Assemblée législative du Nouveau-Brunswick
Réponse au discours du budget
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Réponse au discours du budget


par Mme Marcelle Mersereau,
critique financière et députée de Bathurst

le 29 mars 2001

Extrait non révisé du Journal des débats (hansard)

Le texte du discours est rendu accessible
par le bureau du greffier de l’Assemblée législative.
La version électronique n’est diffusée qu’à titre documentaire.
L’imprimé du Journal des débats (hansard) fait foi.

[Original]
Monsieur le président, permettez-moi, au début, de féliciter et remercier la lieutenante-gouverneure pour le beau travail qu'elle fait au Nouveau-Brunswick. Je pense que la lieutenante-gouverneure a vraiment compris le rôle qu'elle joue et son importance. Les gens du Nouveau-Brunswick l'apprécient aussi beaucoup. Je la remercie et la félicite pour le beau travail qu'elle fait, surtout au niveau de la petite enfance. Je pense que c'est pour elle une occasion idéale de redonner aux Néo-Brunswickois et aux Néo-Brunswickoises ce qu'elle a reçu et aussi de faire avancer plus loin le rôle de son cabinet.

Monsieur le président, je vous remercie et vous félicite de la façon dont vous savez comment manoeuvrer les travaux de la Chambre. Ce n'est pas toujours facile, et vous le faites quand même avec professionnalisme et selon le protocole. Je sais que vous tenez beaucoup à coeur les délibérations de la Chambre qui sont de plus en plus efficaces. On vous remercie aussi pour toute l'attention que vous portez au détail ; cela nous permet de faire notre travail dans la meilleure ambiance possible. Merci.

Sans vous, tous les employés de l'Assemblée législative, je pense qu'on verrait ici, à l'Assemblée législative, des personnes qui ne sauraient trop comment et où faire les choses. Vous êtes là pour nous soutenir en tout temps, indépendamment de qui on est, d'où on vient et de qui on représente. Vous êtes vraiment des employés de la province du Nouveau-Brunswick. Vous, les gens qui êtes chez vous, ne réalisez pas, je pense, l'importance du soutien que ces employés donnent à vos représentants et représentantes à l'Assemblée législative, ici, à Fredericton. Merci à vous tous.

Je veux aussi en profiter pour saluer tous mes collègues de l'Assemblée législative et saluer, d'une façon particulière, les députés de Campbellton et de Caraquet qui se sont joints à nous. Vous allez vous apercevoir, Messieurs les députés, que l'on fait un travail qui est très valable pour les gens. En plus, vous trouverez à l'Assemblée législative un véhicule qui vous aidera à rencontrer les besoins des gens du Nouveau-Brunswick et à être leur porte-parole. Alors, c'est ici que cela se passe. Je suis fière de vous compter parmi les membres du gouvernement et je suis convaincue que vous continuerez votre beau travail pour les gens de votre circonscription et tous les gens du Nouveau-Brunswick.

Je veux en profiter pour féliciter mon nouveau chef. Comme vous le savez, le député de Shediac—Cap-Pelé est un parlementaire très habile. De plus, c'est un parlementaire qui sait comment travailler pour tous les gens de la province. Je suis fière de lui, et vous pouvez être assurés que mon appui est sans équivoque. De plus, nous continuerons à travailler ensemble, même si ça nous fait quelque chose d'avoir perdu notre chef, M. Thériault.

L'autre jour à la Chambre, on a vu le premier ministre et nous souligner l'importance du rôle de Camille Thériault au cours de ses années en politique. On ne pourra jamais reconnaître le montant d'énergie et l'importance du rôle de Camille Thériault à l'Assemblée législative.

En mon nom et au nom des gens de ma circonscription, je tiens à féliciter Camille et sa famille. Je lui souhaite bonne chance dans sa vie privée. Qui sait? On le verra peut-être un jour revenir au service des gens du Nouveau-Brunswick à la Chambre. Bonne chance à toi, Camille, et à ta famille.

Je m'en voudrais de ne pas dire quelques mots au sujet de ma circonscription de Bathurst. J'en suis à mon troisième mandat, comme vous le savez, et je remercie les gens de Bathurst de m'avoir fait confiance une troisième fois. Comme vous le savez, Bathurst est une petite circonscription dans le nord-est de la province. C'est aussi le nom d'une petite ville qui est au coeur de la région Chaleur et la plus grande municipalité dans le nord-est du Nouveau-Brunswick.

Entre Restigouche et Gloucester, je pense que Bathurst a un rôle important à jouer, et j'encourage les gens de tous les niveaux politiques et les gens d'affaires de toute la grande région du Nord-Est de continuer à travailler comme ils le font pour s'assurer que le développement économique comprendra la plus grande municipalité de cette région.

Je ne peux continuer sans mentionner que, hier soir, à Québec, les Remparts ont vraiment su de quelle trempe sont les Titans d'Acadie-Bathurst. Malgré le fait que je sais que mes collègues de la région de Moncton n'ont pas eu la chance de participer à ce tournoi, je dois vous dire que les Titans d'Acadie-Bathurst nous ont encore une fois démontré qu'ils ont du coeur au ventre et de l'énergie. Je veux souligner que les Titans d'Acadie-Bathurst ne regroupent pas seulement les gens de Bathurst mais également ceux de la Péninsule acadienne, de la Miramichi et du Restigouche qui viennent les voir. C'est plus qu'une équipe de Bathurst, c'est une équipe régionale. Je les félicite et leur souhaite bonne chance dans la prochaine ronde.

Sur une note un peu plus sérieuse, en décembre, Bathurst a connu un événement vraiment malheureux. Je n'ai pas eu l'occasion d'en faire part à la Chambre, mais, aujourd'hui, j'aimerais dire que nous avons perdu une personne qui était non seulement un collègue de travail mais un ami de longue date, soit Paul Ouellette. J'en profite pour offrir à sa famille et aux gens de Bathurst toutes mes condoléances.

Paul et moi avons commencé à faire de la politique en 12e année, alors qu'on était président et présidente du premier conseil étudiant de l'école Mgr-André-LeBlanc, la première école bilingue à Bathurst. Alors, notre amitié est de longue date. Je sais que Paul avait beaucoup d'amis à la Chambre et que vous avez su donner à sa famille tout le soutien qu'elle mérite. Judy, Jeff, Kim et Marlene, vous pouvez certainement compter sur l'appui de tous les membres de la Chambre et du mien en particulier.

Maintenant, en ce qui concerne ma circonscription, j'ai pensé parler d'un sujet qui ne touche pas seulement ma circonscription mais toute la province. De plus, Bathurst est un des joueurs les plus importants dans ce dossier.

