Aperçu
La tortue des bois est une espèce généraliste qui peut utiliser divers habitats, y compris les champs agricoles. Ces champs offrent une couverture ouverte pour la thermorégulation, une source de nourriture (limaces et vers) et sont habituellement à proximité de la rivière où elles se sentent en sécurité. Les tortues des bois utilisent les champs agricoles au plus fort de la fauchaison, ce qui les expose au risque d’être blessées ou tuées par des machines.
Le cycle biologique des tortues des bois est unique : elles ne commencent à pondre qu’à l’âge de 12 ans environ et peuvent vivre jusqu’à 50 ans. Comme il leur faut si longtemps pour arriver à maturité, la survie des adultes est extrêmement importante pour assurer la persistance d’une population. Si la mortalité des adultes augmentait de 10 % par an, la moitié de la population pourrait disparaître en 20 ans. Il est indispensable d’utiliser des pratiques de gestion qui peuvent réduire le nombre de décès des adultes afin de permettre à ces tortues de s’épanouir.
Les pratiques de gestion sont réparties en trois catégories différentes : répercussions très importantes, répercussions importantes et répercussions modérées. Bien que toutes les pratiques n’aient pas le même poids, chacune d’elles bénéficie aux tortues des bois dans les paysages agricoles. La combinaison de ces pratiques, comme laisser une bande tampon de 30 m et retarder la récolte du foin jusqu’en août, peut augmenter encore leur incidence.
| Ampleur des répercussions | Pratique de gestion | Explication | Facteurs/incertitude |
|---|---|---|---|
| Répercussions très importantes | Laisser une bande tampon de 30 mètres au minimum (la distance optimale est de 50 m) le long de la rivière qui borde le champ. Faucher le champ à l’automne pour le maintenir à l’état de prairie. | Quand les tortues des bois utilisent des champs de foin, elles restent habituellement en bordure de ceux-ci, surtout sur le côté le plus proche de la rivière. Laisser une bande tampon de 30 m pourrait protéger 50 % des tortues des bois qui utilisent les champs pendant la récolte. Une bande tampon de 50 m pourrait sauver jusqu’à 75 % des tortues dans un champ. Si la bande tampon n’est pas maintenue à l’état de prairie, les tortues s’avanceront probablement davantage dans le champ. | Certaines tortues pourraient s’éloigner à l’intérieur du champ et être quand même heurtées par les machines. |
| Répercussions très importantes | Retarder la récolte du foin jusqu’en août (jusqu’en septembre serait optimal). | Comme la plupart des tortues quittent les champs à la fin du mois de juillet, si les agriculteurs récoltent le foin en août, le risque d’être heurtées par les machines devient minimal pour les tortues. | Certaines tortues peuvent rester dans les champs jusqu’à la fin septembre. |
| Répercussions très importantes | Retarder le broyage des broussailles jusqu’à l’automne. | Les tortues peuvent rester dans les champs de foin jusqu’à la fin du mois de septembre. Retarder le plus longtemps possible le broyage des broussailles diminue le risque de blessure pour les tortues pendant cette opération. | S.O. |
| Répercussions très importantes | Piéger les ratons laveurs dans les zones agricoles. | Les ratons laveurs constituent une menace importante pour les tortues des bois, puisqu’ils s’en prennent aux nids des tortues, consomment les jeunes tortues et peuvent même tuer des tortues adultes. Dans les zones agricoles, surtout dans les champs de maïs, les populations de ratons sont beaucoup plus nombreuses, ce qui augmente la menace pour les tortues des bois. | Le piégeage doit être constant pour maintenir les populations à un faible niveau. |
| Répercussions importantes | Convertir les champs cultivés à proximité des rivières (à moins de 100 m) en pâturages à accès limité. | Convertir un champ de culture en zone de pâturage supprime la récolte de cultures et élimine pour les tortues le risque d’être heurtées par des machines. | Cette pratique n’est pas réalisable si tous les champs se trouvent à moins de 100 m de distance de la rivière. Les tortues risquent quand même d’être piétinées par le bétail. |
| Répercussions importantes | Limiter l’accès du bétail aux cours d’eau. Les clôtures sont les plus efficaces pour tenir le bétail à l’écart des zones sensibles. | Limiter l’accès du bétail aux plages, aux berges et aux autres zones où les tortues des bois nichent et se nourrissent empêche la dégradation de l’habitat, le piétinement et la destruction des nids. | S.O. |
| Répercussions modérées | Commencer la récolte en partant du côté le plus éloigné de la rivière. | Éviter de commencer la récolte dans la partie des champs la plus proche de la rivière réduit le risque de blessure ou de mortalité pour les tortues, puisque cette méthode leur laisse plus de temps pour quitter les champs. | Il est possible que des tortues restent figées sur place pendant la récolte et risquent quand même d’être heurtées. |
| Répercussions modérées | Commencer la récolte en partant du côté le plus éloigné de l’eau en s’approchant progressivement du cours d’eau à chaque passage. | Dans les champs agricoles, les tortues des bois restent habituellement à proximité du bord le plus proche de l’eau. Commencer la récolte en partant du côté le plus éloigné de l’eau avant de s’approcher du cours d’eau permet aux tortues de se mettre en sécurité sans être blessées par des machines. Les tortues des bois vont souvent se mettre en sécurité dans l’eau. | Il est possible que des tortues restent figées sur place pendant la récolte et risquent quand même d’être heurtées. |