|
|
|
Assemblée législative du Nouveau-Brunswick
Index | Précédent | Suivant

Partie 5 - Perspective historique


Les premiers Européens à venir s'établir au début du XVIIe siècle sont les Français, qui trouvent sur place deux nations indiennes, les Micmacs et les Malécites, qui habitent la région depuis bien des siècles.

Faisant alors partie de l'Acadie, le Nouveau-Brunswick est mêlé à l'épique conflit anglo-français relaté par le grand historien Francis Parkman dans une série d'ouvrages surnommés l'Iliade de l'Amérique du Nord.

Les colons français en Acadie à l'époque sont peu nombreux et disséminés, et l'autorité de leur mère patrie n'est représentée que par une poignée de soldats éparpillés sur un vaste territoire. En conséquence, comme le signalent Parkman et d'autres historiens après lui, les Acadiens sont uniques à l'époque, puisqu'ils vivent en paix même si, à toutes fins pratiques, ils n'ont pas de gouvernement. Tandis que la vieille France est une monarchie absolue, l'Acadie est en fait une république libertaire. Les Acadiens ont un attachement profond à leurs terres, comme l'attestent tous les efforts que tant d'entre eux déploient pour revenir après leur expulsion en 1755, au moment où ils avaient été chassés de leurs maisons par la milice de la Nouvelle-Angleterre et éparpillés le long de la côte est des États-Unis. La population française du Nouveau-Brunswick est aussi augmentée par la venue de colons fuyant le régime seigneurial rigide alors en vigueur au Québec.

Même si les Indiens et les Français étaient là bien avant eux, ce sont les loyalistes, arrivés assez soudainement et en grand nombre vers 1780, qui font les premiers efforts de gouvernement local, aboutissant à la création du Nouveau-Brunswick comme entité politique distincte. Le but visé, aux dires des loyalistes, est d'établir la province la plus civilisée au monde.

La première séance de l'Assemblée législative est tenue dans la ville portuaire de Saint John, mais le premier gouverneur, Thomas Carleton, insiste pour faire de Fredericton la capitale, surtout, dit-on, parce que l'endroit est beaucoup moins exposé à une attaque des États-Unis. Or, le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Angleterre observent une quasi-neutralité quand la guerre éclate de nouveau en 1812 entre l'Angleterre et les États-Unis, même si, fait assez paradoxal, le 104e régiment d'infanterie recruté au Nouveau-Brunswick marche en raquettes de Fredericton à Québec afin de combattre en Ontario.

La forme du gouvernement accordé au Nouveau-Brunswick est commune aux colonies britanniques à la fin du XVIIIe siècle. En plus du gouverneur, qui représente le roi, il y a le Conseil législatif, dont les membres sont choisis dans la classe supérieure de la société par le représentant de la Couronne, et l'Assemblée générale, dont les membres élus représentent la population générale. La concentration du pouvoir aux mains d'une élite relativement petite est une source de mécontentement grandissant.

Le gouvernement responsable est obtenu en 1847. Puis, 20 ans plus tard, en vertu de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique du 1er juillet 1867, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, le Québec et l'Ontario deviennent les quatre provinces fondatrices du Canada uni.

La loi du 16 avril 1891 intitulée An Act Relating to the Legislative Council prévoit l'abolition de la Chambre haute provinciale. Conformément à la loi, le Conseil législatif tient sa dernière séance le 7 avril 1892.

En 1871, la Free Schools Act accroît les possibilités d'éducation.

Le français étant la langue première d'environ 34 % de la population, le Nouveau-Brunswick est la province dont la proportion d'anglophones et de francophones se rapproche le plus de celle dans l'ensemble du pays. L'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick a été la première au Canada à installer un système de traduction simultanée, et la province a été la première à se proclamer officiellement bilingue en vertu d'une loi.

Index | Précédent | Suivant

DÉCHARGE