Je vais commencer par parler des Jeux d'hiver du Canada de 2003. Ces jeux seront tenus au Nouveau-Brunswick, et les deux villes hôtesses seront Campbellton et Bathurst.

En 1985, la ville de Saint John a participé aux Jeux d'été du Canada et en a été l'hôtesse. La province du Nouveau-Brunswick et le gouvernement du Canada ont été des partenaires enthousiastes et fiers.

Les trois niveaux de gouvernement ont profité de cette occasion pour faire valoir les forces des gens de Saint John et pour présenter la ville de Saint John au reste du Canada. Les jeux, comme vous le savez tous, ont connu un franc succès et ont laissé un legs tangible aux gens du Nouveau-Brunswick : le Centre aquatique des Jeux du Canada, à Saint John. D'ailleurs, les gens de Saint John et du Nouveau-Brunswick ainsi que les gens du Canada qui viennent pour des compétitions en sont encore très fiers et utilisent ce centre de façon journalière.

[Traduction]
En 1999, Moncton a accueilli avec fierté le Sommet de la Francophonie. La province et le gouvernement du Canada ont été des partenaires fiers et actifs, et l'événement a laissé à Moncton et au Nouveau-Brunswick un héritage qui se fera sentir pendant bien des années.

En 2003, le Nouveau-Brunswick, de concert avec Campbellton et Bathurst, accueillera les Jeux du Canada. Par contre, l'esprit de partenariat et de bonne volonté entre la province et les municipalités hôtes n'est pas aussi manifeste qu'en 1985 ou en 1999. Il y a un tiraillement depuis que le gouvernement actuel est venu au pouvoir. Aujourd'hui, je vais consacrer un peu de mon temps à mettre les choses au clair et à fournir à la population du Nouveau-Brunswick des renseignements sur la décision que le ministre responsable des sports et loisirs a annoncée ce matin dans le journal. Il est intéressant que j'ai demandé il y a plus de 30 jours des renseignements en invoquant la Loi sur le droit à l'information et que je les ai reçus ce matin. Je pensais donc m'en servir. Je vais vous en donner lecture pour que cela soit consigné au compte rendu de la Chambre.

Il s'agit d'une note de service de Jennifer Blais et de Suzanne Mason, qui font partie des jeux, à l'intention du premier ministre. Je ne vais pas nommer toutes les personnes à qui la note a été envoyée. Qu'il soit consigné au compte rendu qu'elle a été envoyée à tout le monde, y compris aux municipalités qui participent aux jeux.

Mme Blais écrit ce qui suit :

Ceci est le dernier suivi de mon courriel du 15 février, Résumé des sites en suspens.

En premier lieu, permettez-moi de souligner la reconnaissance de la société des jeux pour le soutien ferme continu que la province fournit aux jeux, surtout les fonds supplémentaires pour le village des athlètes.

En deuxième lieu, je suis contente d'apprendre qu'un soutien pourrait être accordé pour le parc Sugarloaf et Eel River Bar.

En troisième lieu, je peux aussi confirmer la reconnaissance de la société des jeux pour le financement de 1 000 000 $ par la province pour les installations entre Bathurst et Campbellton. J'ai assisté à la plus récente réunion du comité du programme, et nous sommes contents des progrès.

Deux autres questions ont besoin de faire l'objet de financement par la province du Nouveau-Brunswick et le gouvernement fédéral :

En février, le gouvernement fédéral n'avait pas encore acquiescé à la demande.

— le centre sportif de Bathurst et
— la longue piste pour le patinage de vitesse à l'école secondaire 2e cycle Sugarloaf.

[ ...................................................................................................................................................... ]

Le centre sportif de Bathurst est la première priorité de la société des jeux.

Depuis mon courriel du 15 février, nous avons travaillé en étroite collaboration avec les responsables de la ville de Bathurst pour réviser les plans afin de l'installation corresponde aux objectifs suivants :

a) les besoins des jeux quant au badminton et à la gymnastique rythmique ;
b) les besoins post-jeux de l'installation sportive qui demeurera (en gros un gymnase double pouvant servir de base au club de gymnastique rythmique de la ville et au temple de la renommée sportive de Bathurst, des locaux de loisirs pour adultes et un centre régional de formation des athlètes) ;
c) l'hôtel de ville post-jeux ;
d) la bibliothèque post-jeux ;
e) e financement disponible.

[ ................................................................................................................................................... ]

Le financement maintenant nécessaire s'élève à  750 000 $ […]

Il faut le souligner : le centre sportif de Bathurst est la première priorité de la société des jeux, à savoir :

— plus prioritaire que le parc Sugarloaf ;
— plus prioritaire que Eel River Bar ;
— plus prioritaire que les installations entre Bathurst
et Campbellton ;
— plus prioritaire qu'une longue piste de course permanente pour patinage de vitesse.

[ ........................................................................................................................................................ ]

— La ville couvrira les dépenses en immobilisations et de fonctionnement du projet à raison de 1,25 million de dollars, montant qui, autrement, aurait dû être dépensé par la société des jeux pour relever deux toits d'école [pour deux gymnases scolaires] et provenir du budget existant de fonctionnement de la ville.
— Aucune nouvelle majoration de l'impôt municipal n'aura lieu.
— Bathurst a déjà construit le centre régional K.C. Irving, la principale installation pour les jeux, et continue de payer la dette de plusieurs millions […] à cet égard.
— Si les contribuables de Bathurst ne payaient pas déjà pour la meilleure installation en vue des jeux, il n'y aurait pas de demande de financement additionnel.

Un tel engagement que Bathurst a pris le passé et que la ville continue de financer ne devrait PAS empêcher cette dernière d'obtenir un nouveau bâtiment post-jeux qui répondra aux besoins communautaires à long terme de la municipalité, de la bibliothèque et des sports.

La ville de Bathurst fait sa part.
La société des jeux et les 7 000 bénévoles font leur part.
Nous demandons que les principaux partenaires de financement appuient la première priorité de la société des jeux!!!

La note de service en question, dont je ne donnerai pas lecture en entier, a été envoyée en partie par Brian Theede, le président des jeux, puis envoyée de nouveau par les responsables provinciaux à tous les partenaires des Jeux du Canada de 2003 à Bathurst et à Campbellton.

Je ne veux rien enlever aux autres installations, mais la note mentionne l'installation de Eel River Bar.

