tandis que plus de 75 p. 100 de toutes les déclarations provinciales de plus de 100 000 $ en revenu font état d'un investissement dans un REER.

Il existe également une variation considérable dans le degré et la composition de la planification de la retraite en fonction de la profession. Presque 54 p. 100 de tous les déclarants sont classés comme des employés. Parmi les employés du gouvernement, le taux de participation à des régimes de pensions est élevé (74 p. 100), puis viennent les institutions (51 p. 100). Le taux de participation à un REER a été encouragé en raison des changements fiscaux en 1991, et 31 p. 100 des employés du gouvernement se sont prévalus d'un crédit d'impôt en 1992 en raison de leur contribution à un REER. Seulement 19 p. 100 des employés des entreprises étaient couverts par un RPA, et seulement 27 p. 100 ont participé à un REER. Pour les autres professions, la participation au RPC est élevée chez plusieurs d'entre elles (les travailleurs autonomes, les agriculteurs, les pêcheurs et les propriétaires d'entreprises), mais les RPA étaient presque inexistants dans cette catégorie. Un peu plus de la moitié de tous les déclarants autonomes ont contribué à un REER.

Parmi les divers groupes d'âge, la participation à des économies de retraite était un peu plus élevée dans la catégorie d'âge des 45 à 54 ans par rapport à l'ensemble de la population. Ceci peut être relié tant au niveau du revenu qu'à l'approche de l'âge de la retraite. Les taux de participation présentent une courbe à la baisse dans les deux sens.

Il est par conséquent évident que bon nombre de Néo-Brunswickois et de Néo-Brunswickoises prennent des mesures en vue de leur retraite prochaine. Il est également évident que bon nombre ne le font pas, que ce soit en raison d'un manque de revenu ou dans l'espoir que les régimes gouvernementaux seront suffisants.

Question 35 : Croissance économique faible mais stable

Au Nouveau-Brunswick, la croissance réelle de l'économie sera plus faible que pour l'ensemble du Canada, mais la demande plus forte pour les aliments, les produits forestiers, les minerais et les produits manufacturés connexes, de même que les télécommunications et les services commerciaux mèneront l'économie. La contribution globale du secteur public à l'économie est appelée à ralentir compte tenu de la rationalisation gouvernementale et de la réduction des paiements de transfert du gouvernement fédéral. L'accroissement démographique sera plus faible au cours des deux prochaines décennies, mais des progrès devraient se poursuivre pour réduire le taux de chômage au niveau national.

La croissance réelle de l'économie du Nouveau-Brunswick devrait atteindre une moyenne de 2,5 p. 100 par année jusqu'à la fin du siècle. Ce taux de croissance devrait ralentir à 2,0 p. 100 par année au cours de la période allant de l'an 2000 à l'an 2010.

Le Nouveau-Brunswick continue d'exploiter son image favorable à l'entreprise et, au cours de la dernière année, a réussi à connaître plus de succès dans le domaine de la haute technologie.
Linda Nazareth,
économiste régionale
à la CIBC


Il est intéressant de noter les changements qui se sont produits dans le monde de l'emploi dans divers secteurs, particulièrement en ce qui a trait à l'économie rurale. Par exemple, en 1911, le principal employeur au Nouveau-Brunswick était le secteur agricole, secteur qui employait 38,3 p. 100 de la population active. Les pêches et la forêt procuraient de l'emploi à 6,0 p. 100 de la population active. En 1991, l'emploi dans le secteur de l'agriculture ne représentait plus que 2,1 p. 100 de la population active, tandis que ceux des secteurs des pêches et de la foresterie ont connu une baisse moins considérable pour se situer à 3,2 p. 100 de la population active. Par contre, le secteur des services a connu une hausse de 45,7 p. 100 au cours de la période allant de 1976 à 1995.

 

M. Loisirs et vacances

Les membres de la génération du baby-boom ont eu une influence importante sur notre économie et sur notre société à chacune des étapes de leur cycle de vie. On peut affirmer sans présomption qu'ils continueront d'exercer ce genre d'influence pendant le reste de leur vie. En 1971, cette génération se situait entre les âges de 5 et 24 ans; en 1991, elle avait atteint la catégorie d'âge de 25 à 44 ans et, en l'an 2011, la majorité des membres de cette génération seront âgés de 45 à 64 ans. Les préférences et les attentes des membres de cette génération continueront de dominer la demande globale des services dans le domaine des vacances, des sports, des loisirs et des activités culturelles.

