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Considérations économiques relatives aux
gazoducs et aux distributeurs locaux

Préoccupations liées au recouvrement des coûts fixes

Il est important de reconnaître que les compagnies qui construisent des gazoducs et aménagent des réseaux de distribution de gaz doivent généralement effectuer d'importants investissements. Les installations en question peuvent généralement être utilisées pendant une période relativement longue. Sauf le coût du gaz lui-même, la plupart des coûts des compagnies de transport sont fixes et ne dépendent pas du volume de gaz transporté. Par exemple, la couverture des charges financières, les impôts fonciers, l'assurance, la paye du personnel, les avantages sociaux, les loyers et d'autres frais généraux et administratifs ne changent pas, quelle que soit la quantité de gaz transportée. Toutefois, le montant élevé des coûts fixes rend le coût unitaire moyen de la prestation du service extrêmement sensible au volume de gaz transporté.

Ainsi, lorsqu'une compagnie de gazoduc ou un distributeur local construit un nouveau gazoduc ou agrandit son réseau actuel, il est important que la nouvelle installation soit de la bonne grandeur. Un projet trop grand pour les charges qu'il fournira aura des coûts unitaires moyens élevés, et il sera donc difficile pour la compagnie de persuader les clients d'abandonner leurs autres combustibles. Ce n'est qu'en augmentant ses volumes de gaz que la compagnie de gazoduc ou le distributeur local pourra faire baisser ses coûts moyens. Par contre, si le projet est trop petit, il devra être agrandi par la suite, ce qui coûte plus cher que de faire construire un réseau assez grand dès le départ.

Pour récapituler, le coût unitaire du transport du gaz diminue à mesure que les volumes augmentent, et ce, pour deux raisons. Premièrement, pour une grandeur donnée de gazoduc, le coût moyen est réduit au minimum lorsque les volumes maximaux possibles sont transportées par le gazoduc. Par exemple, si nous supposons que le coût annuel du transport de 1 MMBtu/jour pendant 365 jours s'élève à 365 $, sans coût variable, le coût moyen se chiffre à 1,00 $/MMBtu [(365 $/année) / (365 MMBtu/année)]. Un tel tarif utilisé pour calculer le coût moyen du transport de la quantité annuelle maximale de gaz prévue au contrat est appelé le tarif du facteur de charge de 100 %. Cependant, si le client ne faisait transporter que la moitié du volume annuel maximal, soit 182,5 MMBtu, le coût fixe serait toujours de 365 $/année, mais le coût moyen serait de 2,00 $/MMBtu [(365 $/année) / (182,50 MMBtu/année)]. Il s'agirait d'un tarif du facteur de charge de 50 %.

Deuxièmement, même si les coûts de construction d'un gazoduc ayant un diamètre plus grand sont plus élevés, l'augmentation de débit maximal obtenue grâce au gazoduc plus grand est supérieure à l'augmentation du coût. Cela signifie que le coût unitaire d'un gazoduc plus grand est inférieur au coût unitaire d'un gazoduc plus petit. Selon une étude menée par la University of Calgary, l'augmentation du coût entre un gazoduc de 20 po et un autre de 24 po, par exemple, serait d'environ 31 %, tandis qu'un gazoduc de 24 po pourrait augmenter de 55 % le volume de gaz transporté. Les chiffres changent selon la taille des gazoducs comparés, mais, dans tous les cas étudiés, le pourcentage d'augmentation du coût était inférieur au pourcentage d'augmentation du volume. Voilà un facteur très important pour la conception de projets de gazoduc et d'embranchement. Cela renforce les arguments que des compagnies ont présentés aux audiences publiques, selon lesquels les grandes charges industrielles sont un facteur très important dans la viabilité économique de la construction d'embranchements.

Risque d'entreprise de base pour les distributeurs locaux

Là encore, le secteur des pipelines exige typiquement un très grand investissement pour installer un nouveau gazoduc, dont la durée d'utilisation est longue. En conséquence, lorsqu'elle décide de construire et de financer un gazoduc, une compagnie s'expose à des risques d'entreprise considérables.

La construction d'un gazoduc ou d'un réseau de distribution locale est comparable à l'achat d'une nouvelle maison. Les promoteurs du projet doivent risquer des capitaux propres et emprunter également d'autres fonds pour payer la construction. Les banques ne prêteront pas d'argent sans être raisonnablement certaines que la compagnie pourra rembourser le prêt avant l'échéance. Dans le cas d'une compagnie de gazoduc ou d'un distributeur local, sa capacité de vendre son service de transport à un prix assez élevé pour rembourser le prêt et couvrir ses frais déterminera sa capacité de rembourser l'investissement.

Des entreprises naissent et disparaissent selon les forces du marché. Cependant, les compagnies de distribution de gaz font rarement faillite. Elles sont ordinairement parmi les entreprises les plus stables, surtout en raison de la réglementation gouvernementale, qui permet des prix couvrant les coûts en plus du rendement des investissements. Cependant, les risques associés au démarrage d'une compagnie de distribution de gaz sont beaucoup plus grands que ceux que comporte l'exploitation d'une compagnie de distribution bien établie. Il faut une période relativement longue pour que les nouveaux distributeurs locaux atteignent la rentabilité. Pour décider de l'attribution d'une concession de distribution de gaz, le gouvernement devrait tenir compte du plan d'entreprise général du soumissionnaire et évaluer la capacité d'autofinancement à long terme de la compagnie.




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