[Original]
Le centre sportif d'Eel River Bar serait utilisé pour la tenue de compétition d'escrime. La dimension requise pour cette compétition est de 8 500 pi2. La situation actuelle du centre : 1 million de dollars promis par la province ; 1,5 million de dollars serait nécessaire pour compléter le projet, mais il n'existe pas. La société a budgété 100 000 $ pour les rénovations d'une école locale, mais il n'y a aucune subvention pour Eel River Bar afin d'y tenir les compétitions. Je laisserai les gens du Nouveau-Brunswick vous juger sur la façon dont le Nouveau-Brunswick traite les deux villes hôtesses.

On a entendu le premier ministre et le ministre responsable des Jeux d'hiver du Canada dire que Bathurst et Campbellton ont reçu tout l'argent, parce qu'ils l'ont investi eux aussi. Les Jeux d'hiver du Canada ont investi 6 millions : 2 millions de Bathurst et de Campbellton, 2 millions de la province et 2 millions du fédéral pour le coût en capital. Les coûts requis pour les Jeux d'hiver du Canada sont de 21 millions, et ils ont 15 millions. En plus des 6 millions, on demande aux gens de la région de Campbellton et de Bathurst d'aller chercher 7,5 millions en faisant des collectes de fonds.

En résumé, pour le compte rendu, la ville de Bathurst recevra 2 285 000 $, alors qu'elle a investi 1 million de dollars. La ville de Campbellton recevra 2 280 000 $, alors qu'elle a investi 1 million de dollars. Québec recevra 380 000 $ des Jeux d'hiver du Canada. Dalhousie recevra 8 070 000 $, Charlo recevra 700 000 $, et Eel River recevra 2 millions pour ses deux arénas, soit un total de 9 325 000 $ qui seront investis dans les communautés situées entre Bathurst et Campbellton, alors qu'aucune d'entre elles n'a investi un sou dans les Jeux d'hiver du Canada.

Deuxièmement, l'entente tripartite indique que, si les villes de Bathurst et de Campbellton connaissent un déficit, elles en seront responsables et non la province du Nouveau-Brunswick ou le fédéral.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Messieurs le ministre et le premier ministre, je ne vous laisse pas la tâche de répondre aux gens de Bathurst et de Campbellton mais aux gens du Nouveau-Brunswick, parce que les jeux auront lieu au Nouveau-Brunswick, plus précisément à Bathurst et à Campbellton.

[Traduction]
Les deux villes de Bathurst et de Campbellton ont formé un partenariat avec la province en croyant être de véritables partenaires. De concert avec la province, elles ont consenti à amener la participation de municipalités et de DSL depuis Tide Head jusqu'à Saint-Sauveur. Tout le monde s'est lancé dans cette magnifique entreprise, recrutant des bénévoles et des commanditaires et embauchant du personnel. Puis la province a commencé à mettre des bâtons dans les roues. Il semble maintenant que le ski de style libre ne se déroulera pas à Sugarloaf et que le complexe sportif ne sera pas construit à Bathurst. Il s'ensuit que toutes les activités de ski associées aux Jeux du Canada de 2003 au Nouveau-Brunswick se dérouleront au Québec et que les toits de deux vieux gymnases appartenant à la province du Nouveau-Brunswick seront élevés pendant deux semaines. Quelle honte. Quel héritage à laisser par Bernard Lord aux enfants de la région Chaleur. Ils se souviendront d'un jeune premier ministre qui a prétendu s'intéresser à l'avenir des enfants. À titre de premier ministre, il aura raté une occasion.

Il s'agit de la décision la plus répréhensible et irresponsable jamais prise par le gouvernement actuel. La société hôte a clairement indiqué qu'il s'agit de sa première priorité. Elle est prête à investir 1,2 million dans le projet, tandis que le gouvernement fédéral est disposé à investir 375 000 $, tout comme l'est la ville de Bathurst. Le gouvernement actuel n'est pas disposé à venir à la table. Les enfants de Nepisiguit, représentés par un député qui siège du côté du gouvernement à la Chambre, sont pénalisés eux aussi, et je suis sûre que les familles se demandent pourquoi. Comme il a été signalé hier au premier ministre, les impôts fonciers rapporteraient 60 000 $ par année. En moins de sept ans, Monsieur le premier ministre, vous récupéreriez votre financement provincial, sous forme de recettes fiscales.

J'espère que vous viendrez aux jeux, Monsieur le premier ministre. À titre d'hôte, vous devriez avoir tout à fait honte et être embarrassé. Bien que vous ne soyez pas de la même appartenance politique que moi, bien sûr, ou que bien des gens dans la région Chaleur, vous représentez toute la population du Nouveau-Brunswick. À votre assermentation comme premier ministre, vous avez juré de servir le meilleur intérêt de toute la population, plutôt qu'en fonction de votre propre ambition politique.

Mesdames et Messieurs, c'est aux décisions difficiles, pas les faciles, que le leadership se reconnaît. Monsieur le premier ministre, il est facile d'être politicien, mais il n'est pas toujours facile d'être un bon politicien et de pouvoir transcender l'esprit de parti quand l'intérêt commun l'exige. Pourquoi devrions-nous agir ainsi aujourd'hui? En fait, c'est plutôt simple. Il s'agit d'une question que je me pose toujours lorsque je dois prendre une décision difficile. Je suis parfois tentée de porter mon chapeau politique, mais, en fin de compte, je décide d'une chose parce que c'est la bonne chose à faire.

Le 28 février, le premier ministre a prononcé son discours sur l'état de la province, à Fredericton. Il s'est beaucoup servi des paroles d'un ancien premier ministre libéral lorsqu'il a parlé de technologie, d'innovation, d'éducation et de prudence financière. En réfléchissant à ses paroles, je me suis rendu compte à quel point des décisions prises il y 5 et 10 ans font progresser le Nouveau-Brunswick depuis. J'ai pensé au partenariat courageux avec NBTel, qui nous a permis de progresser dans le monde de la fibre optique du domaine de la technologie de l'information et qui assure des milliers d'emplois aujourd'hui, et à l'entreprise précaire de construire une centrale à Belledune. Bon nombre de mes collègues à la Chambre ne sont toujours pas d'accord à cet égard. La centrale a assuré une capacité de production pour le nord du Nouveau-Brunswick et a permis aussi à Énergie NB d'accroître ses recettes d'exportation en 1999-2000. Je sais que c'est ainsi que la Société d'énergie électrique a pu diminuer sa dette et contribuer sensiblement au bilan financier du gouvernement, du moins jusqu'à maintenant. J'ai pensé aux décisions prises par le gouvernement précédent au sujet du gaz naturel et de la route entre Moncton et Fredericton, qui ont créé des milliers de nouveaux emplois et ont porté les statistiques d'emploi au niveau le plus élevé de notre histoire.