D'ici l'an 2041, les personnes âgées de plus de 55 ans jouiront de 45 p. 100 de tout le temps de loisir au pays, temps qu'ils consacreront à des organisations (comme les églises et les oeuvres de charité), les activités mondaines, les activités sportives, les passe-temps et les communications (comme la rédaction de lettres et le téléphone), la télévision et la radio, ainsi que la lecture.
John Kettle,
Future Letter,
juin 1995


La prestation des services sera sans doute appelée à changer, passant de la satisfaction des besoins et désirs des jeunes et des jeunes adultes à une considération plus importante accordée aux besoins des personnes âgées.

Question 36 : Changement de la demande au profit des services culturels, sportifs, récréationnels et de vacances

.

Les personnes âgées préfèrent les activités individuelles, non structurées et moins exigeantes physiquement que du temps de leur jeunesse. Compte tenu du vieillissement prévu de la population au fur et à mesure que la génération du baby-boom constituera le groupe d'âge de 45 à 64 ans, la croissance des taux de participation à diverses activités changera en fonction de l'intérêt de cette population vieillissante. L'intérêt pour les activités culturelles, comme la visite des musées, des galeries d'art, le théâtre de participation, y compris la comédie musicale et les pièces, le ballet, les concerts symphoniques, tendent à augmenter avec l'âge. À titre de coïncidence, l'écotourisme est l'une des industries dont la croissance est la plus rapide dans les années 90. Le Nouveau-Brunswick est bien placé pour satisfaire cette demande.

Les domaines d'activités pour lesquelles ces changements démographiques pourraient entraîner une baisse d'intérêt sont les concerts de musique rock, le cinéma et les activités sportives comme le ski alpin, le football, le base-ball, le karaté et autres. De plus, en raison des perspectives économiques incertaines pour les jeunes ménages, ces derniers risquent de connaître des pressions accrues sur leur revenu disponible, ce qui par conséquent les obligera à être plus sélectifs dans leurs choix en matière de loisirs et de vacances. Ceci pourrait entraîner des choix qui ressemblent à ceux de leurs aînés, soit des choix moins coûteux, plus écologiques, moins axés sur la consommation et n'exigeant pas d'engager beaucoup de ressources pour participer.

 

N. Justice

Les Néo-Brunswickois recherchent un environnement qui leur offre protection et sécurité, et où le crime est absent. S'ils sont personnellement accusés d'un crime, condamnés pour un crime, victimes d'un crime, eux-mêmes, leurs amis ou les membres de leur famille, ils veulent un traitement équitable. Le système doit être accessible, capable de satisfaire nos besoins et de refléter la composition évolutive de la société du Nouveau-Brunswick.

Question 37 : L'impact du profil démographique sur le taux de criminalité

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Il y a eu 51 691actes criminels au Nouveau Brunswick (6 808 par 100 000) et 2 632 830 au Canada (9 002 par 100 000) en 1994. Le taux de criminalité est plus faible au Nouveau Brunswick que dans le reste du Canada, et il augmente au fur et à mesure que l'on se déplace vers l'ouest et vers le nord du Canada. Les statistiques judiciaires au Nouveau-Brunswick démontrent que près de 3 p. 100 de notre population en 1993-1994 (44 964 adultes et 2 824 jeunes) a été accusée d'infraction au Code criminel, et un autre 3 p. 100 a été accusée d'infraction aux lois provinciales.

Les Canadiens ne sont pas conscients que la menace de crime réel au Canada est moindre que dans le reste du monde.
Professeur Elliot Leyton,
University Memorial


La plupart des crimes sont commis par des jeunes adultes (18 à 34ans) et par des jeunes contrevenants âgés de 16 et 17 ans. Par conséquent, on s'attendrait à ce qu'une baisse du nombre de personnes faisant partie du groupe d'âge où le crime est le plus élevé amènerait une baisse du taux de criminalité, mais les données ne corroborent pas cette hypothèse. Bien souvent, les facteurs économiques et les changements en matière de politique sociale l'emportent sur les changements démographiques. L'instabilité de l'unité familiale, le manque de sécurité du revenu ainsi que la plus grande rareté de l'emploi sont des facteurs qui peuvent augmenter la perte d'intérêt chez nos jeunes et augmenter le taux de participation aux activités criminelles.

Question 38 : L'impact de l'âge sur la nature des crimes commis

Les genres de crimes varient selon le groupe d'âge. Les jeunes adultes (18 à 24 ans) représentaient 18 p. 100 de la population en 1992, mais ils étaient responsables de près du double du pourcentage des actes violents. Les adultes (25 à 34 ans) représentent 17,4 p. 100 de la population, bien qu'ils soient responsables de près de trois fois plus d'actes violents. Ainsi, les auteurs d'infractions âgés de 18 à 34 ans étaient responsables de près de la moitié des crimes violents et des délits contre les biens. Au fur et à mesure que les adultes prennent de la maturité (35 à 44 ans), leur participation au crime est davantage comparable à cette proportion de la population.

