Assemblée législative du Nouveau-Brunswick
Comités parlementaires
Accueil | English

Le Nouveau-Brunswick à l'aube d'un nouveau siècle



B - C - D - E - F - G

V. LA SITUATION AU NOUVEAU-BRUNSWICK

Des changements dynamiques au sein de la population du Nouveau-Brunswick sont en train de modifier le profil démographique de la province, tel que nous le connaissons. Au cours des dernières années, la population du Nouveau-Brunswick a connu une croissance plus faible que la moyenne nationale. Il s'agit d'une tendance qui devrait se maintenir bien au-delà du début du prochain siècle.

 

A. Profil démographique

En 1995, la population du Nouveau-Brunswick était estimée à 760 500 personnes. Les femmes composaient 50,5 p. 100 de la population de la province, et les hommes 49,5 p. 100 de la population totale. D'autre part, en 1994, l'âge moyen était de 34,2 ans, soit 35,0 pour les femmes et 33,4 pour les hommes.

Le tableau qui suit illustre la pyramide des âges au Nouveau-Brunswick en fonction des estimations intercensitaires de la population effectuées en 1994. Il est intéressant de noter les répercussions de la Première Guerre mondiale qui continuent de se refléter sur le profil démographique du Nouveau-Brunswick, les personnes âgées de 75 à 79 ans (nées entre 1915 et 1919) se détachant nettement sous forme de petite cohorte. Ceci est suivi d'une plus grande cohorte des années folles (personnes nées entre 1920 et 1929), où les taux de fécondité totaux sont restés élevés (plus de 3,2 enfants par femme). Les enfants des années 20 ont été suivis par la cohorte de la Dépression des années 30 (personnes âgées de 56 à 64 ans ou nées entre 1930 et 1938), au moment où les taux de fécondité ont baissé sous le taux de 2,65 en 1937.

graph

La génération du baby-boom est celle qui est née entre 1947 et 1966, et qui est âgée aujourd'hui entre 30 et 49 ans. Dans la pyramide, on la retrouve entre les groupes d'âge de 30 à 34 ans et de 45 à 49 ans. D'ici l'an 2011, cette cohorte sera à l'âge de la retraite. Par la suite, la province connaîtra un sérieux processus de vieillissement accompagné d'une augmentation du poids relatif des personnes âgées par rapport à la population totale.

En vieillissant, la génération du baby-boom exercera inévitablement des pressions additionnelles sur les institutions politiques et sociales. De plus, d'ici à ce que cette génération atteigne l'âge de la retraite, environ 1 sur 5 résidents du Nouveau-Brunswick sera âgé de 65 ans ou plus, comparativement à environ 1 sur 10 aujourd'hui. La génération du baby-boom continuera de constituer la plus importante cohorte démographique jusqu'au milieu du prochain siècle.

La période allant de 1967 à 1979 est celle de la génération issue de l'effondrement de la natalité au Canada, car c'est pendant ces années que les taux de fécondité ont chuté d'une façon incroyable. Un pourcentage beaucoup plus élevé de femmes ont fait leur entrée sur le marché du travail, et les méthodes contraceptives sont apparues, ce qui a eu des répercussions importantes sur le ralentissement de la croissance de la population.

La génération de l'après baby-boom est celle de la mini-explosion démographique constituée par les enfants de la génération du baby-boom. Cette mini-explosion ne s'est pas matérialisée au Nouveau-Brunswick (contrairement à la plupart des autres provinces canadiennes). On croit que la migration de la génération du baby-boom vers les autres provinces à la fin des années 60 et pendant les années 70 a contribué à ce phénomène.

Votre situation est unique. Vous êtes la seule province au Canada où la base de la pyramide diminue; ceci veut dire que les inscriptions à l'école élémentaire continuent de baisser, et que les inscriptions à l'université sont en train d'atteindre un sommet dans cette province. Il y a aujourd'hui beaucoup moins de jeunes de 10 ans que de jeunes de 20 ans, et beaucoup moins de jeunes d'un an que de jeunes de 10 ans.

David Foot,
Université de Toronto

 

Population autochtone

La population autochtone au Nouveau-Brunswick a été estimée à 87 001 en 1991; ce qui représente un peu moins de 1 p. 100 de la population totale. De ce nombre, près de 70 p. 100 vivaient l'intérieur des 15 localités des Premières Nations. Aujourd'hui, il y a neuf localitès Micmac et six localités Malécites dans la province.

graph


La répartition de la population autochtone selon l'âge est très différente de celle de l'ensemble de la population de la province. La population autochtone se situe principalement dans les groupes d'âge jeunes, avec une proportion plus faible dans les groupes plus âgés correspondants. En 1991, 37,3 p. 100 des enfants étaient âgés de moins de 15 ans dans la population autochtone, comparativement 20,8 p. 100 dans la population totale. De la même façon, la proportion des autochtones dans le groupe d'âge de 15 à 24 ans était de 28,8 p. 100, comparativement à 15,3 p. 100 pour la population totale. Ainsi, 56 p. 100 de la population autochtone était âgée de moins de 25 ans, contrairement à 36 p. 100 de la population totale. On constate un net contraste, car la population autochtone comptait à peine 7,1 p. 100 d'adultes dans la catégorie des 55 ans et plus, comparativement à 20,4 p. 100 de la population totale.