Au cours du même discours, le premier ministre a parlé de baisses d'impôts et de taxes, et j'ai pensé aux 13 millions de dollars en contre-péage que les gens du Nouveau-Brunswick devront payer pendant les 30 prochaines années, au cadeau de 34 millions fait à MRDC et à la réduction fiscale de 26 millions consentie à Enbridge Gaz.

Ce matin, en lisant l'article suivant dans le Saint John Times Globe, j'ai songé à l'augmentation de 12 millions de dollars en impôt foncier, qui prendra de l'ampleur dans le prochain budget. L'article tombe vraiment au bon moment. Je comprends mon collègue du côté du gouvernement, qui a rencontré un groupe à Saint Andrews. Je vais vous donner lecture du passage, parce qu'il est plutôt intéressant.

Une grande foule s'est réunie à Saint Andrews hier soir pour discuter de ce que les gens pourraient faire au sujet de la hausse importante et souvent incohérente de l'évaluation d'impôt foncier.

Tony Huntjens, leur député, a écouté leurs propos et leur a offert le conseil suivant : Ne payez pas vos impôts.

Vous devez prendre position, à un point donné ; n'envoyez pas vos paiements d'impôt tout de suite, de dire M. Huntjens. Écoutant les divers propos faisant état à tour de rôle de hausses considérables de l'évaluation, allant de 11 %, à 80 %, à 141 %, à 256 %, il a affirmé que la situation est un cauchemar.

Si cela se passait dans ma collectivité, je m'en indignerais férocement, M. Huntjens a-t-il déclaré.

Il a blâmé les bureaucrates à Fredericton, qui, selon lui, ne savent pas ce qu'ils font. Il a ensuite défendu Norm Betts, le ministre des Finances, en signalant qu'il ne pensait pas que le ministre soit au courant de ce qui se passe à Saint Andrews.

Il a ajouté que M. Betts, un ancien professeur en économie, aime les systèmes qui fonctionnent efficacement.

Ce à quoi un certain Jeff Holmes, qui était là, a répondu : Ça doit lui fendre le coeur.

D'autres observations ont été formulées. De dire Jay Remer :

« Le gouvernement a manqué de professionnalisme dans sa réévaluation des biens à Saint Andrews et il doit rendre des comptes. »

Son impôt foncier a augmenté de pas moins de 80 %, ce qui lui coûtera 8 000 $ de plus cette année. L'impôt foncier d'une autre jeune famille a augmenté de 700 $.

Je le demande au ministre des Finances : pourquoi? Lorsqu'il nous a donné son budget et que nous avons parlé… Il en a parlé de nouveau aux nouvelles hier, à New Brunswick Forum. Il a dit que son budget est prudent. Il agissait de la sorte afin que le tout soit bien planifié et que les gens sachent ce qu'il faisait.

Voici ce que les gens demandent :

Pourquoi les gens ne devraient-ils pas savoir d'avance ce qui se passera, afin qu'ils peuvent budgéter en conséquence?

En pensant au discours sur l'état de la province et au deuxième budget du gouvernement actuel, je me suis souvenue des propos suivants : Pourvu que le premier ministre et le ministre des Finances n'utilisent pas effectivement de véritables chiffres ; voilà le gouvernement qui vit dans la réalité virtuelle. On pourrait croire que ce sont nos propos. Non, ce sont des propos que le chef de l'opposition de l'époque, Bernard Lord, a tenus en décembre 1998, lesquels valent tout autant pour son propre gouvernement aujourd'hui. Comprenez-moi bien. Le revirement ne fait pas du premier ministre un homme de vision, mais c'est curieux qu'il ait choisi de gouverner exactement comme il reprochait à l'ancien gouvernement de le faire.

Le gouvernement actuel ne reconnaîtra assurément pas son déficit, même après que le vérificateur général lui a enjoint de le faire. Il est étonnant d'observer le ministre des Finances, qui a passé de nombreuses années à sermonner l'ancien gouvernement pour avoir fait la sourde oreille au vérificateur général, faire des contorsions comptables pour éviter d'appeler un déficit réel de 895,7 millions de dollars par son vrai nom, même quand les propres états financiers vérifiés de la province confirment ce déficit. En fait, pas plus tard que mardi dernier, le ministre des Finances a indiqué aux membres de l'Institut de la gestion financière, ici à Fredericton, que le déficit pour 2000-2001 se chiffrait à 895,7 millions et non à 8,1 millions.

Que les choses peuvent changer en 21 mois. Ceux qui condamnaient les subventions aux entreprises donnent des millions en cadeau aux amis du gouvernement. Ceux qui disaient que les centres d'appels créaient des emplois de broche à foin participent maintenant à leur inauguration. Ceux qui encensaient le bureau du vérificateur général refusent maintenant d'écouter ses conseils. Ceux qui promettaient de faire preuve de compassion écartent maintenant les recommandations du rapport sur le bien-être à l'enfance, Les enfants priment tout. Ceux qui rassuraient les employés du gouvernement écrasent maintenant leurs droits. Oui, que les choses peuvent changer en 21 mois.

[Original]
Nous voilà au deuxième budget du ministre des Finances. Ce deuxième budget ne nous en dit pas plus long sur la vision du gouvernement actuel pour la province. Ce budget affecte un peu plus d'argent à la santé et à l'éducation mais ne s'attaque pas au vrai problème. Il ne dénote aucun plan et absolument aucune vision.

Les cours d'espagnol en ligne sont une excellente idée, tout comme les programmes Initiative santé, mais il faut vraiment quelque chose de sérieux. Beaucoup d'argent est dépensé pour restructurer le ministère de l'Éducation, qu'il s'agisse de transférer des bureaux de conseils scolaires ou de recruter six directrices et directeurs généraux payés 100 000 $ chacun. Pour faciliter l'apprentissage chez les enfants, il faut fournir au personnel enseignant l'aide qui produira des changements en classe.

Qu'il s'agisse d'ajouter des orthophonistes, des psychologues scolaires ou des orthopédagogues, qu'il s'agisse d'avoir de meilleures techniques de diagnostic avec les ressources voulues pour mettre en oeuvre les programmes connexes, le gouvernement actuel doit commencer à faire quelque chose de sérieux en éducation. L'augmentation du budget de l'éducation cette année ne couvrira même pas le coût de la restructuration, sans parler de nouvelles initiatives visant à assurer que les premières années des jeunes élèves leur donneront une base solide. Un enfant en sécurité qui sait lire et a de nombreuses aptitudes en entrant en 3e année réussira. Si un enfant est privé de tels atouts, son éducation est vouée à l'échec.

