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Aperçu
Il est essentiel de procéder à des analyses de l’eau pour déterminer si l’eau potable est saine et si un traitement est nécessaire. Les rapports de laboratoire contiennent souvent une terminologie technique et des unités de mesure qui peuvent être difficiles à interpréter. La connaissance de ces éléments permet de prendre des décisions éclairées concernant la qualité de l’eau et la protection de la santé.
La plupart des résultats de laboratoire comprennent plusieurs paramètres évalués par rapport aux Recommandations pour la qualité de l'eau potable au Nouveau-Brunswick (PDF 275 Ko) Recommandations pour la qualité de l’eau potable au Canada pour vérifier la conformité aux normes de sécurité. Pour en savoir plus sur les limites sanitaires et esthétiques relatives à l’eau potable au Nouveau-Brunswick, veuillez consulter ces recommandations.
Les contaminants courants et leurs risques pour la santé
Concentration Maximale Acceptable
Une Concentration Maximale Acceptable (CMA) correspondent au niveau établi dans le cas de certaines substances reconnues comme des substances ayant des effets négatifs sur la santé ou soupçonnées d’en avoir.
Objectif d’ordre esthétique
On établit un Objectif d’ordre esthétique (OE) par rapport aux paramètres qui pourraient altérer le goût, l’odeur ou la couleur de l’eau, ou qui pourraient nuire à l’approvisionnement en eau de bonne qualité. Ces aspects n’ont pas d’effets négatifs sur la santé.
- sources courantes : contamination par les eaux usées, les déjections animales ou les eaux de surface
- CMA : aucune détectable par 100 mL
- risque pour la santé : maladie grave incluant des nausées, des vomissements ou de la diarrhée
- traitement : systèmes de désinfection par UV (norme NSF 55 classe A), chloration (désinfection des réseaux de plomberie), traitement à l’ozone, distillation
- CMA : 0,01 mg/l
- risque pour la santé : augmentation du risque de cancer en cas d’exposition prolongée
- traitement : osmose inverse, distillation, adsorption ou échange d’anions
L’ébullition n’élimine pas l’arsenic.
- CMA : 0,01 mg/l
- risque pour la santé : répercussions sur le développement cérébral chez l’enfant; problèmes rénaux et nerveux chez l’adulte
- traitement : remplacement de la plomberie, utilisation de l’osmose inverse ou de filtres certifiés (norme NSF 53)
L’ébullition n’élimine pas le plomb.
- CMA : 0,02 mg/l
- risque pour la santé : lésions rénales dues à une exposition prolongée
- traitement : osmose inverse, alumine activée ou échange d’anions
L’ébullition n’élimine pas l’uranium.
- OE : 0,1 mg/l
- effet : taches, particules noires, goût métallique
- traitement : aération, filtration sur sable vert, filtres oxydants, osmose inverse
L’ébullition n’élimine pas le fer.
- CMA : 0,12 mg/l
- OE : 0,02 mg/l
- risque pour la santé : développement neurologique et comportement (les nourrissons sont plus vulnérables)
- autres effets : taches, particules noires, goût métallique
- traitement : aération, filtration sur sable vert, filtres oxydants, osmose inverse
L’ébullition n’élimine pas le manganèse.
Nitrates
- CMA : 10 mg/l
- risque pour la santé : dangereux pour les nourrissons de moins de six mois
- mesure : déterminer et corriger la source de contamination
- traitement : échange d’ions, osmose inverse
L’ébullition n’élimine pas les nitrates.
- CMA : 0,006 mg/l
- risque pour la santé : nausées, vomissements ou diarrhées provoqués par des concentrations élevées
- traitement : coagulation et filtration, osmose inverse ou distillation
L’ébullition n’élimine pas l'antimoine.
Si les résultats dépassent les seuils de référence, veuillez communiquer votre bureau régional de Santé publique.
Le sel et les odeurs
Diverses substances naturelles et activités humaines peuvent se répercuter sur l’eau des puits privés. Certains contaminants sont invisibles, sans goût ni odeur, tandis que d’autres peuvent altérer le goût ou l’odeur de l’eau. Des analyses régulières et un traitement approprié sont essentiels pour garantir que l’eau reste potable.
Sodium et chlorure (sel) dans l’eau de puits
Sources
Le sel est naturellement présent dans les eaux souterraines, mais les éléments suivants peuvent couramment être la source d’une concentration élevée :
- sel de voirie
- intrusion d’eau de mer près des zones côtières
- réseau de fosse septique
- gisements de sel souterrains
- adoucisseurs d’eau
REMARQUE : Les puits côtiers peuvent être plus vulnérables à l'intrusion d'eau salée.
Problèmes de santé et d’entretien
Des concentrations élevées de sodium et de chlorure dans l’eau à domicile peuvent être à l’origine de problèmes de santé et d’entretien. Chez les personnes suivant un régime pauvre en sodium, des concentrations élevées de sodium peuvent présenter un risque pour la santé. Par ailleurs, des concentrations élevées de chlorures peuvent entraîner la corrosion des réseaux de plomberie, endommager les appareils ménagers et détériorer le goût de l’eau potable.
Pour aider à gérer ces risques, les directives recommandent des concentrations de chlorure inférieures ou égales à 250 mg/l pour des raisons esthétiques, et des concentrations de sodium inférieures ou égales à 200 mg/l pour des raisons gustatives. Pour les personnes suivant un régime pauvre en sodium, une limite beaucoup plus basse de 20 mg/l est conseillée.
Analyses
Le seul moyen de connaître les concentrations d’un contaminant est de faire appel à un laboratoire agréé pour les analyses correspondantes.
