Assemblée législative du Nouveau-Brunswick
Premiers ministres depuis la confédération
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Richard Hatfield


L'hon. Richard Bennett Hatfield est né à Woodstock, au Nouveau-Brunswick, le 9 avril 1931. Son nom a été choisi pour honorer Richard Bedford Bennett, originaire du Nouveau-Brunswick, ami de la famille Hatfield et seul premier ministre du Canada né au Nouveau-Brunswick. Sixième enfant de Heber et de Dora Hatfield, Richard a grandi à Hartland, au Nouveau-Brunswick, où son père était parmi les plus importants marchands de pommes de terre. Heber Hatfield a été maire de Hartland et a représenté la circonscription de Victoria-Carleton à la Chambre des communes de 1940 jusqu'à sa mort, le 3 janvier 1952.

Richard Hatfield a fréquenté l'école secondaire de Hartland et l'école Rothesay Collegiate, où il a eu parmi ses cochambreurs Robin MacNeil, ancien présentateur de l'émission NewsHour, du PBS. Il a fréquenté la Acadia University et il a reçu un baccalauréat ès arts en 1952. Il a obtenu en 1956 son baccalauréat en droit de la Dalhousie University. Il a compté parmi ses camarades de classe Alex Campbell et Gerald Regan, futurs premiers ministres de l'Île-du-Prince-Édouard et de la Nouvelle-Écosse respectivement, ainsi que John Crosbie, qui a été ministre sous deux premiers ministres conservateurs. Admis au Barreau de la Nouvelle-Écosse en 1956, il a pratiqué le droit pendant six mois à Truro, en Nouvelle-Écosse.

En 1957-1958, il a été chef de cabinet de Gordon Churchill, ministre fédéral du Commerce, à Ottawa. Déçu d'Ottawa et de la politique fédérale, il est retourné à Hartland en 1958 pour assumer le poste de directeur des ventes de Hatfield Industries, Limited, l'entreprise familiale de production de croustilles de pommes de terre.

En 1961, il a été élu à l'Assemblée législative dans une élection partielle visant à combler le siège laissé vacant lorsque l'ancien premier ministre Hugh John Flemming a démissionné, après la défaite de son gouvernement par Louis Robichaud en 1960. Il a été réélu en 1963 et en 1967 pour représenter le comté de Carleton.

Le 14 juin 1969, il a été choisi chef du Parti progressiste-conservateur du Nouveau-Brunswick. Aux élections générales du 26 octobre 1970, il a mené son parti à la victoire contre le Parti libéral de Louis Robichaud. Le 12 novembre 1970, à l'âge de 39 ans, il a été assermenté 24e premier ministre du Nouveau-Brunswick. Son gouvernement progressiste-conservateur a été réélu en 1974, en 1978 et en 1982, pour un total de quatre mandats de suite s'étendant sur 17 ans ; il est donc le premier ministre ayant servi le plus longtemps dans l'histoire du Nouveau-Brunswick.

Aux élections générales de 1987, les Libéraux, sous la direction de Frank McKenna, ont terminé le règne de son gouvernement progressiste-conservateur, qui a perdu tous les sièges à l'Assemblée législative. Après la défaite, il a démissionné de la direction de son parti. Le 7 septembre 1990, il a été nommé au Sénat du Canada par le premier ministre fédéral de l'époque, Brian Mulroney.

Pendant ses mandats à titre de premier ministre provincial, ses réalisations ont été nombreuses, tant sur la scène nationale que chez lui, au Nouveau-Brunswick. Au palier fédéral, il s'est consacré à la promotion de l'unité nationale et il a joué un rôle important en appuyant la canadianisation de la Constitution canadienne et l'adoption de la Charte des droits et libertés. Ses efforts ont mené à l'inclusion du droit à l'instruction dans la langue de la minorité dans la Loi constitutionnelle de 1982. Il a fortement appuyé des modifications de la Loi sur les Indiens visant à rétablir le droit à l'égalité des femmes autochtones au Canada. Le 17 avril 1982, après la proclamation de la Loi constitutionnelle de 1982, il a été assermenté à titre de membre du Conseil Privé de la Reine.