En outre, le budget de cette année ne réussit pas à stimuler l'économie. Il continue sur la voie que le gouvernement actuel a choisie depuis son arrivée au pouvoir. Quand il est question de développement économique, il est évident que le gouvernement actuel est grand parleur, petit faiseur. En moins de deux ans, nous avons perdu notre ardeur pour le développement de notre économie. Il ne s'agit pas de faire des inaugurations, de prononcer des discours ou de remanier des commissions de développement. Il nous faut un gouvernement qui agit concrètement, un premier ministre qui collabore concrètement avec le secteur de la technologie de l'information pour aider au développement des compagnies. Je continue d'exhorter le premier ministre à rétablir le PACPE, qui a aidé des centaines de petites entreprises du Nouveau-Brunswick à démarrer. Les entreprises ont besoin de voir l'un des ministères de développement économique les plus efficaces au pays retrouver sa stabilité.

Le gouvernement actuel a pris une mauvaise habitude : rafistoler la structure. Les ministères y sont passés d'abord, puis les conseils scolaires et les commissions de développement régional, et c'est maintenant au tour des conseils des hôpitaux. Il est temps de changer la substance, non la structure. Il est temps d'élaborer un vrai plan pour l'éducation. Nos enfants obtiennent les pires résultats du pays aux examens de mathématiques, de sciences et de compétence linguistique. Le problème ne peut être réglé en créant de nouveaux conseils scolaires et en donnant des cours en ligne d'espagnol. Les gens du Nouveau-Brunswick méritent un vrai plan réalisable visant à relancer l'apprentissage de nos enfants, à donner au personnel enseignant la liberté d'enseigner et à garantir à chaque élève qualifié la possibilité d'accès à l'enseignement supérieur.

L'enseignement postsecondaire comporte ses propres défis et possibilités. Le gouvernement actuel continue d'ignorer le vrai problème de l'enseignement postsecondaire. Les droits de scolarité continuent d'augmenter partout dans la province, atteignant 10 % dans certaines régions. Il faut revoir le financement de l'enseignement postsecondaire et nous assurer que les étudiants et étudiantes peuvent réellement tirer profit de l'augmentation du financement gouvernemental.

Il est également temps de mettre au point un vrai plan pour notre système de soins de santé. Encore une fois, le gouvernement va de crise en crise, s'en prend au gouvernement précédent, s'en prend au gouvernement fédéral, applique toujours des solutions d'urgence et ajoute un peu d'argent par-ci par-là. Il a rafistolé la structure, a fait appel au Conseil du premier ministre sur la qualité des soins de santé pour trouver la solution miracle, mais il ne s'est jamais occupé du vrai problème. Une fois de plus, nous constatons qu'il n'y a aucun plan. L'augmentation de 3,9 % de cette année couvre à peine le taux d'inflation de 3 %.

[Traduction]
Après seulement deux années au pouvoir, le gouvernement actuel a oublié la première règle de gouvernement : écouter les gens. Les nominations entachées de favoritisme à des conseils, à des commissions et à des organismes sont monnaie courante. Depuis le 1er octobre 2000, quelque 37 personnes de plus ont été nommées à ces organismes, conseils et commissions, bien que le gouvernement actuel continue à dire qu'il veut réduire le nombre de ces organisations. Il a promis un examen des OCC. Il a promis en octobre 1999 qu'un rapport serait présenté avant mai 2000. Nous attendons toujours. Oui, que les choses peuvent changer en 21 mois.

À propos de nominations entachées de favoritisme, sept nouveaux agents et agentes de communication ont été recrutés depuis que le gouvernement actuel a pris le pouvoir. Pas un seul concours n'a eu lieu pour les postes en question, et la plupart des personnes recrutées n'avaient pas les qualifications requises d'après les propres critères du gouvernement en matière de compétence et d'expérience pour les agents et agentes de communication. Vous rappelez-vous le moment où le gouvernement a affirmé qu'il réduirait de moitié le nombre d'agents et agentes de communication travaillant au sein du gouvernement? Il a promis que la mesure permettrait d'économiser plus de 1 million de dollars par année. Je mets le gouvernement actuel au défi de prouver que 1 million a effectivement été économisé dans le domaine. Tous les agents et agentes de communication qui étaient en fonction lorsque le gouvernement actuel a pris le pouvoir, sauf trois, le sont toujours. Toutefois, d'autres ont été ajoutés. Je mets le gouvernement au défi de montrer de la documentation qui prouverait le contraire.

Il n'a presque pas été tenu compte des régions rurales du Nouveau-Brunswick. Leurs préoccupations uniques et spéciales sont continuellement laissées de côté. Les réductions dans les programmes du ministère de l'Agriculture continuent d'avoir un effet sur l'industrie dans l'ensemble de la province. N'ayant pas un gouvernement plus accessible et plus transparent, les gens se plaignent en disant qu'il existe une grande confusion quant à savoir quels programmes sont encore en place et où ils se trouvent. Cette confusion ne se limite pas aux membres du public ; elle existe aussi chez le personnel du ministère. La manière dont le gouvernement actuel néglige les routes secondaires a aussi touché les régions rurales du Nouveau-Brunswick. Un grand nombre de ces routes sont dans un piètre état en raison de la politique actuelle du gouvernement. Il semble que les routes secondaires seront de nouveau négligées cette année, des fonds n'étant pas prévus à cet égard dans le budget.

Lorsque le gouvernement actuel est entré au pouvoir, il s'est engagé noblement à être un gouvernement attentif et responsable. Toutefois, la plus grande partie de ce qu'il a accompli au cours des 21 derniers mois s'est fait derrière les portes closes du Cabinet.

Le gouvernement actuel a promis haut et fort qu'il mettrait fin à toute la publicité gouvernementale à saveur politique. Pourtant, nous voyons souvent des photos de ministres dans des brochures et des annonces publicitaires, et la vague bleue utilisée pendant la campagne des Conservateurs est maintenant répandue dans la plupart des publications gouvernementales.