La diminution des groupes d'âge de jeunes au cours de la dernière décennie pourrait expliquer la baisse récente au chapitre des délits contre les biens au Canada et au Nouveau-Brunswick. Les vols de véhicules à moteur sont plus souvent commis par de jeunes hommes, la diminution du groupe d'âge de 15 à 34 ans pouvant mener à une baisse comparable dans cette sous-catégorie de délits contre les biens. Toutefois, l'augmentation des crimes violents constitue une préoccupation, étant donné qu'ils se produisent davantage dans le groupe d'âge plus âgé et que la taille de ce groupe d'âge devrait augmenter.

Les crimes de survie commis par les pauvres, de même que l'augmentation des fraudes, des fraudes fiscales, de la contrebande et du trafic de stupéfiants devrait augmenter. De plus, la plupart des territoires au Canada s'attendent à des augmentations du crime parmi les cols blancs et des crimes technologiques dans l'avenir.

Question 39 : Le profil démographique des accusés ou auteurs d'une infraction

Près de 75 p. 100 des jeunes contrevenants viennent d'une famille dont l'un des parents est alcoolique. Plus de 75 p. 100 ont démontré une faible estime de soiet 67 p. 100 avaient été victimes d'abus (physique et sexuel) dans leur enfance. La majorité avait des problèmes psychologiques, présentaient un retard scolaire de deux ans, et 17 p. 100 avaient fait l'objet d'un diagnostic de difficultés d'apprentissage. De plus, la plupart des personnes trouvées coupables d'avoir commis un crime étaient sans emploi, sous-scolarisés et vivaient dans des familles à faible revenu, bien souvent monoparentales.

Il semble que le nombre de crimes de violence commis par des jeunes ait augmenté au Canada ces dernières années. Bien que les crimes violents ne représentent toujours qu'une faible proportion de l'ensemble des actes criminels commis par des jeunes, de plus en plus d'adolescents sont accusés de tels crimes et traduits devant les tribunaux. On ne sait pas encore, cependant, dans quelle mesure cette augmentation découle de changements de comportement chez les jeunes, d'une plus grande sensibilisation à la violence chez les jeunes ou de l'évolution, d'une part, des pratiques en matière d'application des lois et, d'autre part, de l'administration de la justice pour la jeunesse.

Jeffrey Frank,
Tendances sociales canadiennes,
automne 1992


Le comportement illégal ou criminel apparaît rarement sans que d'autres symptômes dysfonctionnels ou antisociaux ne fassent également surface. Les problèmes à l'école, la toxicomanie exigeant une intervention médicale, les troubles émotionnels et mentaux, l'analphabétisme, les cas d'abus physique, en tant qu'agresseurs ou victimes, la pauvreté et le chômage sont autant de facteurs qui peuvent contribuer à un comportement criminel. L'expérience démontre que des mécanismes doivent être mis en place pour reconnaître ces signes avertisseurs, et des stratégies doivent être mises en oeuvre pour essayer d'éviter l'escalade de ce genre de comportement et empêcher que les jeunes se retrouvent confrontés au système judiciaire.

Question 40 : L'impact de la population vieillissante sur la victimisation

En 1994, l'âge moyen des victimes de crimes violents était de 27 ans, et la plupart étaient âgées de moins de 45 ans; soit le même groupe d'âge que l'auteur de l'infraction. La majorité des victimes avaient été assaillies, et il s'agissait dans la plupart des cas de voies de fait simples et d'agression sexuelle. Les victimes d'agression sexuelle étaient pour la plupart âgées de 12 à 34 ans, tandis que les victimes de voies de fait simples étaient pour la plupart plus âgées (18 à 44 ans), comme le sont les victimes de vols.

Les femmes représentaient la moitié des victimes de crimes violents en 1994, comptant pour le plus grand nombre de victimes d'agressions sexuelles (85 p. 100), et plus de la moitié des victimes de voies de fait simples de niveau 1 (54 p. 100). Les hommes étaient plus souvent victimes de vols et de voies de fait simples de niveau 2 et 3 (70 p. 100).

Les personnes les plus à risque d'être victimes de violence sont les jeunes enfants et les femmes, en raison des taux élevés d'agressions sexuelles contre ces deux groupes.




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