Son travail en faveur de l'égalité des populations francophone et anglophone du Nouveau-Brunswick ainsi que ses activités de promotion du mouvement en faveur de l'égalité des femmes sont les faits marquants de son apport à sa province natale. Le mérite lui est attribué d'avoir accordé une reconnaissance politique accrue aux Acadiens et Acadiennes, et il a joué un rôle important dans le renforcement des relations entre la population acadienne du Canada atlantique et ses voisins anglophones. Son gouvernement a renforcé le programme libéral Chances égales pour tous et a appliqué la Loi sur les langues officielles. Il a été responsable de l'adhésion du Nouveau-Brunswick à l'Organisation internationale de la Francophonie, une association de pays francophones, dont le Nouveau-Brunswick est devenu membre en 1977.

Ses réformes politiques comprennent la Loi sur le financement de l'activité politique et la révision de la carte électorale du Nouveau-Brunswick pour créer de plus petites circonscriptions représentées par un ou une parlementaire unique. Sa recherche de projets novateurs pour le Nouveau-Brunswick a mené à la production de l'automobile Bricklin, une voiture de sport en acrylique munie de portes papillon, qui a été fabriquée au Nouveau-Brunswick jusqu'à la fin du projet. Il a fondé le Conseil des Premiers ministres des Maritimes et, en 1984, il a commandé de nouvelles armoiries pour le Nouveau-Brunswick pour coïncider avec le bicentenaire du Nouveau-Brunswick. Il a été responsable de la création du Conseil de la jeunesse du Nouveau-Brunswick, du Comité consultatif du Premier ministre sur les arts, du Conseil consultatif sur la condition de la femme et du Conseil du Premier ministre sur la condition des personnes handicapées.

Il a été membre du conseil d'administration du Conseil Canadien des Chrétiens et des Juifs et membre honoraire des bureaux de direction de la division du Nouveau-Brunswick de la Société Canadienne de la Croix-Rouge et du conseil provincial des Boy Scouts du Canada.

Il a reçu des doctorats honorifiques en droit des quatre universités du Nouveau-Brunswick ainsi qu'un doctorat honorifique en science politique de l'Université Sainte-Anne, en Nouvelle-Écosse. Les Nations malécites et mi'kmaq lui ont accordé le titre honorifique de Chef Tonnerre roulant, et il a reçu le prix d'amitié Canada-Israël.

Il comptait parmi ses intérêts les voyages partout au Canada et dans le monde ainsi que la préservation du patrimoine et il a participé activement à la Carleton County Historical Society. Ce dernier intérêt s'est révélé au tout début de sa carrière. Dans son tout premier discours à l'Assemblée législative à titre de député, il a proposé la création d'un comité chargé de diriger les travaux de rénovation du décor et des meubles de l'édifice de l'Assemblée législative. Au cours des années 80, les travaux de restauration et de remise en état de la Chambre historique de l'Assemblée législative, construite en 1882, ont témoigné de son engagement à l'égard de la préservation du patrimoine.

Il a admiré et reçu divers oeuvres d'art et a fait la promotion d'artistes canadiens et de leur oeuvres. Pour respecter ses voeux, la Galerie d'art Beaverbrook, au Nouveau-Brunswick, a créé le Senator Richard Hatfield Memorial Fund. Le fonds appuie l'acquisition par la galerie d'oeuvres d'art canadiens ainsi que le programme d'approche, qui permet à la galerie de partager sa collection avec les écoles et d'autres galeries partout dans la province.

L'hon. Richard Bennett Hatfield est mort à Ottawa le 26 avril 1991, à l'âge de 60 ans. Puisqu'il s'agissait d'un des plus importants personnages de marque du Nouveau-Brunswick, des premiers ministres provinciaux et fédéraux, des amis et des adversaires ont assisté à ses funérailles à Fredericton pour célébrer la vie d'un homme qui a tant donné au Nouveau-Brunswick.


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