Le gouvernement a dit qu'il établirait une nouvelle norme de service efficace de 24 heures pour répondre aux demandes de renseignements du public pour ce qui est des services essentiels et désignés. Si cette norme existe, le gouvernement la cache bien. Il a aussi promis qu'il exigerait que tous les sous-ministres et les hauts fonctionnaires passent une période désignée chaque année sur les premières lignes. Cette période serait consacrée à rencontrer les gens du Nouveau-Brunswick, les consommateurs et la clientèle des services ministériels afin de veiller à ce que le gouvernement demeure attentif et accessible à la population. Le gouvernement a promis d'adopter un concept d'exploitation totale de nos ressources naturelles permettant de déterminer et d'exploiter toutes les sources possibles de transformation à valeur ajoutée afin de créer des emplois et de protéger les collectivités rurales dont la subsistance dépend des ressources naturelles. Nous avons vu mardi ce que représentait le concept d'exploitation totale : un fonds d'exploitation conservateur d'une valeur de 30 millions de dollars, sous la responsabilité du premier ministre lui-même. Intéressant…

Nouvelle vision Nouveau-Brunswick, le mantra du gouvernement actuel, a défini l'exploitation totale comme un nouveau concept qui revitaliserait la façon dont nous exploitons nos secteurs de la foresterie, des pêches, de l'aquaculture, de l'agriculture, des mines et du tourisme. J'attends avec impatience le moment où mes collègues dans chacun de ces secteurs présenteront leur cadre de politiques assorties au nouveau fonds administré par le premier ministre. Oui, que les choses peuvent changer en 21 mois.

[Original]
Le gouvernement actuel aime parler de ses promesses. Il aime se vanter de tenir ses promesses, mais il y en a beaucoup qu'il n'a pas tenues. Dans sa liste, il y a d'abord et avant tout sa promesse d'être accessible et transparent.

Un gouvernement accessible et transparent ne déciderait pas en vase clos de quels programmes du secteur public les gens Nouveau-Brunswick ont besoin ou n'ont plus besoin. Un gouvernement accessible et transparent ne refuserait pas de rencontrer des manifestants simplement parce qu'il n'est pas du même avis qu'eux. Un gouvernement accessible et transparent veillerait à ce que les gens du Nouveau-Brunswick puissent entrer dans les bâtiments du gouvernement et espérer trouver des panneaux indiquant l'emplacement de chaque ministère.

Eh bien, tel n'est pas le cas à l'édifice du Centenaire, le principal immeuble à bureaux du gouvernement. Le panneau à côté de l'ascenseur porte toujours, 21 mois plus tard, les noms des ministères qui existaient lorsque le gouvernement actuel est arrivé au pouvoir. N'y comptez donc pas si vous cherchez Investissements et Exportations ou Entreprises Nouveau-Brunswick ; vous ne les trouverez pas.

Un gouvernement accessible et transparent ne déposerait pas un projet de loi de retour au travail qui inclut une disposition imposant la confidentialité pour interdire au public de savoir quoi que ce soit au sujet du processus de négociation. Un gouvernement accessible et transparent n'envisagerait pas de verrouiller les portes de l'Assemblée législative pour empêcher les gens du Nouveau-Brunswick d'y entrer.

Un gouvernement accessible et transparent n'enverrait pas de lettres à des organisations économiques et industrielles pour leur dire qu'il ne voit pas l'utilité de les rencontrer. De plus, un gouvernement accessible et transparent ne déposerait pas un projet de loi sur la protection de la vie privée pour le Nouveau-Brunswick, qui compromettrait la liberté de la presse.

Depuis juin 1999, nous avons vu beaucoup de choses arriver. L'une des plus bizarres à ce jour est une Politique énergétique qui ne comprend aucun plan à long terme pour Énergie NB. Nous vivons l'une des périodes les plus cruciales pour notre Société d'énergie publique et nous avons un gouvernement dépourvu de plan. Du moins, il n'en a pas un qu'il juge présentable aux gens du Nouveau-Brunswick.

[Traduction]
Il n'est pas difficile de comprendre pourquoi la question pose problème au gouvernement actuel. Après tout, c'est le ministre des Finances, dans son ancienne vie, en 1998, qui a supplié le gouvernement de l'époque de vendre les éléments d'actif d'Énergie NB aussi vite que possible. Vendez les centrales, assumez la perte financière et passez à autre chose, a-t-il dit. À l'époque, le ministre actuel a dit que la province devait être capable de laisser les conventions comptables de côté afin d'élaborer une meilleure politique d'intérêt public. Oui, que les choses peuvent changer en 21 mois. Maintenant que le ministre fait partie du gouvernement certaines personnes diraient qu'il est le gouvernement , il semble ne plus être aussi sûr d'une telle orientation. Le gouvernement actuel se traîne manifestement les pieds pour ce qui est d'élaborer un vrai plan. Une fois de plus, il a adopté une approche attentiste pour une autre question importante.

Un accès assuré à une forme d'énergie stable et raisonnable est une des premières exigences qu'auraient bon nombre de compagnies en songeant à investir dans la province. Puisque la question n'est toujours pas réglée, la confiance en la capacité du gouvernement actuel de s'occuper avec efficacité d'Énergie NB n'est pas grande.

Le gouvernement actuel se vante de son nouveau programme de tourisme, Mon coin du Nouveau-Brunswick. Ce programme encourage les touristes à passer du temps dans les petites municipalités de notre province et à découvrir notre culture ainsi que notre mode de vie relaxant. À première vue, l'idée semble bonne, mais rappelez-vous les années 80 dans la province, quand nos routes étaient en si mauvais état qu'elles étaient la première chose dont parlaient les touristes lorsqu'ils retournaient chez eux. Maintenant, nous les encourageons à visiter des endroits où nos routes secondaires sont complètement négligées depuis deux ans. Il est évident que, dans chaque petite ville et chaque grande ville de la province, en raison des réductions apportées aux subventions sans condition et au programme des transports du gouvernement, les routes secondaires et, dans certains cas, des routes primaires à l'intérieur des municipalités n'ont jamais été en si mauvais état depuis des années.

Le gouvernement conservateur actuel a fait campagne en promettant une diminution des impôts. Il continue à se vanter de ses réductions d'impôts, mais, en réalité, les gens du Nouveau-Brunswick perdent une partie de leurs réductions fédérales à cause de la dissociation. Malcolm Brown, conseiller en affaires et ancien professeur d'économie à UNB, explique la chose. Il doit être un bon universitaire et professeur d'économie. Nous en avons maintenant un à la Chambre.

(Exclamations.)

De comptabilité, pardon.

Parce que le gouvernement fédéral, contrairement au Nouveau-Brunswick, a ajusté ses tranches en fonction de l'inflation, les contribuables provinciaux sont en réalité victimes d'une rafle fiscale, explique le conseiller. Les légères réductions que nous voyons maintenant ne sont que le remboursement d'une partie de cette rafle fiscale.