Causes et solutions
- Contamination par le sel de voirie : des analyses saisonnières sont utiles. Assurez-vous de l’emplacement et du tubage appropriés du puits; un foreur de puits d’eau titulaire d’un permis pourra recommander des réparations ou le forage d’un nouveau puits.
- Sel naturel : on en trouve dans certaines régions en raison d’anciens dépôts d’eau de mer. Le traitement peut être la seule option.
- Intrusion d’eau salée (puits côtiers) causée par la proximité de l’océan ou le surpompage des aquifères d’eau douce :
- réduction de la consommation d’eau
- adopter des pratiques de conservation de l’eau (appareils à faible débit, récupération des eaux de pluie, fonctionnement des laveuses qu’à pleine charge)
- envisager des options de traitement comme l’osmose inverse ou la distillation, généralement réservées à l’eau potable
- dans les cas les plus graves, il peut être nécessaire de forer un nouveau puits, ainsi que de mettre l’ancien hors service
Odeur d’œuf pourri
Une odeur « d’œuf pourri » est généralement liée à la présence de sulfure d’hydrogène ou de bactéries sulfatoréductrices dans l’eau potable.
Causes possibles
Le sulfure d’hydrogène présent dans l’eau potable peut provenir de sources naturelles ou domestiques. Au Nouveau-Brunswick, il peut se former naturellement dans les eaux souterraines en raison de la décomposition de la matière organique dans certaines formations rocheuses. Dans les habitations, il peut être produit par des réactions dans les chauffe-eau – en particulier lorsque des tiges de magnésium interagissent avec des sulfates – ainsi que par des canalisations bouchées ou une accumulation de matières organiques dans les réseaux de plomberie.
De plus, les dispositifs de traitement de l’eau comme les filtres ou les adoucisseurs peuvent contribuer au problème s’ils ne sont pas entretenus convenablement.
Comment déterminer la source
- odeur persistante aussi bien dans l’eau chaude que dans l’eau froide : présence probable de sulfure d’hydrogène dans les eaux souterraines
- odeur uniquement dans l’eau traitée : le dispositif de traitement est probablement en cause
- odeur ne se manifestant que dans l’eau chaude : le chauffe-eau est probablement en cause
- odeur qui s’atténue après avoir laissé couler l’eau du robinet : des bactéries sulfatoréductrices sont probablement en cause
Possibilités de traitement
Il est possible d’installer des systèmes comme des unités de chloration, des filtres à sable ou à charbon, du sable vert au manganèse, des systèmes d’aération ou d’autres supports d’adsorption pour améliorer la qualité de l’eau.
Dans les chauffe-eau, le remplacement des tiges de magnésium peut réduire la production de sulfure d’hydrogène. La chloration choc du puits et du réseau de plomberie constitue une autre méthode efficace. Il est important de noter que l’analyse du sulfure d’hydrogène nécessite des flacons d’échantillonnage spéciaux et un traitement rapide; ce service est disponible auprès du Conseil de la recherche de la productivité (CRP).
Résolution des problèmes de qualité de l’eau
Des changements de goût, de couleur ou d’odeur peuvent indiquer un problème de qualité de l’eau. Dans de tels cas, des analyses sont fortement recommandées. Voici une liste des symptômes courants, de leurs causes possibles et des possibilités de traitement.
| Symptôme | Cause possible | Possibilités de traitement |
| taches rouges/orangées, goût métallique | fer | adsorption, aération, chloration, osmose inverse |
| taches noires, goût métallique/amer | manganèse | identique au fer |
| taches bleu-vert sur les appareils | pH faible ou lixiviation du cuivre | ajustement du pH, osmose inverse |
| boue brun rougeâtre | bactéries ferreuses | chloration, entretien |
| odeur d’œuf pourri | sulfure d’hydrogène / bactéries | chloration + filtres, aération |
| goût salé, corrosion de la plomberie | sodium/chlorure | osmose inverse, distillation ou nouveau puits |
| eau trouble ou boueuse | turbidité (parfois avec des bactéries) | réparation du puits, filtration, désinfection |
| dépôts durs et présentant des écailles | dureté | adoucisseur d’eau, osmose inverse |
| odeur/goût chimique | essence, pétrole, MTBE | veuillez communiquer avec la Direction des environnements en santé |
Renseignements supplémentaires
Le choix judicieux du traitement
Toutes les solutions ne fonctionnent pas pour tous les contaminants. La certification et un entretien adéquat sont essentiels.
La qualité de l’eau, une responsabilité de la personne propriétaire
La surveillance, les analyses et le traitement sont essentiels pour protéger la santé et prolonger la durée de vie des réseaux de plomberie et des appareils ménagers. Pour des renseignements détaillés sur les concentrations acceptables de contaminants et les facteurs esthétiques, voir les Recommandations pour la qualité de l’eau potable (PDF 275 Ko).
Après la réception du rapport
Les résultats des analyses doivent être comparés aux recommandations provinciales pour vérifier si les normes de qualité de l’eau sont respectées. Il est recommandé de conserver une copie de chaque rapport pour suivre l’évolution au fil du temps et de communiquer les résultats à de nouvelles personnes propriétaires ou utilisatrices d’un puits. En cas d’incertitude, le laboratoire d’analyse ou la Direction des environnements en santé peuvent apporter une aide supplémentaire.
Obtenir de l'aide
Pour obtenir de plus amples renseignements, vous pouvez communiquer avec nous du lundi au vendredi, de 8 h 15 à 16 h 30, à l’exception des jours fériés.
Direction des environnements en santé Téléphone : 506-453-2690
Courriel : elg/[email protected]