 

B. Profil linguistique

Selon le recensement de 1991, 64,5 p. 100 de la population du Nouveau-Brunswick a indiqué l'anglais comme langue maternelle, tandis que 33 p. 100 de la population a indiqué le français comme langue maternelle. Le Nouveau-Brunswick reste la seule province officiellement bilingue au Canada.

graph


C. Taux de fécondité au Nouveau-Brunswick

Il faudrait un taux de fécondité total de 2,1 pour maintenir le niveau de population actuel dans la province, sans compter l'immigration. Le taux de fécondité au Nouveau-Brunswick en 1994 était de 1,5. Ce taux rend difficile toute croissance ou même tout maintien de la population. Si la situation se poursuit, nous devrons compter sur un degré plus élevé de migration interprovinciale et d'immigration pour maintenir notre population. Il faut souligner toutefois que le Nouveau-Brunswick n'est pas l'une des principales destinations des immigrants au Canada. En fait, le Nouveau-Brunswick reçoit seulement 0,3 p. 100 de l'ensemble des immigrants qui viennent au Canada.

 

D. Une population vieillissante

graph


Une croissance démographique plus faible entraîne le vieillissement de la population, et c'est le cas au Nouveau-Brunswick tout comme dans l'ensemble du Canada. En fait, la population du Nouveau-Brunswick devrait vieillir autant au cours des 20 dernières années du vingtième siècle, qu'au cours des 80 années précédentes. En 1994, l'âge moyen de la population au Nouveau-Brunswick était de 34,2 ans, soit 6,1 ans de plus depuis 1981, et 10,3 ans de plus par rapport à seulement deux décennies plus tôt (1971).

Une population vieillissante se caractérise habituellement par une proportion à la baisse chez les jeunes et une proportion à la hausse chez les personnes âgées. En 1994, les personnes âgées de 65 ans et plus totalisaient 93 400 et représentaient 12,3 p. 100 de la population, soit une hausse par rapport à 78 700 ou 11,1 p. 100 en 1986. De ce nombre, 40 300 ou 5,3 p. 100 étaient âgées de 65 ans et plus, et 9 500 ou 1,3 p. 100 étaient âgées de 85 ans et plus. Il s'agit d'une nette augmentation du nombre des personnes âgées.

 

E. Espérance de vie

graph


L'augmentation de l'espérance de vie a également contribué au vieillissement de la population. Au Nouveau-Brunswick, l'espérance de vie est actuellement de 81,4 ans pour les femmes et de 74,9 ans pour les hommes, comparativement à un total combiné de 67,8 ans en 1950 et de 72,5 ans en 1970. Cette augmentation est reliée principalement à la baisse du taux de mortalité infantile et de la mortalité attribuable à certaines maladies chez les enfants et les adultes. L'amélioration de l'habitation, de l'hygiène, de l'alimentation et des services de santé a contribué à la baisse des taux de mortalité.

 

F. Retour aux régions rurales

Le Nouveau-Brunswick compte l'une des populations non agricoles les plus élevées au Canada. Les populations urbaines dans la province ont baissé constamment de 1976 à 1991. La part urbaine de la population a chuté de 53,3 p. 100 en 1976 à 47,7 p. 100 en 1991. Depuis 1986, le Nouveau-Brunswick dénombre une population rurale plus importante que sa population urbaine.

GRAPH


De plus, nous vivons dans de petites localités. En 1991, un peu moins de 91 p. 100 des subdivisions de recensement du Nouveau Brunswick comptaient une population de moins de 5 000 personnes. En 1995, on comptait 7 cités, 28 villes, 78 villages et 152 paroisses.

Le Nouveau-Brunswick est différent des autres provinces en raison de son environnement rural. On n'y retrouve pas les fusillades au volant d'une voiture ou les luttes de bandes de motards qui semblent de plus en plus fréquentes dans les cités des autres provinces canadiennes.

Jim McAnamy
Caporal de la GRC

Des 287 subdivisions de recensement au Nouveau Brunswick, seulement 18 avaient une densité de population d'au moins 400 personnes par kilomètre carré. La réserve des Premières Nations d'Oromocto comptait la densité de population la plus élevée dans tout le Nouveau-Brunswick. Les comtés de Saint John et de Westmorland comptaient la densité la plus élevée en 1991. Les comtés de Queens et de Victoria étaient les moins peuplés.

 

G. Projections démographiques

GRAPH


Le graphique ci-dessus illustre les projections démographiques sur une période de 15 ans. La méthode utilisée par l'Agence de la statistique du Nouveau-Brunswick pour établir ses projections démographiques consiste à utiliser la population de base, puis l'âge de la population la première année, en calculant ensuite le nombre de naissances, puis le nombre net de migrants, ce qui donne les projections ci-dessus. Cette méthode constitue une version simplifiée de l'exercice de projection de Statistique Canada.

Les projections ci-dessus sont basées sur l'hypothèse que la fécondité demeurera constante pendant la période projetée. L'Agence retient également une hypothèse pour l'espérance de vie. Ainsi, l'espérance de vie chez les hommes au Nouveau-Brunswick serait de 77,1 ans, tandis que chez les femmes elle serait de 83,2 ans, soit 99,6 p. 100 du niveau national. En conclusion, le Nouveau-Brunswick devrait connaître un ralentissement général de la croissance démographique en raison de la baisse de la natalité et de la hausse de la mortalité.

La raison de ce changement est que le Canada passe d'une économie industrielle une économie de l'information. Et la raison pour laquelle les provinces comme le Nouveau-Brunswick peuvent en tirer profit est que les cots de la transmission de l'information sont minimes comparativement ceux du transport des marchandises, et parce que la province dispose d'une très grande capacité de transférer cette information grâce au système de télécommunications de grande qualité de NBTel. Si on y ajoute les coûts moindres pour l'habitation, une bonne qualité de vie et une province qui gère bien ses finances, vous avez une recette pour un avenir prospère.

Eveon Hoey,
Telegraph Journal,
2 septembre 1995




Assemblée législative du Nouveau-Brunswick
Courrier électronique | Coordonnées | Décharge