L'année dernière, notre chef, qui était alors critique financier, a prédit : « dans quelques années à peine, la présente modification du régime fiscal ne constituera pas une réduction d'impôt mais plutôt une rafle fiscale ». Le gouvernement dit que la dissociation donne une marge de manoeuvre, mais elle donne aussi de l'argent, de l'argent des contribuables, et notre ministre des Finances a trouvé un moyen ingénieux d'empêcher les gens du Nouveau-Brunswick d'en garder plus.

[Original]
Le gouvernement actuel a pris le pouvoir en juin 1999, lorsque l'économie était florissante. Trois projets majeurs étaient en cours : l'agrandissement de la raffinerie Irving, la route entre Fredericton et Moncton ainsi que le gazoduc. Ces projets sont presque achevés. Selon les prévisions du Conference Board du Canada et de la CIBC, le Nouveau-Brunswick connaîtra une croissance lente notable. Ajoutez cela à la disparition de l'Accord sur le bois d'oeuvre résineux avec les États-Unis et au ralentissement des marchés avec l'industrie forestière. Le Nouveau-Brunswick a déjà connu la fermeture de 16 usines et la mise à pied de milliers de travailleurs forestiers. La tendance devrait se poursuivre et aura des effets négatifs sur l'économie de la province. Au lieu de planifier l'année dernière en vue du ralentissement prévu, le gouvernement actuel s'est laissé porter par la prospérité économique comme si cette dernière était sans fin.

Au sujet de l'Accord sur le bois d'oeuvre résineux avec les États-Unis, le gouvernement actuel n'a absolument exercé aucun leadership et a plutôt opté, face au grave problème en question, pour une attitude consistant à la fois à dire que la question ne relevait pas de sa compétence et à attendre sans rien faire. Bien que le gouvernement actuel ait fait campagne en promettant un gouvernement plus empreint de compassion, plus humain et plus socialement responsable, ses politiques ne le montrent pas. Là encore, ses actes contredisent ses paroles.

Actuellement, des questions doivent être abordées concernant la violence faite aux femmes, un financement accru pour les garderies, le besoin de plus de travailleuses et de travailleurs sociaux et le besoin d'augmenter les paiements aux parents d'accueil. Le budget de la présente année ajoute 20 travailleuses et travailleurs sociaux. Ceux-ci seront vraiment les bienvenus, mais c'est une goutte d'eau. Selon les recommandations du rapport Les enfants priment tout, 143 travailleuses et travailleurs sociaux en protection de l'enfance, et 177 en tout, sont nécessaires pour traiter vraiment le problème. Là encore, nous n'avons pas vu de plan.

Le ministre responsable de ce secteur aura l'occasion de répondre au rapport au cours des prochaines semaines. Je l'encourage à présenter le plan d'action de son gouvernement pour que nous puissions voir le programme que le gouvernement entend appliquer pour les enfants. Il est grand temps.

Monsieur le ministre, afin de faciliter votre tâche, je veux tout simplement vous relire une partie de la lettre que vous avez envoyée à Mme St-Pierre.

Comme vous le savez, en septembre 2000, les premiers ministres ont convenu d'investir pour les cinq prochaines années dans le développement des jeunes enfants, de la période prénatale à l'âge de six ans, et ce, à partir du mois d'avril 2001.

J'ai le plaisir de vous annoncer que, comme l'a énoncé le récent discours du Trône, un programme d'action pour le développement de la petite enfance au Nouveau-Brunswick sera déposé pour faire état de l'engagement ferme de notre gouvernement à investir davantage dans les soins prénataux, la garde d'enfants et les mesures de soutien aux familles et aux collectivités. Vos recommandations tombent à propos, puisque notre gouvernement croit justement que les fonds en question devraient servir à appuyer les initiatives pour le développement des jeunes enfants en vue d'aider ces derniers à se réaliser pleinement. Ainsi, nous étudierons diverses priorités relatives aux jeunes enfants et j'apporterai vos recommandations au gouvernement.

Je prends le ministre à son mot et je l'encourage à nous faire valoir dans les prochaines semaines comment justement il arrivera à déposer son plan d'action. On pourra voir dans les prochaines années quel engagement ce gouvernement a dans la petite enfance.

Je n'ai pas besoin de vous le répéter, Monsieur le ministre, mais, en même temps, vous avez dit être très conscient des demandes des personnes qui travaillent dans les garderies. Elles ont besoin d'une augmentation dans les salaires, dans le financement des programmes et des ressources et au niveau de la formation et des infrastructures. Vous serez d'accord avec moi, Monsieur le ministre, que ce sont des problèmes qui devront être abordés dans les prochaines semaines. Nous avons tous hâte d'entendre, comme les gens du Nouveau-Brunswick d'ailleurs, vos plans pour la petite enfance.

[Traduction]
Le gouvernement actuel a montré une incompétence totale en fait de négociations collectives. Cela a mal commencé dès le début, à peine une semaine après l'assermentation du gouvernement Lord. Le 25 janvier 1999, la province a annoncé que, même si le syndicat allait soumettre la dernière offre du gouvernement à ses adhérents du personnel hospitalier, la Commission de l'emploi tiendrait son propre vote. Les dirigeants syndicaux ont alors été stupéfaits et ont dit que le scrutin secret organisé par la Commission du travail était une indication de la volonté du gouvernement actuel d'agir dans le dos du comité de négociation. À ce moment-là, la Commission du travail n'avait jamais tenu un tel scrutin. Nous savons tous à quoi le différend a enfin abouti : à une loi de retour au travail.

Évidemment, il y a aussi eu la grève du secteur public la plus longue jamais connue, celle des sténographes judiciaires, qui s'est terminée lorsque le gouvernement a enfin accepté l'arbitrage exécutoire, après l'avoir refusé à maintes reprises. Les médecins ne sont pas contents. Le personnel infirmier a signé à contrecoeur une convention après la tenue de deux scrutins et après qu'une amélioration de ses conditions de travail lui a été promise. Plusieurs milliers de membres d'autres groupes syndicaux dans la province sont en négociation, mais ils se voient maintenant menacés d'une loi de retour au travail. Cette menace nuit au processus de négociation dans la province et continuera de refléter l'incapacité du gouvernement actuel à négocier de bonne foi.

Dans le corps du projet de loi que le gouvernement actuel a proposé pour légiférer sur le retour au travail est apparue la véritable manière dont le gouvernement actuel se montre ouvert et transparent envers les gens du Nouveau-Brunswick. La disposition relative à la confidentialité que le gouvernement a présentée n'était rien d'autre qu'une tentative flagrante de garder toute l'information confidentielle à huis clos. Le gouvernement a aussi tenté de rendre inopérante la Loi sur le droit à l'information.

Je me demande ce que les groupes en question ressentent maintenant qu'ils savent que, pendant qu'ils négociaient de bonne foi avec le gouvernement actuel, le ministre des Finances mettait de côté 100 millions de dollars. Cela soulève la question de la crédibilité, de la transparence, de l'ouverture, de l'équité, de l'impartialité et carrément de valeurs morales. Que les choses peuvent changer en 21 mois.

Mon rôle à titre de critique financière, selon moi, est de donner un aperçu du budget de la province. Au cours des semaines à venir, mes collègues et moi interrogerons tous les ministres à mesure qu'ils présentent leurs prévisions budgétaires.

Dresser un portrait en dit beaucoup, j'ose croire. J'aimerais donc simplement résumer le budget brièvement. J'aurais peut-être dû commencer par là, et la tâche aurait été faite, mais je ne pouvais pas rater une occasion rêvée.

Du côté des dépenses du compte ordinaire du gouvernement, je me contenterai de dire que nous constatons une variation de 2 %. Or, le taux d'inflation se situe à 3 %. Je ferai simplement une observation sur Entreprises Nouveau-Brunswick, le Conseil exécutif, ainsi qu'Investissements et Exportations. Entreprises Nouveau-Brunswick connaît une baisse de 11 % près de 12 % par rapport à l'année dernière, tandis qu'Investissements et Exportations a une diminution de plus de 5 % par rapport à l'année dernière. Le Conseil exécutif connaît une hausse de 24 %. L'Assemblée législative ce sont nous, Mesdames et Messieurs a une augmentation de 19 %. Le Cabinet du premier ministre a une augmentation de 5 %. La Société de développement régional, qui relève du premier ministre, a une hausse de 47,38 %. Services familiaux et communautaires a une augmentation de 3,7 %. Par contre, écoutez bien ceci, Mesdames et Messieurs : nous avons retiré 32 millions de dollars de l'enveloppe de sécurité du revenu et nous n'avons pas augmenté les taux d"aide au revenu. Cela prive les plus pauvres des pauvres au Nouveau-Brunswick. Il s'agit de 32 millions qu'ils ne toucheront pas.

Ce n'est qu'un sommaire d'une page, je suppose. Il n'est pas nécessaire d'être économiste ou comptable pour parcourir les chiffres et constater où résident les priorités du gouvernement. On n'a qu'à regarder le document et on verra. Voilà votre gouvernement empreint de compassion, Mesdames et Messieurs.

Une dernière chose. Nous tentions avec acharnement de trouver d'où provenaient les 100 millions de dollars pour le fonds de corruption…

(Exclamations.)

Le fonds de stabilisation, pardon.

J'ai hâte de voir ça. Je vous renvoie à la page 55 du Budget principal, sous Gouvernement général. Nous y voyons Régimes d'avantages sociaux et la somme de 69 625 000 $ que nous avons budgétée en 2000-2001.Les données révisées montrent le retrait de 20 560 000 $ des régimes de pension. Si nous tournons la page, une rubrique affichait zéro pour les prévisions de 2000-2001, mais nous y voyons maintenant 100 millions. Il s'agit du Fonds de stabilisation financière. Je me demande ce que ressentiront les travailleurs et travailleuses du Nouveau-Brunswick, surtout dans les services publics, en apprenant que non seulement le ministre des Finances a mis de côté 100 millions mais aussi que, semblerait-il, nous savons d'où proviennent les 100 millions du fonds de stabilisation : des pensions du personnel de la province du Nouveau-Brunswick.

Le gouvernement actuel a créé un fonds de développement conservateur de 30 millions sur trois ans ainsi qu'un fonds de corruption d'urgence de 100 millions, un fonds créé, comme nous venons de le voir, par des emprunts tirés du régime de pensions. C'est un régime, soit dit en passant, dont la pleine capitalisation nous a pris 12 ans. Le gouvernement détient encore 89 millions en fonds fédéraux pour la Transcanadienne, en une banque quelque part sous la responsabilité de la ministre des Transports. Il détient 100 millions de fonds fédéraux pour les soins de santé, quelque part sous la responsabilité du ministre de la Santé. Il détient plus de 7 millions pour le Plan d'action pour les enfants, sous la responsabilité du ministre des Services familiaux et communautaires. Il détient en banque des fonds fédéraux pour le logement, probablement environ 12 millions, d'après ce que je peux voir. Rien que cette année, soit 2001-2002, le gouvernement tire 40 % de ses recettes provinciales du gouvernement fédéral. Si j'ai raison, vous avez l'EDER, qui a probablement un solde d'environ 27 millions de l'année dernière. Pourtant, le premier ministre de la province ainsi que le ministre des Finances frappent constamment à la porte du gouvernement fédéral, chapeau en main, demandant des fonds, toujours plus de fonds. Le plus souvent, ils ne disent même pas « s'il vous plaît », et je ne pense pas les avoir jamais entendu dire « merci ».

Qu'est-ce qui cloche dans un tel portrait? demanderez-vous. Le ministre des Finances qualifie cela de meilleure gestion. Il dit qu'il s'agit d'un budget prudent. J'y vois un gouvernement qui ne peut planifier, qui n'a aucune confiance dans sa capacité de gouverner et qui est dépourvu de vision. C'est un gouvernement à la Harris et à la Klein au Nouveau-Brunswick. Le premier ministre se plaît à dire qu'il s'agit d'un gouvernement progressiste avec des idées conservatrices. Je pense que c'est ce qu'il a dit hier. Oubliez la partie "progressiste". À notre sortie après avoir entendu le budget mardi, j'ai entendu quelqu'un dire : Bon sens, Ralph Klein a bien un frère cadet.

Le gouvernement actuel a eu la chance d'hériter d'une structure financière solide sur le plan économique. Il a la chance d'avoir des recettes découlant surtout d'une hausse du prix du mazout et de l'essence et d'une augmentation des transferts fédéraux. Autrement, la province serait une situation pire que jamais. En écoutant le ministre des Finances hier, je me suis rappelé une citation de lord Beaverbrook en relation avec un homme et son amour du pouvoir. Beaverbrook a dit : Peu importe à l'homme la direction dans laquelle va la voiture, pourvu qu'il demeure aux commandes. De toute évidence, le ministre des Finances sent qu'il est aux commandes, mais, d'après ce que nous avons entendu hier, non seulement les gens du Nouveau-Brunswick ne sont pas certains de la direction que prend la voiture, mais aussi ils ne sont même pas sûrs que le moteur fonctionne. Merci.



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